Épiphanie ou l’hommage au Messie

L'Épiphanie est cette fête familiale où, Noël passé, l'on passe à table pour « tirer les Rois » autour d'une galette. D'où vient donc cette coutume ?

                        

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      L'Épiphanie est cette fête familiale où, Noël passé, l'on passe à table pour « tirer les Rois » autour d'une galette. D'où vient donc cette coutume ?

   À l'origine, l'Épiphanie était une fête chrétienne célébrant le Messie, l'enfant Jésus, recevant après sa naissance la visite et l'hommage des Mages. Le nom Épiphanie voit son origine dans celui du grec epiphaineia signifiant « apparition », de epi, sur, et phainein, briller. L'Épiphanie était la manifestation de la Lumière et, pour la symboliser, fut choisie la galette, à la forme ronde et à la couleur dorée du Soleil.

                      

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   La tradition donna aux Rois Mages venus rendre visite au Christ les noms de Gaspard, Melchior et Balthazar, noms dont les initiales reprenaient alors celle de la bénédiction « Christus Mansionem Benedicat », que nous traduisons par « Que le Christ bénisse la demeure ».

   Quant à l'usage de la fève placée dans la galette, elle qui échoit de façon aléatoire à l'un des convives, il remonte à une fête païenne, les Saturnales de l'Antiquité romaine, où, par tirage au sort d'une fève, un condamné à mort devenait « roi » le temps des réjouissances. Triste conclusion, heureusement disparue, les réjouissances achevées, la sentence était exécutée.

 

           Qu'en est-il donc aujourd'hui ? La célébration de l'Épiphanie a perdu au cours des siècles jusqu'à nos jours son caractère religieux, peut-être pas définitivement, vous le découvrirez dans un instant. Sont demeurées la fève et la galette, ainsi que l'usage de désigner un roi. A disparu par contre, peut-être faudrait-il le remettre au goût du jour, la tradition désuète et poétique, empreinte de charité, selon laquelle la première part du gâteau était mise de côté pour être donnée au premier pauvre venu la demander.

  Nous en resterons là de ce bref survol historique dont vous retiendrez l'essentiel, à l'origine, la venue des Rois Mages autour de la crèche de l'enfant Jésus.

                     

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           « O tempora, o mores » (« Quelle époque ! Quelles mœurs ! ») s'était écrié Cicéron pour signifier son indignation quant aux mœurs de la Rome de son temps.

   Le jour de l'Épiphanie, 6 Janvier 2019, nous est annoncé que les 40 plus grands groupes français, ceux du CAC 40, ont versé en 2018 plus de 57 milliards d'euros à leurs actionnaires, une hausse de près de 13 % par rapport au déjà pactole 2017. 

                       

          Les Rois Mages, Total, Axa et Paribas seraient en route pour Élythléem, les bras chargés de présents pour y venir honorer le nouveau Messie. Pour vous éclairer quant au sens de cette parabole, permettez-nous cette référence biblique, celle de l'annonce de l'Ange Gabriel.

   L'Ange Gabriel annonça à Joseph, en lui parlant de Marie son épouse : « Ce qui a été engendré en elle vient de l'Esprit Saint. Elle enfantera un fils auquel tu donneras le nom de Jésus ». L'évangéliste Matthieu, commentant cette même annonce de Gabriel à Joseph, y rajouta : « Tout cela arriva afin que s'accomplisse ce que le Seigneur avait dit. Voici que la Vierge concevra le fils auquel ses parents donneront le nom d'Emmanuel ».

   Jésus et Emmanuel seraient-ils les mêmes ? Oui. Car c'est Emmanuel qui fut choisi aujourd'hui pour accomplir pleinement le dessein de Dieu. Emmanuel vient de l'ancien prénom hébreu Immanouel, de ime, anou et El, signifiant littéralement avec, nous et Dieu. Et c'est par ce nom, « Dieu est avec nous » que le prophète Isaïe désigna le Messie. On honore Emmanuel le 25 décembre, jour de la naissance du Christ.

   Il est notre nouveau Messie ont annoncé Total, Axa et Paribas en route vers Élythléem. In Gold we trust.

                       

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