L'Empire solféringien dura 36 ans

En cette journée du 40e anniversaire du 10 Mai 2021, s'est tenu à l'Université de Cergy-Pontoise, un colloque consacré aux 36 années de l'Empire solféringien, à ses multiples reniements et sa fin tragique au mois de Mai 2017.

                               

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          En cette journée de 40e anniversaire du 10 Mai 2021, s'est tenu, à l'Université de Cergy-Pontoise, un colloque consacré au 36 années de l'Empire solféringien, à ses multiples reniements et sa fin tragique au mois de mai 2017.

  Nous y avons entendu une passionnante communication du Pr Kenneth J. Leary, professeur à l'Université de Los Angeles et renommé historien capitaliste.

(Le terme d'historien capitaliste n'a pas le sens courant que lui confèrent les économistes pour désigner un exploiteur / détenteur de capital, mais celui, historien, de spécialiste de cette période historique que fut le capitalisme. Construction sémantique identique à celle de médiéviste pour désigner l'historien spécialiste du Moyen Âge.)

                             

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          Revenons à Cergy-Pontoise et à la communication du Pr Leary. Elle était aujourd'hui consacrée à cette période de notre histoire ouverte en 1981  et close en 2017, la période solféringienne et à sa figure de proue initiale, l'Empereur François Ier, nom de guerre du premier roi solférinien. Celui auquel avait succédé en 2012 son fils François II.

   Ce sont les travaux du Pr Leary qui sont à l'origine de la dénomination de solféringienne pour cette période de 36 ans de notre histoire, bien postérieure aux périodes mérovingienne et carolingienne. Époque solféringienne marquée par la montée au pavois dans notre contrée encore farouche d'une lignée de chefs issus de la tribu des Solfériniens.

  Tribu organisée, combative, manœuvrière, rusée et méthodique qui avait su profiter habilement en 1981 des dissensions intertribales entre OstrodeGaulles et Giscardongues, leurs prédécesseurs sur le pavois, ainsi que d'une alliance savamment construite, appelée alors Programme Commun, avec une tribu supplétive elle aussi très combative, celle des Cocogoths.

                                     

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          Pour le Pr Leary, l'élément déterminant dans la décadence moins de deux ans après leur arrivée au pouvoir des Solfériniens fut la conversion de François Ier au profitabilisme (monothéisme du Dieu Profit).

  Après une glorieuse période de 1981 à 1983, marquée par de nombreuses conquêtes économiques et sociales, telles l'augmentation du salaire minimum, une cinquième semaine de congés payés, la retraite à 60 ans, la nationalisation de nombreuses entreprises à caractère stratégique et d'une partie du secteur bancaire, la conversion de François Ier au profitabilisme sous l'impulsion de l'Empereur américain Reaganomic et de la princesse britannique Thatcherella, entama la lente descente aux enfers de la dynastie solféringienne.

                                   

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                                                              L’Evêque Saint-Gattaz baptisant François Ier

 

           L'imagerie historique et la légende nous rappellent que cette conversion au profitabilisme fut l'œuvre de l'Évêque Saint-Gattaz qui, baptisant l'Empereur François Ier et lui oignant le front de l'huile de la Sainte Bourse, lui aurait enjoint fermement : « Courbe la tête, fier Sicambre. Adore ce que tu as brûlé et brûles ce que tu as adoré ». 

   Cette conversion et ce baptême sont encore mal datées avec précision par les historiens, tous s'accordant cependant sur le tournant des années 1982 1983. Peut-être même datait-elle bien avant l'accession au trône de François Ier, longtemps masquée pour éviter la rupture avec les Cocogoths.

 

          Là n'est pas l'important nous a indiqué le Pr Leary, dont la communication s'est voulue essentiellement consacrée aux raisons, significations profondes, conséquences et aboutissants de cette conversion.

                           

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           Selon Frère Joffrin de Libération, le grand chroniqueur hagiographe de la période, c'est sa première épouse, depuis répudiée, MichelRocarda, princesse burgonde et déjà convertie qui supplia François Ier d'adopter la foi profitabiliste et d'éviter l'accusation d'être un relaps.

(Le terme de relaps désignait alors un chrétien retombé dans l'hérésie et puni par les tribunaux de la Sainte Inquisition.)

    Ne nous perdons pas dans les considérations anecdotiques de la chronique toujours flagorneuse de Frère Joffrin, a tenu à rappeler le Pr Leary. Venons-en, c'est l'essentiel, à la signification et aux conséquences de cette conversion.

 

   À quelle religion, en 1983, le solférinien François Ier, ainsi que son successeur en 2012 François II, tous deux maintenant surnommés les Apostats, à quelle religion François Ier renonçait-il lors de ce baptême ? Il est difficile de le dire avec précision. En tout cas, il abandonnait le polythéisme et les prétendus anciens dieux solfériniens, Justice, Travail et Salaire, eux aussi divinisés par ses alliés Cocogoths. Beaucoup d'auteurs doutent cependant de la ferveur solférinienne dans le culte rendu à ces anciennes divinités, mais l'alliance avec les Cocogoths, véritables dindons de la farce, était là pour les en créditer..

    La rupture était consommée et surtout, quelle qu'ait été sa véritable nature, sincère ou intéressée, la conversion de François Ier n'était pas seulement l'affaire d'un individu. La religion du chef, à cette époque, était une composante capitale dans l'identité et le succès sur les champs de bataille électoraux.

                                                 

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  L’armée tirait du roi sa cohésion et sa foi en la victoire. La conversion de François Ier entraîna celle de ses soldats. L'armée quasi-entière, hormis quelques balistiers, nom donné à l’époque aux frondeurs apparus sous le règne de François II, l'armée quasi entière réclamait le baptême.

 

           Les historiens laissent entendre cependant que la conversion de nombreux lieutenants était déjà acquise depuis longtemps, voire qu'elle aurait pu jouer un rôle de catalyse dans celle de François Ier, puis de François II. Ainsi celle, plus tard, de Vallsion, ancien et colérique transfuge des Wisigoths d'Espagne, ou celle beaucoup plus tard du jeune et encore inconnu Macronic, enfant d'une tribu picarde. De même celle de deux roitelets déjà inféodés, le burgonde Moscovic et le lutétien Sapinion.

           Quoi qu'il en soit, les conséquences de cette conversion des Solféringiens au nouveau monothéisme dominant, le profitabilisme orthodoxe, furent incalculables tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, rajouta le Pr Leary. Elle ouvrait en fait le début de la décadence pour les Solféringiens.

  À l'intérieur tout d'abord. Tel que l'avait enjoint l'Évêque Saint-Gattaz lors du baptême : « Adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré », on brûla les effigies des anciens dieux, Travail et Salaire ; des iconoclastes enragés demandaient même à briser les statues de Sainte-Fonction Publique.

                                 

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                                                                                                                                 Iconoclasme

   On vit dans tous les villages apparaître des sorciers qui expliquaient dans les étranges lucarnes que la richesse ne se partage pas, mais ruisselle de haut en bas ; réapparurent même des pratiques que la Première Révolution Française, celle de 1789, avait pourtant abolies, ainsi l'affermage, contrat par lequel le Roi confiait à un fermier privé la tâche de collecter la taxe ou l'impôt, ce dernier tirant au passage large profit de la collecte normalement assurée par les agents royaux ; ainsi l'on parla à nouveau, pour l'impôt, de retenue à la source, retenue directe sur le salaire par l'employeur. Des reîtres rançonneurs revendiquaient pour eux l'usage du radar sur les grands chemins et le droit de ponction sur la taxe afférente ; un Code de la Corvée fut mis en chantier par François II pour affermir le pouvoir des seigneurs sur les gueux, le tout se référant à la doctrine du monothéisme dominant. Tout devait être désormais fait dans le royaume conformément à l'enseignement de ces nouvelles Saintes Écritures.

   Parenthèse ou diversion, pour détourner l'attention de ces atteintes à ce qui était antérieurement le plus sacré, le sous-chef Vallsion faisait mine à partir de 2015, de traquer le Salafiste en banlieue, alors qu'il lui remettait force médailles et décorations pour l'achat d'aéroplanes dans le désert d'Arabie.

  À l'extérieur, elle n'eut pas moins de conséquences. François II poursuivait la politique de son père avec l'alliance avec les Alamans pour combattre les hérétiques siryziens en Mer Égée ; il refusait l'accueil des migrants fuyant l'autre bord de la Méditerranée et les guerres sarrasines, infortunés migrants que l'on remettait alors entre les mains des Barbaresques ottomans ; à l'inverse, la faveur était grande à l'adresse  des Luxembourgeois, leur chef Junckéric toujours entouré d'honneurs et d'affection.

                               

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                                                                        Le noble et pieux Junckéric, chef des Luxembourgeois

 

           Concluant sa passionnante communication, le Pr Kenneth Leary indiqua que, à ses yeux, cette conversion solféringienne au monothéisme et au veau d'or profitabiliste fut en grande partie à l'origine du désarroi du peuple et de son rejet de toutes les sujétions. Avec l'apparition en 2016 d'un phénomène encore inconnu, après les cahiers de doléances de 1789, les occupations d'usines de 1936 et de 1968, celui de manifestations, tout à la fois de désespoir et d'espoir, consistant à ne pas se coucher le soir et rester debout toute la nuit à occuper les places publiques pour y parler de la nécessité de refaire le monde. Avec des formules ravageuses allant bien au-delà du dégoût  compréhensible de la dynastie solféringienne, formules telles que l'énigmatique « Nos rêves ne rentrent pas dans vos urnes ! »

                                         

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  Après tant de trahisons, la rupture était consommée entre le peuple et l'Empire. Mettant à profit la colère populaire, le désavœu et la haine qu'inspiraient les Solféringiens, un de leurs enfants secrets, Macronic, s'empara alors du pouvoir. L'Empire solféringien était mort.

 

           Revenant à l'Antiquité grecque et concluant sous les applaudissements son brillant exposé, l'érudit Pr Leary cita Platon pour condenser les raisons de la fin du monde solféringien : « Tout État qui parle son propre langage vis-à-vis des Dieux et des Hommes et agit conformément à ce langage, prospère toujours et se conserve. Fait-il le contraire, il en périt. »

                       

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