L'inquiétude est grande, après qu'il procédé à l'aide de missiles tirés dans l'espace à la destruction d'un de ses satellites et qu'il ait massé des troupes à la frontière de l'Ukraine, l'inquiétude est grande quant à la personnalité de celui qu'un récent documentaire de la chaîne Histoire prénomme le Dernier Tsar. Lui que l'on soupçonne de plus d'instrumentaliser la question migratoire à la frontière polono-biélorusse.
À l'heure où persiste encore dans les provinces orientales de l'Ukraine un fragile cessez-le-feu, quotidiens, hebdomadaires, émissions radiophoniques et télévisées rivalisent pour nous éclairer sur la question : d'où vient et où va l'Ukraine ?
Sont largement évoquées, à longueur de colonnes et d'antennes, les origines, l'histoire de cette longue bande terrestre, de la Mer Baltique à la Mer Noire, toujours théâtre de rivalités territoriales entre l'Est et l'Ouest de l'Eurasie.
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Du limes romain, frontière dans les régions danubiennes de l'Empire avec les peuples barbares des steppes ; de la création de la Borussie et de Kiev par les envahisseurs Vikings venus de l'Ouest en l'an 908 ; du grand royaume polono-lituanien-ukrainien affronté au 12e et 13e siècles aux hordes mongoles ; de l'Ukraine tombée dans l'orbite des ducs de Moscovie, ancêtres des tsars, après le reflux mongol ; des Chevaliers Teutoniques, ancêtres du royaume de Prusse, affrontés au roi de Pologne, pour la conquête de ces terres fertiles ; de l'Ukraine, devenu État cosaque et partagée au 18e siècle entre Catherine II de Russie et Marie-Thérèse d'Autriche, jusqu'à l'Ukraine soviétique terre natale de Nikita Khrouchtchev et de Mikhaïl Gorbatchev, de tout ceci vous avez été amplement informés, n'allons pas jusqu'à dire abreuvés.
Et bien sût, vous mesurez ainsi la difficile définition de la nation Ukraine, les éternelles rivalités à son sujet entre l'Est et l'Ouest du continent ainsi que ses terribles risques de guerre.
Rendons donc mérite à l'ensemble de nos médias pour ce travail d'éclairage et d'explication nécessaire à la compréhension de la crise actuelle. Ils font leur travail. Ce n’est pas si fréquent.
Comme de la complexité de cette question et des dangers de guerre continentale qu'elle recèle, vous êtes maintenant bien saisis, il ne reste plus à nos éditorialistes qu'a broder sur le thème du tyran fou. Il faut bien reconnaître, la personnalité de Vladimir leur ouvre tous les espaces.
Inquiétant personnage ! Nous savons tout maintenant. De sa scolarité maternelle et élémentaire au KGB, de son penchant pour le judo et les étreintes masculines, que seul cet art martial autorise, jusqu'à son service militaire dans les forces spéciales du Ministère de l'Intérieur de l'ex-URSS, les Omons, détails certes hétéroclite, mais clés utiles pour le psychologue à la fin de débrouiller l'étrange aversion homosexuelle du si viril et fringant déjà septuagénaire.
De ses missions secrètes de jeune officier du KGB chargé d'infiltrer l'ONG Les Missionnaires de la Charité, et pour cela, allant jusqu'à suborner Mère Teresa, dont il aurait eu un enfant.
De ces équipées dominicales en Oural où, torse nu, arc et carquois à flèches d'acier en bandoulière, il achève à l'épieu des ours pantelants qu'il était allé forcer jusque dans leur antre.
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Que dire encore de ses visites, à l'image de notre roi Louis XI, à des oligarques enchaînés dans des cages de fer, dans la répétition du rôle d’Ivan IV le Terrible.
Cruauté certes, mais aussi fausseté révélée par les encouragements à l'ivresse prodigués naguère à son protecteur Boris Eltsine, dont il ne manquait pas, à chaque occasion, de remplir la coupe du mauvais whisky que Bill Clinton avait fait livrer à Moscou en 1992 par ses Chicago boys, venus mettre en place la fameuse « thérapie de choc » destinée à extraire le pays du désastre communiste.
(Note de l'auteur : suite à cette qualification de « communiste » du désastre, la déontologie journalistique nous oblige à dire qu'elle fait encore débat. Pour l'école braudélienne nord-américaine d'Immanuel Wallerstein, il conviendrait plutôt de parler de « désastre de l'économie socialiste planifiée bureaucratique, celle d'un socialisme de caserne ». Pour d'autres, dont le chef de file polycarte, philosophe, historien, essayiste à succès, musicien, banquier, théologien et futurologue, vous avez reconnu Jacques Attali, la formulation « désastre communiste » est plus appropriée, ayant le mérite, coup-de-pied-de l'âne au communisme, d'épargner simultanément ceux qui se réclament encore de l'étiquette socialiste – elle est chère à son cœur – ils sont encore nombreux, y compris dans son propre entourage.
Dans ce débat nous laisserons l'avantage à Jacques Attali, dont l'expertise en la matière est considérable, puisque, vous ne l'avez pas oublié, nommé en 1991 directeur de la BERD - Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement - chargée de financer la reconstruction à l'Est de l'ancien rideau de fer, il fut à même de se pencher sérieusement sur les conséquences de ce même désastre. Le fait d'être remercié, un an plus tard, et proprement viré de la BERD pour de pharaoniques malversations, dont le pavage en marbre de Carrare de son bureau, ne peut être une raison valable de contester son jugement sur cette question).
Remplir la coupe, celle de Boris, est une jolie transition, car elle est pleine. Saluons le travail journalistique des équipes du Point, du Nouvel Observateur, du Monde et de Libération pour l'exhaustivité de leurs révélations.
Plus de100 ans ont passé, depuis le Printemps 1914. Pour faire pièce à l'Allemagne, c'était alors la Belle Époque de l'Alliance franco-russe, militaire, économique et financière.
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Escadre de marine française à Cronstadt
Escadre de marine française à Cronstadt, dans la rade de Saint-Pétersbourg, banquets offerts à nos Amiraux par le Grand-Duc Alexis, à l'embouchure de la Neva. Inauguration à Paris du pont Alexandre III. Emprunt franco-russe, les historiens parlent d'1/3 de l'épargne française consacrée à l'industrialisation de la Russie. Enfin, cognac et vodka à tous les étages ! Le rouble roulait, sonnait et trébuchait au fond du tiroir-caisse de la grande presse française, largement, mais secrètement dispensé par l'ambassade russe à Paris et Son Excellence l'ambassadeur Alexandre Petrovitch Izvolski, aux fins d'alimenter, dans les villes et les campagnes, patriotisme et sentiment anti-allemand.
Il est clair que ce n'est pas de cette accusation dont pourrait avoir aujourd'hui à répondre notre dispositif médiatique.
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Nous vous renvoyons à 2014, à Stralsund, toujours sur la pluvieuse Baltique, ou les mêmes médias nous invitaient à suivre les effusions de notre Président d'alors et de la Chancelière Angela, à l'abri d'un parapluie, tentative pataude de remake de « Singing in the Rain », rejouant 100 ans plus tard, à front renversé, les airs de la confrontation franco-germano-russe. Et plus récemment encore, à l'image des tendres baisers d'adieu d'Emmanuel et d'Angela.
Inquiétons-nous plutôt, si le proverbe chinois dit vrai : « La guerre a commencé quand on a désigné l'ennemi ».