Faut-il absolument un Roi ? Absolu qui plus est. Pour répondre à cette question, nous avons fictivement, avec son accord bien entendu, rencontré l'historien Joël Cornette, auteur aux Éditions Taillandier du bel ouvrage, Le Roi absolu, une obsession française. Ceci, pour recueillir ses réflexions au lendemain de la dépose de la couronne de saint Édouard, sur la tête de Charles III, point d'orgue du sacre du nouveau roi au Royaume-Uni.
Bonjour Joël Cornette. Sur les huit, monarchies parlementaires ou constitutionnelles, c'est selon – Belgique, Danemark, Espagne, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède – qui existent encore en Europe, la britanniques est la seule à avoir conservé une cérémonie du couronnement. Pourquoi ? Et en quoi cette cérémonie est-elle symbolique ?
C'est une question de tradition. Cette cérémonie millénaire remonte aux rois anglo-saxons. Le premier roi à avoir été couronné à l'abbaye de Westminster, était d'ailleurs un Français, Guillaume le Conquérant, le jour de Noël 1066.
Mais depuis, cette tradition, rompant avec l'héritage de la Grande Révolution Française de 1789, est réapparue en France, sous une forme, il faut bien le dire, assez décalée.
À votre avis, Joël Cornette, la monarchie britannique, et celle, si disparate qui sévit aujourd'hui en France, ces monarchies peuvent-elles disparaître ?
Si l'institution monarchique cesse d'être populaire, et nous le craignons pour la France, oui, elle prendra fin. Si un monarque, et nous pensons que c'est aujourd'hui le cas en France pour Monarc Ier (vous apprécierez l'anagramme), il sera contraint d'abdiquer.
(Une anagramme (du grec, anagramma, renversement de lettres) est un mot formé des lettres d'un autre mot disposées dans un ordre différent. Exemple : gare est l'anagramme de rage. Et n'y voyez là aucune allusion).
La monarchie, héréditaire ou non, restera toujours tributaire de l'opinion publique. Une autre Constitution, résultat d'une insurrection ou insoumission populaire pourrait y mettre un terme. Je le crains, sans toutefois en être au désespoir, non pour le Royaume-Uni, mais pour la France. N'oubliez pas que ce fut déjà le cas à deux reprises, en 1789 et 1848.
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