Quand le monde s'embrase, quand un pays est agressé et bombardé, quand la guerre est à nos portes, l'essentiel, certes, est de dénoncer l'agresseur. Mais cela interdit-il toute réflexion ?
L'Histoire nous a montré à plusieurs reprises que les élans guerriers ne découlent pas toujours d'une juste analyse. Remémorons-nous.
En 1999, l'OTAN bombardait Belgrade pour sauver les Kosovars d'un prétendu génocide. Quand les armes se turent, on constata qu'il n'en avait rien été.
En 2003, Jacques Chirac et Dominique de Villepin refusèrent d'embrigader la France dans la guerre de Bush contre l'Irak, sa « quatrième armée du monde » et ses « armes de destruction massive ». Les décombres encore fumants, ces fameuses armes restaient introuvables, mais le Moyen-Orient rentrait dans la tourmente dont il n'est toujours pas sorti.
Aujourd'hui encore, loin de tout ceux qui poussent à l'alignement de l'Europe derrière les États-Unis et l'OTAN, la France doit garder la tête froide et faire entendre la voix de la raison, celle de la diplomatie.
Remontons à 1962, il y a 60 ans, quand l'URSS, comme les États-Unis aujourd'hui en Ukraine, prétendit installer à Cuba, à 200 km de la Floride, des fusées nucléaires. Le Général De Gaulle fut alors le premier chef d'État à assurer le Président Kennedy de son soutien. La France se considérait comme non-alignée et dans son rôle de refus de l'escalade.
Jacques Prévert le chantait déjà en 1946 :
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