7 ans de cavale. La route s'arrête à Glasgow

Paul de Bismuthès a été arrêté vendredi à sa descente d'avion à Glasgow, en provenance de Paris.

                             

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        Paul de Bismuthès a été arrêté à sa descente d’avion à Glasgow, en provenance de Paris.

  Détail fatal : trahi par ses empreintes digitales recueillies par la police scientifique il y a quelques années sur un smartphone qui lui permettait de converser secrètement avec son avocat.

  L’homme n’a opposé aucune résistance. Il est pour l’instant incarcéré à la prison Birmingham, à Glasgow, prison encore connu sous le nom de Winson Green Prison, célèbre pour avoir été le lieu de détention de Charlie Wilson, l’auteur fameux de l’attaque du train postal Glasgow - Londres.

                                      

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           Les trois policiers français de la Brigade Nationale des fugitifs arrivés dans les heures qui suivaient à Glasgow, viennent de remettre à leurs collègues écossais le jeu complet d’empreintes digitales et d’analyses génétiques qui ont permis de confondre totalement Paul de Bismuthès , dont la cavale se termine sur le sol écossais après 7 années de recherche, sans que policiers et magistrats enquêteurs n’aient jamais pu le localiser avec certitude, une fois levée en 2012 son immunité présidentielle.

         Depuis cette date, s’accumulaient nombre d’affaires délictueuses au sein desquelles Paul de Bismuthès jouait un rôle de premier plan.

 

       Faisons rapidement le point sur ces principales affaires judiciaires pour lesquelles l'intéressé va devoir maintenant comparaître :

     - Renvoi en correctionnelle pour « corruption » et « trafic d’influence », et encourant jusqu’à 10 ans de prison, pour tentative d’obtention d’informations secrètes auprès d’un magistrat de la Cour de cassation, dans l’affaire dite Bettencourt.    

     - Financement illégal d’une campagne présidentielle en 2012, affaire dite Bygmalion.

     - Graves soupçons également de « corruption, financement illégal de campagne électorale (2007) et recel de fonds secrets d’origine libyenne », affaire dite Kadhafi, peut-être à l’origine de l’intervention militaire française en Libye et de la mort du dictateur.

                             

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     - Affaire Karachi, dite des « rétrocommissions » dans la vente de matériel militaire au Pakistan en 1994, pour laquelle comparaissent aujourd’hui Édouard Balladur et François Léotard, respectivement Premier Ministre et Ministre de la Défense au moment des faits. Le Ministre du Budget de l’époque, Paul de Bismuthès lui-même, ayant probablement participé, au moins de façon indirecte à ces troubles montages financiers et détournements d’argent.

 

          Que savait-on depuis ? Pas grand-chose. Et surtout, disparition de l'intéressé. Dernière séquence, celle où Paul de Bismuthès avait été localisé dans une librairie de Neuilly, lors d’une séance de dédicaces de son monument littéraire Passions, paru en juin 2019. Depuis, disparition totale des écrans radar.

                               

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   Révélation vient de nous être faite, selon laquelle la police aurait eu l’intention d’organiser une souricière à la mairie de Neuilly, lors du déroulement du scrutin pour l’élection à la présidence de LR (Les Républicains), certaine de la présence de Paul de Bismuthès à cette occasion. Souricière annulée au dernier moment, les autorités policières apprenant que le vote se déroulerait de façon électronique.

 

          Le mystère rester entier sur cette longue cavale de plusieurs années. Comment le fugitif s’était-il volatilisé, uniquement repéré dans de longues séances de dédicaces, ou, avec moins de certitude, il y a quelques mois, au plateau des Glières, tentant peut-être de franchir clandestinement la frontière franco- italienne.

                                

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          L’épilogue de cette mystérieuse cavale vient de s’écrire. Paul de Bismuthès dort ce soir à la Winson Green Prison.

                                             

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