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Toujours tenter, derrière les symptômes, d'identifier la maladie ; derrière les faux-semblants, la réalité (Louis Pasteur).

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Billet de blog 12 avril 2014

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Capitalisme-Socialisme-Communisme.

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   (Tentative, toujours avec ce même ami, de mettre un peu d'ordre dans le débat, souvent confus, capitalisme-socialisme-communisme.)


           Tout d'abord un point de méthode. Essayons de définir au préalable ce qui est en discussion. Cela clarifiera le débat. Une tentative de définition s'impose pour ces 3 termes :

       - capitalisme : définition minimale et apolémique que les travaux de Max Weber ne réfutent pas, au contraire : système socio-économique caractérisé par la propriété privée des grands moyens de production et d'échange et la dépossession des producteurs de leurs moyens de production (possession des moyens de production qui existait dans les premières sociétés du néolithique, la propriété par les producteurs de la terre et des outils, seuls moyens de production à cette époque, prenant la forme familiale, clanique, tribale ou communale).
 Cette dépossession du producteur de ses moyens de production est un processus historique long, complexe, s'étalant sur plusieurs millénaires et aboutissant depuis quelques siècles, à la confiscation de ces mêmes moyens au profit d'un groupe restreint, les producteurs n'étant plus propriétaires que de leur force de travail qu'ils échangent contre un salaire. C'est cela le capitalisme. Si le terme de confiscation gêne, mettons le de coté, cela ne change rien au fond.

      - socialisme : système socio-économique de réappropriation sociale des grands moyens de production et d'échange sous une forme publique : étatique-nationale, communale, liste non limitative, mais toujours sociale, au sens de publique.

      - communisme : système qui n'a jamais existé, sauf sous une forme primitive au néolithique, ou peut-être encore aujourd'hui, en Amazonie ou Papouasie..., dans des sociétés de chasseurs-cueilleurs, où la production collective, propriété des producteurs, est censée être redistribuée selon les besoins de chacun.


  
           Ces présupposés établis, force nous est de reconnaître que l'histoire moderne n'a connu pour l'instant que les 2 premiers modes de fonctionnement socio-économiques, leur organisation propre restant du domaine du politique avec un nombre de variantes très étendu :

      - pour ce qui est du capitalisme, la palette est extrêmement large : de la monarchie absolutiste des débuts du capitalisme, au libéralisme de la révolution américaine, puis, en France, du Directoire, de la monarchie de Juillet, du Second Empire, puis des IIIe, IVe et Ve République, aux dictatures sud-américaines des années 70-80, aux monarchies constitutionnelles anglaise et de l'Europe du nord, jusqu'aux monarchies à caractère féodal du Moyen-Orient...

       - le socialisme de son côté n'a été représenté pour l'instant, en restant dans la définition socio-économique précitée, que par le soviétisme rapidement transmuté en stalinisme. Ce point est important : le stalinisme et les tentatives politiques de le dépasser, avec Krouchtchev puis Gorbachev, n'a jamais été rien d'autre qu'un socialisme, un "socialisme de caserne" selon l'excellente formule d'Immanuel Wallerstein, en tous les cas aucunement un communisme. Et les répressions de masse que ce type de socialisme a engendré, confortent tout à fait cette connotation militariste, l'institution militaire n'ayant jamais lésiné sur les décimations, pelotons d'exécution et autres punitions collectives. L'assimilation soviétisme-stalinisme-communisme ne doit être vue que comme une construction intellectuelle de propagande. Le fait qu'elle ait si bien fonctionné et abouti dans ses objectifs, la déconsidération complète de toute visée communiste, n'enlève rien à son côté artificiel et fantasmagorique, bref à son caractère de propagande, type "l'homme au couteau entre les dents".


 
           Ces préliminaires un peu laborieux, mais nécessaires, exposés, demeurent beaucoup de questions :

    - quid de ce qui se pense être le "socialisme" en Chine ? Est-on en droit d'écarter d'emblée qu'il pourrait peut-être s'agir d'une nouvelle figure du capitalisme dont l'histoire a montré l'extraordinaire plasticité.

    - quid encore de la caractérisation socio-économique de l'Allemagne, de l'Italie et du Japon fascistes, en disant d'emblée que le nazisme n'était qu'un mode d'expression particulier du fascisme.

  Je reste sur ces questions. Mais je pense les avoir posées, assises sur des bases consistantes, permettant des développements constructifs.
 
  En tous les cas, tu auras noté que je me démarque de Furet, Harendt et Snyder donc je ne nie pas la qualité des travaux, mais dont je pense qu'ils sont fortement biaisés par l'articulation de deux catégories, fascisme et communisme qui n'appartiennent pas au même champ, l'un ressortant du politique, l'autre du socio-économique. Et ce n'est pas la même chose ! Cette articulation permet toutes les confusions,tous les amalgames, et je m'en tiens à distance.
  
  Restons en là pour l'instant parce que sinon, ça va fatiguer.

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