Nous ne vous parlerons pas ici de Robert Redford dans le film L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux (The Horse wisperer); film paru à l'écran en 1998.
Mais d'un passé plus ancien, ou d'autres murmures se sont produits.
(Le terme de murmure désigne un bruit de voix léger, sourd et prolongée, tel un chuchotement.)
Mussolini en Italie, Hitler en Allemagne, ces dictateurs n'auraient pu arriver au pouvoir sans la complicité et l'appui des grands groupes industriels et financiers de leur pays. Nous vous renvoyons pour décrire la chose à l'excellent roman d'Éric Vuillard, L'Ordre du jour, paru en 2017.
Dans ce récit, l'auteur relate la réunion en 1933 ou Herman Goering demande au patronat allemand (Bayer, IG Farben, Siemens, Telefunken…) de soutenir financièrement Adolf Hitler pour les futures élections qui le porteront au pouvoir. Et ceci, par la voix démocratique du suffrage universel.
C'est une constante historique : à chaque crise du capitalisme, les grands groupes industriels et financiers font le choix de s'allier avec les forces enclines à préserver leur domination économique et sociale. Fascisme, nazisme, extrême droite, qu'importe le pedigree, tout est bon pourvu qu'il lève les obstacles qui entravent les affaires.
En France, l'opération de normalisation de l'extrême droite s'est brutalement accélérée avec la concentration médiatique aux mains des patrons complices qui ont transformé leurs titres en marchepied du RN. Ses connexions avec une partie du patronat s'intensifient pour servir les objectifs du capital.
Jordan Bardella vient de se fendre d'une lettre aux entrepreneurs, dont la finalité est de rassurer les milieux d'affaires en affirmant que sa formation était le véritable garant de la stabilité économique. Autrement dit, le gardien de l'ordre existant.
La connivence est limpide. Le RN s'affiche désormais comme le rassurant gardien de l'ordre des choses. À bon entendeur salut.