03 Juillet 2014
Énigmatique et lapidaire formule latine, « Ou César, ou Clichy », résumant pour Karl Marx le dilemme de fer du Prince-Président Louis Napoléon Bonaparte, premier Président, en 1848, de la République Française, plongé dans la perplexité, à l'automne 1851, à six mois de l'échéance de son mandat ! Le 2ème dimanche de Mai 1852 mettra un terme à ses fonctions de Président, la Constitution de 1848 l'avait inscrit sur ses rouleaux : mandat non renouvelable.
Au jeu et en affaires, irréductible endetté d'avant son élection, n'ayant de cesse depuis de demander à l'Assemblée l'augmentation de son traitement de 600 000 Fr. annuels à 1,2 million, puis re-doublement à 2,4 millions, c'est avec toutes les anxiétés qu'il envisage la fin du mandat, la fin de son immunité, le retour des créanciers et la sanction de l'insolvabilité pour dettes : Clichy, prison que la République réserve aux faillis. Oui, ou César, ou Clichy ! Et si tel motif n'est probablement pas le seul au déclenchement du Coup d'Etat du 2 Décembre 1851, dont Karl Marx brosse la genèse dans Le 18 Brumaire de Louis Napoléon Bonaparte, il n'est peut-être pas le plus mince !
Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois : la première comme tragédie, la seconde comme farce. Nous y sommes précisément. Car après la tragédie du « Aut Caesar, aut Clichy » du Prince-Président Napoléon, l'Histoire nous ressert aujourd'hui la farce du « Aut Clichy, aut Caesar» de l'ex-Président Nicolas.
Cerné par les affaires, exposé aux gardes-à-vue dont la liste sera encore longue, aux peut être nouvelles mises en examen et consécutifs procès, en Correctionnelle, aux Assises, en Haute Cour de Justice de la République, que sais-je encore, aux amendes, peines de prison ou autres TIG, à l'instar de son acolyte Berlusconi aujourd’hui affecté à une maison de retraite pour vieux patients déments, il ne lui reste plus que deux échappatoires : un nom d'emprunt, une opération de chirurgie esthétique et le refuge dans une hacienda cachée sur les bords de l'Orénoque ; ou, puisque Carla a refusé la fuite, César. Pour tout dire, la réélection en 2017.
Projet titanesque qui nous promet, pour les trois ans qui viennent, tous les coups bas, tous les coups tordus, tous les coups de Jarnac, jusqu'au « Tu quoque, fili !» de César, apercevant Brutus/Fillonus et Crassus/Juppius au nombre de ses assassins.