Défaite à la Pyrrhus.

Au soir de la bataille victorieuse d'Héraclée, en 282 av. J.-C., les armées se séparèrent et le roi Pyrrhus Ier d'Epire…

(Héraclée en Lucanie, aujourd'hui Policoro - Région de Basilicate - Italie        13 Décembre 2015)

 

          Nous sommes à Policoro, sur le site de l'antique bataille d'Héraclée entre Rome et le roi Pyrrhus. Au soir de cette bataille d'Héraclée, en 280 av. J.-C., les armées fourbues et ensanglantées se séparèrent. Le roi d'Epire Pyrrhus Ier, nous rapporte Denys d'Halicarnasse, historien romain, le roi Pyrrhus, victorieux, à ses amis qui célébraient sa victoire, répondit abattu et prostré : « Encore une victoire comme celle-là et je serais complètement défait ».

   Pyrrhus Ier fut le roi des Molosses, tribu illyrienne de l'Albanie d'aujourd'hui, et hêgemôn d'Epire. Descendant d'Alexandre le Grand et conquérant ambitieux, il fut l'un des plus redoutables adversaires des premiers temps de la Rome antique. Après avoir considérablement accru le territoire de l'Epire, il devint roi de Macédoine et de Thessalie. Sa force militaire s'appuyait alors sur une arme redoutable, son armée d'éléphants.

    Sur quoi reposait la crainte de Pyrrhus au soir d'Héraclée ? Sur le coût terrible de sa victoire : la perte de ses principaux généraux et, aussi, peut-être le plus effrayant, celle d'un grand nombre de ces fameux éléphants (ils n'étaient pas roses) qui d'habitude semaient l'effroi dans les rangs des troupes adverses.

   La citation est restée célèbre : « Si nous devons emporter une autre victoire comme celle-là, nous sommes perdus ! ». Elle est restée la référence pour désigner une lutte ruineuse pour son vainqueur : une victoire à la Pyrrhus.

   Dans ces conditions, et cette remémoration historique faite, celle d'une victoire à la Pyrrhus, quelle signification que celle de notre intitulé, une Défaite à la Pyrrhus ? Nous y venons.

 

           Au soir du désastre électoral, certains utilisant même le terme d'Héraclée électorales, électorales au pluriel car survenant après celle de 2014 après J.-C., et, toujours après J.-C., celles de Mars 2015 et Décembre 2015, le roi du Pire (autre contrée que celle d'Epire) Hollande 1er aurait laissé transparaître une ambivalente satisfaction.

   Ses troupes taillées en pièces, son armée d'éléphants, roses ceux là, ayant succombé, il aurait, à un esclave, son confident éploré et désespéré, confié : « Défaite prometteuse ! J'ai maintenant les mains totalement libres ».

   Oui, le sol tremble encore, les nuées de poussière ne sont pas toutes retombées sur le champ de bataille où gisent éléphants éventrés, frondeurs au pied de leurs balistes démantibulées, conseillers régionaux abattus et achevés à terre par un ennemi sans pitié, le sol tremble encore, mais le général en chef, imperturbable, affiche sa confiance.

 

           Selon lui, la Droite aurait trébuché. Ses succès partiels pourraient être son chant du cygne, le prélude à sa dislocation, rajoutait-il. Et le roi du Pire disposerait maintenant du ciment politique dont il constituerait son imprenable fortification. Ce ciment : le rassemblement contre le FN.

   Personne ne peut encore deviner l'issue de la prochaine bataille, mais le roi est confiant. C'est lui qui sera le rempart.

   Finie la problématique bipolarisation Droite – Gauche, le ramenant sans cesse à la question de ses reniements, de ses trahisons. Il a maintenant un autre étendard et il sait qu'autour de lui les ralliements sont en marche.

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