Le homard a rugi au fond du casier

Le homard, ce magnifique crustacé décapode...

(Cuisines de l'Hôtel de Lassay - 128, rue de l'Université - Paris 7°)

                                     

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          Nous citerons en préambule Jean de La Fontaine : « Tout vainqueur insolent à sa perte travaille ». (Fable des deux coqs). Et rajouterons le dicton populaire : « Là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir ». 

          Le homard, ce magnifique crustacé décapode au corps bleu marbré de jaune, très recherché des gourmets pour la finesse de sa chair, pêché dans les eaux atlantiques ou pacifiques, peut s’avérer extrêmement dangereux, voire mortel pour qui se risque à sa pêche et sa consommation de façon inconsidérée.

   Sachez-le, c’est important de le préciser, le homard appartient au sous-ordre des macroures.

 (Les macroures, du grec, makros, grand, et oura, queue, sont un sous-ordre, nous ne disons pas qu’ils sont aux ordres, un sous-ordre de crustacés décapodes (dix pattes et pinces) tels que l’écrevisse, le homard et la langouste.)

    Et donc attention  ! Car qui en pince pour le homard risque fort d’être pincé.

 (Pourquoi dit-on « en pincer pour…» ? L’origine de cette expression est assez mystérieuse. Pour certains, le verbe « pincer» fait référence aux instruments de musique dont on pince les cordes. La vibration produite étant comparée à celle que provoque l’amour, un pincement au cœur. D’autres linguistes y voient une origine plus ancienne, celle du verbe « pinsier » qui, jusqu’encore au XIIIe siècle, signifiait « caresser » ou même « peloter ».)

                                   

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         Prudence donc ! On parle de panier de crabes, mais le casier lui aussi peut être dangereux. Le homard peut pincer très fort. Belliqueux, même en aquarium où il affronte volontiers ses congénères, le homard n’hésite pas, après avoir rugi, à attaquer la main qui cherche à le saisir. Les pêcheurs prennent toujours soin de s’équiper d’épais gants de caoutchouc lorsqu’ils envoient la main au fond du casier.

   Est-ce pour autant une raison pour lui infliger un sort aussi cruel, être plongé vivant par en cuisiniers dans l’eau bouillante ? À la raison alléguée que cette pratique donnerait toute sa saveur au crustacé, cuisiné à l'américaine, l'armoricaine voire à la parlementaine. Et tout le plaisir de sa dégustation lorsqu’elle s’accompagne  des plus grands vins.

                                         

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          Prudence donc ! Nous vous renouvelons le conseil. Car être mordu par le homard au fond de son casier peut vous conduire à voir le votre ouvert, nous voulons dire le judiciaire, ceci pour abus de biens sociaux et détournement de fonds publics.

                                 

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