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Toujours tenter, derrière les symptômes, d'identifier la maladie ; derrière les faux-semblants, la réalité (Louis Pasteur).

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Billet de blog 19 septembre 2014

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Lettre à mes confrères (suite et fin). (J.Casanova)

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      Lettre à mes confrères (suite et fin). (J. Casanova)

           Nous sommes maintenant le dos au mur. Il va falloir choisir :

      # Endosser le costume de privilégié que la technocratie néolibérale et les politiques à son service nous ont taillé sur-mesure pour dresser contre nous le peuple égaré, les médias y aideront. Et ainsi, jouer le rôle de bouc émissaire de toutes les tares du système : surmédicalisation et défaut d'accès aux soins ; déserts médicaux ; dépassements d'honoraires et déremboursements ; logiques rentabilisatrices et quelques fois mortifères des laboratoires, etc... Une fois discrédités aux yeux du plus grand nombre, nous n'aurons alors plus d'autre choix que d'accepter à reculons tous les empiétements du Capital dans notre exercice et notre mise sous tutelle par les actionnaires.

     # Ou alors, retrouver le sens originel de la Corporation, celui pour lequel elle avait été créée il y a plusieurs siècles et qui, après tout, n'a rien d'obligatoirement archaïque – réglementer le travail de l'artisan spécialisé que nous sommes, organiser l'acquisition des savoir-faire, en obtenir le monopole, en défendre la juste et indépendante rétribution ainsi que les intérêts moraux – en un mot, continuer à lutter contre l'empiétement et l'emprise du capital financier.

  Pour cela, nous n'avons qu'un seul allié possible, le peuple assuré social, lui et ses représentants, syndicats, associations, mouvement mutualiste, avec lesquels nous devons travailler à redéfinir la réponse moderne aux besoins de santé, redéfinir l'offre de soins.

  Cela ne sera pas simple, mais à quoi d'autre devraient donc servir nos syndicats, nos associations, notre Conseil de l'Ordre ? Les pistes d'un tel travail sont innombrables et il ne m'en vient à l'esprit que quelques unes :

   - la prévention, des maladies dégénératives aux troubles musculo-squelettiques et aux cancers, dont nous connaissons maintenant parfaitement les facteurs environnementaux et ce qu'il conviendrait de faire pour les corriger.

   - l'éducation sanitaire pour enrayer la dérive consumériste de la santé-marchandise.

   - d'autres formes de rétribution que le paiement à l'acte et la T2A, machines inflationnistes et destructrices de la qualité de l'acte car incitant à sa multiplication.

   - l'exercice associatif de groupe, mono ou pluridisciplinaire.

   - la formation continue émancipée des laboratoires pharmaceutiques et dont le financement serait public (l'Etat, la Sécurité Sociale...).

   - les passerelles inter-spécialités... Et encore bien d'autres choses...

          Nous sommes à la croisée des chemins. Le passé tel quel ne pourra être perpétué. Les accommodements défensifs que nous proposeront les Macron, les Touraine, et les Sapin ne tiendront pas longtemps devant la tendance lourde de la domination par l'Argent de toutes les activités. Soit nous innovons, soit, à plus ou moins long terme, nous deviendrons chair à canon pour actionnaires, l'énigme du numerus clausus étant enfin élucidée, condition indispensable qu'il était pour justifier l'immigration médicale de "travailleurs pauvres" et déjà tirer vers le bas l'ensemble des exigences de la profession.

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