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Sa présence était pressentie, elle a été confirmée ce jeudi. Emmanuel Macron assistera à la messe que célébrera le Pape François, samedi 23 Septembre, au Stade-Vélodrome de Marseille, sous les yeux tout proches de la Bonne Mère. Serait-ce en vue d'une prochaine canonisation ? La sienne évidemment.
Derrière la présence officielle de l'État Français à cette cérémonie, prélude possible à une canonisation, n'allez pas voir le souci de nous voir reconnaître notre place de 4° vendeur d'armes (et donc de canons) du monde. Ni notre leadership de producteur mondial de vin, 50 millions d'hectolitres (tu reprendras bien un canon !). Ni notre goût bien connu pour l'attirante beauté féminine (c'est vraiment un canon !). Non plus la marque d'affection souvent réaffirmée pour nos petits chanteurs et cette forme musicale polyphonique si mélodieuse (Le Canon de Pachelbel). Non, vous n'y êtes pas du tout !
La République Française a tenu, sur décision du chef de l'État, à honorer de sa présence la cérémonie de proclamation solennelle, par laquelle le Pape François, souhaitait alerter l'opinion quant à la douloureuse question migratoire au lendemain du drame de Lampedusa. « Hommes de tous les pays, aimez-vous, aidez-vous ! » prononcera le Pape lors de son allocution.
Nous vous devinons surpris pour certains, interloqués pour d'autres, désapprobateurs, voire même franchement hilares pour les plus extrémistes.
Et nous vous comprenons ! La République Française, « République indivisible, laïque, démocratique et sociale » (Art. 1 de la Constitution), en la personne de son Président, assiste, cautionne et baisse les yeux, respectueuse, au spectacle bien que respectable d'une scène de mystification collective.
Afin de ne pas donner corps à la justifiée accusation de favoriser un rite plutôt qu'un autre, le Chef de l'État devra-il également aller déposer ses vœux au Mur des Lamentations, célébrer l'Achoura, de longues lanières cloutées à la main avec les flagellants de Kerbala en Iraq, voire assister à des sacrifices animaux au culte vaudou, aux Îles Caraïbes ?
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Procession de flagellants à Kerbala
Les contempteurs et les sarcastiques ne seront pas étonnés. Il leur sera facile d'ironiser sur le grossier clin d'œil à l'électorat des campagnes, où dans bien des chaumières, sur les rayonnages en formica, à côté du vieux poste de télévision, quelques fois encore noir et blanc, on trouve, pieusement exposés, une carte postale de la Basilique Saint-Pierre ou un portrait de Sa Sainteté.
D'autres, s'interrogeront sur ce grand écart d'un adepte de la Société de Marché, rendant hommage au culte des Saints. À quand la béatification de Milton Friedman, fondateur du néolibéralisme, qui, s'il n'avait pas d'apôtres, avait ses Chicago boys ?
C'est en cela que l'on reconnaît un pouvoir en perdition politique : être prêt à toutes les singeries.