Des panaches de fumée noire dans le ciel de Rafah.
L'armée israélienne, nous ne disons pas Tsahal –terme d'une relative empathie, voire complicité – l'armée israélienne a mis ses menaces à exécution. Rafah, ville, frontière à l'extrême sud de la Bande de Gaza, où s'entassent 1,2 million de civils, dont 600 000 enfants, est sous les bombes. Ni les sommations de l'ONU, ni les alertes des ONG sur les conséquences dramatiques de cette opération militaire, ni les avertissements, certes appuyés, mais peu crédibles de l'allié états-unien, n'auront pu faire dévier Benjamin Netanyahou et sa clique gouvernementale de leur sinistre dessein. Joe Biden ne pourrait-il pas faire plus ?
Le terme de risque génocidaire pour qualifier les conséquences de ces opérations militaires depuis maintenant plus de six mois, ce terme a été mis en avant par de nombreuses instances internationales, comme par la voix du secrétaire général de l'ONU, ou par les attendus de la CPI (Cour Pénale Internationale), CPI saisie d'une plainte en la matière par l'Afrique du Sud.
Qu'en est-il exactement de ce mot de génocide ? Du latin, genos, race, et cœderer, tuer, il désigne un crime contre l'humanité tendant à la destruction de tout ou partie d'un groupe national, ethnique ou religieux.
Apparu en 1944, il qualifia la pratique d'extermination dont les nazis s'était rendu coupables. Le génocide des juifs d'Europe désigné sous le terme de Shoah. On l'emploie également, même si c'est oublié, pour désigner l'extermination au XVIIIe siècle des populations amérindiennes par les colonisateurs européens.
Pour parler encore des massacres à grande échelle des Arméniens par la Turquie en 1915, des crimes de Pol Pot au Cambodge en 1970, et de l'extermination des Tutsis au Rwanda en 1990.
Le crime de génocide est imprescriptible. Il est du ressort de la CPI. Benjamin Netanyahou y sera-t-il déféré ? La question doit être posée.