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Toujours tenter, derrière les symptômes, d'identifier la maladie ; derrière les faux-semblants, la réalité (Louis Pasteur).

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Billet de blog 16 octobre 2014

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Affaire Martin – Monenfanto.

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   (De notre envoyé spécial à travers les âges J. Casanova -  Chambre Arbitrale des Conflits du Commerce - 4, bd du Palais - Paris 1° -16 Octobre  2034)

           Comme vous le notez dans le chapeau de mon papier, chers lecteurs, j'arrive à l'instant du 4, boulevard du Palais, siège il y a encore une vingtaine d'années du Tribunal de Grande Instance de Paris, maintenant occupé par la Chambre Arbitrale des Conflits du Commerce où, non pas se juge, ce terme est révolu, mais s'arbitre en ce moment le conflit qui oppose depuis maintenant deux ans, le couple Martin et la firme transnationale Monenfanto concernant la présumée malfaçon de l'enfant commandé et payé cash deux ans plus tôt par les aspirants parents Martin à ladite firme.

 J'en profite, car je vous devine assez désemparés à la lecture de ces premières lignes, pour vous indiquer que beaucoup de choses ont changé depuis 20 ans, plus précisément depuis, je ne dirai pas l'adoption, car qui dit adoption dit connaissance et approbation, mais la promulgation et la mise en vigueur du célèbre TAFTA ( Accord de Libre – Échange Transatlantique).  Les conflits ou différends entre parties ne se terminent plus maintenant devant un Tribunal qui juge en fonction de la Loi, la loi cet ancien instrument de la volonté générale, censé représenter l'intérêt général, mais devant un Comité qui arbitre en fonction du Contrat, autre nom de l'accord entre deux parties, chacune, dans ce tope-là, espérant obtenir de l'autre la chose au moindre coût. Premier point. Et second point, de considérables évolutions sont survenues dans l'art et la manière non pas d'enfanter, ce terme est devenu d'un total archaïsme, non pas d'avoir, mais d'acquérir des enfants. Nous y venons.

           Après les impasses et les échecs d'une première offre de Monenfanto dans les années 2015 – 2020,  offre ouvrant la possibilité, à la demande exclusive d'un employeur, de procéder à la congélation des ovocytes de ses salariées, au motif bien compréhensible que grossesse et maternité sont sources d'arrêt de travail et d'absentéisme, la congélation des ovocytes et la gestation par autrui permettant de repousser toute maternité après 67 ans, âge de départ légal à cette époque à la retraite, donc, après tous ces premiers errements, Monenfanto reconfigurait son offre Papa - Maman - pour tous - quand vous voulez - et à des prix cassés,  en débarrassant les heureux postulants-consommateurs de tout souci de fertilité ou fécondité, de calendrier Ogino, de grossesse, enfantement, forceps et autres césariennes, avec cette célèbre formule commerciale Commandez - Signez - Payez - Vous serez livrés demain. Merci Cigogne.fr!

 Je passe, chers lecteurs, sur le tragique épisode de la mise en faillite du Vatican. Cette noble et millénaire institution, longtemps arc-boutée sur l'antique préjugé - faire l'amour pour faire des enfants - et s'étant opposée par moult bulles et encycliques à ce projet qu'elle considérait comme inhumain, s'était vu traînée par Monenfanto devant une Chambre arbitrale au motif du caractère obscurantiste de sa propagande. Et ce qui devait arriver arriva. L'Eglise qui n'avait pu faire plier Kepler, Copernic et Galilée - oui, la Terre est ronde et tourne autour du Soleil - s'était vue condamner à 100 milliards de dollars de dédommagement à Monenfanto, avec tout ce qui devait s'ensuivre : faillite, mise aux enchères du Vatican, François II à la rue et rejoignant un ordre mendiant.

           Mais, après ces trop longues digressions, revenons à notre affaire et au couple Martin. Livrés de leur commande d'un petit bouchon, blond avaient-ils souhaité, engagement respecté disons-le tout de suite, et avec un certificat de bonne santé, constatant rapidement que le blondinet ne clignait pas des yeux devant une lumière vive, les parents s'étaient alors mis en quête d'une consultation ophtalmologique. Pas simple… Six mois de délai d'attente. Mais enfin ! Diagnostic du spécialiste : malformation congénitale. Coût de la consultation : 250 €. Et sur les conseils de SOS Conso, voici nos deux parents assignant Monenfanto et réclamant le remboursement des frais médicaux, le retour de l'enfant à l'envoyeur, naturellement contre remboursement.

 Un précédent que Monenfanto n'entend en rien laisser passer. À la tête de multiples usines de gestation en Russie, Afrique, Inde et Amérique du Nord, on ne sait pour quelles obscures raisons commerciales pas en Afrique, la firme n'entend pas laisser mettre en cause la qualité de ses services, la fiabilité de ses gestatrices convenablement nourries et soigneusement sélectionnées sur leur génome, en bref son image commerciale.

           Les juges arbitres examinent en ce moment la requête Martin et les clauses du contrat d'achat, pas moins de 94 pages en minuscules caractères que nos peut-être trop jeunes consommateurs n'avaient lu que superficiellement. La publicité faite à cette affaire et l'attention maintenant portée au détail de ses clauses font apparaître une donnée dont va probablement se saisir le Comité International d'Ethique, honorable institution présidée par deux anciens prix Nobel, l'un de la Paix, l'autre de la Guerre, vous avez reconnu Barak Obama et François Hollande, à savoir que les parents livrés de ces blondinets et brunettes sont censés en savoir et accepter le caractère stérile, je veux dire infécond.  Clause, on l'a compris, destinée à conserver à Monenfanto le monopole de la procréation.

           Chers lecteurs, ne tremblez pas ! J'étais en voyage à travers les âges, mais vous le savez, l'Histoire n'est jamais écrite à l'avance. Ce sont les Hommes qui la font. Ces sombres ou joyeuses, c'est selon votre humeur, révélations ne sont que suppositions.

Et supposition d'actualité : qu'un incident, je ne sais lequel, enraye actuellement la conjuration TAFTA (oui, conjuration, certains parlent bénignement, ils vous mentent, de négociation), et mon propos ne serait plus qu'élucubrations.

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