Pognon dingue

Tout justifié qu'il soit…

                                      

img-0460

 

          Tout justifié qu'il soit, et il vous sera naturellement allé droit au cœur, ce n'est pas de l'appel de la Fondation Abbé Pierre dont nous vous parlerons aujourd'hui.

   Ni du bingo de Muriel, notre Ministre du Travail et de la Solidarité.

                              

img-0468

 

           Mais de la dernière sortie copieusement relayée par les services de communication de la Présidence, « On met un pognon dingue dans les minima sociaux et les pauvres ne s'en sortent pas ». Propos suivis, cette fois-ci en off, de l'alléchante formule « Essayons d'alimenter les maxima sociaux. Cela marchera et les riches nous en serons reconnaissants. »

   Il y a dans ce balancement tout un résumé de programme. Et c'est vrai que les plus clairvoyants d'entre vous, ils ne sont pas nombreux, l'avaient ainsi décrypté au Printemps 2017, à la veille du premier tour de l'élection présidentielle.

   Trêve de regrets, le mal est fait, nous voulons parler des résultats de ce premier tour, examinons en maintenant les conséquences.

 

           RSA, Prime d'activité, Allocation personnalisée au logement (APL)..., il conviendrait donc de déchirer le maigre filet social qui permet à ces putains de 9 millions de pauvres et de précaires de tenter de faire face à la crise et au chômage.

   Emmanuel Macron, le Méprisant de la République et simultanément DRH du MEDEF, en bon adepte de la cash-communication, veut en finir avec ce gâchis de pognon – d'autres avant lui, moins habilement, avaient parlé de cancer de l'assistanat – en finir avec ce gâchis de pognon et d'aides sociales, pour enfin responsabiliser les pauvres. Toujours en off, « les obliger à se bouger le cul ».

   Traduction en clair dans la novlangue néolibérale : « Updater notre modèle social ».

                                   

img-0664

 

   Simultanément, « en même temps » dit-on maintenant, voyons ce que nous pouvons faire pour les maxima sociaux, aurait ajouté Emmanuel. N'ironisons pas, il est vrai qu'ils sont plus maxima que sociaux. Nous ne marchanderons pas notre appréciation. Beaucoup a déjà été fait dans ce domaine : suppression de l'ISF, parallèlement à l'augmentation de la CSG, et instauration d'une flat tax. L'on ne s'arrêtera pas là.

 (On parle de flat tax pour désigner un impôt à taux unique, 30 %, pour tous les contribuables et tous les revenus, taux unique par opposition à celui de l'impôt progressif. Entrée en vigueur en Janvier 2018, cette flat tax ne porte que sur les revenus du capital, tels les intérêts et les dividendes. Qu'elle fait ainsi échapper à la progressivité de l'impôt sur le revenu. Grands bénéficiaires de cette mesure, tous les contribuables – les appellerons-nous encore ainsi – qui jusque-là étaient imposés à un taux marginal supérieur à 30 %. Votre perspicacité vous aura aisément permis de reconnaître là les très hauts revenus et les grandes fortunes.)

 

           Certains roulant carrosse et d'autres s'épuisant à pied ou gisant dans le fossé. En Marche signifiait donc cela…

                      

img-0467

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.