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L'adage populaire est bien connu qui dit : « Il n'y a pire sourd que celui qui ne veut entendre ». Sur le même thème, nous citerons encore : « Esprit coincé n'a pas d'oreilles ».
La surdité, ce déficit sensoriel très invalidant et dont on sait aujourd'hui que, non corrigé, il peut gravement altérer les fonctions cognitives, ce déficit sensoriel ne s'accompagne pas toujours de mutité et encore moins de cécité. Surdité latéralisée, notamment du côté gauche, ne signifie pas que c'est l'oreille gauche qui n'entend pas. Non, il s'agit du fait que ce sont les informations venant de la Gauche qui ne sont pas perçues.
À preuve, le cas de notre Président qui, plus de 15 jours après le 7 juillet, second tour des élections législatives, n'a, semble-t-il, toujours pas entendu que c'était le Nouveau Front Populaire qui constituait désormais le groupe majoritaire à l'Assemblée nationale.
Sourd, il n’était ni muet ni non-voyant. Il n'empêche, et là est le problème, il y a surdité . Ceci malgré le vacarme et le tohu-bohu.
(Quel est l’origine du mot « tohu-bohu » ? Lors d’un grand désordre, d’une grande agitation, on parle volontiers de « tohu-bohu ». Une expression apparue au XIIIe siècle mais dont l’origine est plus ancienne. Dans la Bible il est en effet écrit que dans le Monde avant le Déluge, au moment où la Terre n’existait pas encore, tout n’était que solitude et chaos. Pour décrire cette situation, l’Ancien Testament utilise la locution hébraïque « tohu wabhohu », le premier mot désignant le néant, le second terme faisant référence au vide. Puis, au XVIIIe siècle la locution a été francisée. Avec le temps elle a fini par prendre sa forme et son sens actuel. Dans sa traduction de la Bible, Voltaire est d’ailleurs le premier à traduire en français la phrase de la Genèse : « La Terre était tohu-bohu ».)
Mais revenons à la surdité latéralisée. La question reste posée : quelles causes ?
Le Pr Théodore Schwann, spécialiste en Neuro-Oto-Laryngologie à l'Hôpital de la Charité a bien voulu répondre à nos questions et nous préciser la démarche diagnostique ainsi que les possibilités thérapeutiques en la matière.
Le Pr Théodore Schwann
Bonjour Dr Schwann. Que préconisez-vous en tant que spécialiste, devant ce tableau, en langage familier, celui des oreilles bouchées, la surdité d’un Président au 15e jour d'un tohu-bohu et vacarme généralisé, occasionnés par la constitution de cette nouvelle majorité parlementaire, toute relative cependant ?
Cher ami, afin de pouvoir mettre en œuvre une thérapeutique ciblée et efficace, il convient tout d'abord, après avoir éliminé la possibilité d'un gros bouchon de cérumen, il convient de différencier surdité de transmission et surdité de perception. Attention, elles peuvent quelques fois être associées.
Qu'entendez-vous donc Dr Schwann, par surdité de transmission ?
On parle de surdité de transmission, lorsque le stimulus sonore, même intense, n'atteint plus l'oreille interne. Le plus souvent en cause, une ostéodystrophie de la capsule labyrinthique appelée otospongiose. Lui est quelques fois associée, tendant à l'aggraver, une autre pathologie, l'otosatisfaction.
Le cas est fréquemment observé lorsque, bunkerisé dans un Palais, le sujet ne perçoit plus ou très mal les stimuli sonores en provenance des Places de la Bastille ou de la Nation. Surtout lorsque le bruit médiatique dominant parle « d'essoufflement ». Notre recommandation dans cette hypothèse est d'augmenter largement le volume sonore de la source.
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Merci Dr Schwann pour ces explications savantes mais très accessibles au profane que nous sommes. Mais si l'augmentation du volume sonore reste sans effet, que préconisez-vous ?
Je pense que dans ce cas-là, il convient de parler de surdité de perception, correspondant à une atteinte de l'oreille interne ou des aires cérébrales auditives. L'origine en est très variable : élyséïte infectieuse, encore appelée élyséacousie ; ototoxicité de certains médicaments ; ou, le plus souvent une maladie professionnelle, la rothschildiose, occasionnée par le séjour prolongé en immersion profonde en milieu bancaire.
Le traitement en est malheureusement beaucoup plus difficile. Quelques fois sans recours. En dehors d'une extraction forcée de l'Élysée et d’un retour à la Banque. Beaucoup s’interrogent, et nous en sommes, sur la possibilité du recours à un tel traitement.
Car, si l’un des arguments de notre Infirme pour se hisser sur le devant de la scène en 2017, était qu’il nous éviterait la violence d’État incarnée par sa rivale préférée, nous sommes nombreux aujourd’hui à penser que dans moindre mal, il y a toujours Mal.
Merci Dr Schwann. Nous voici maintenant mieux armés pour comprendre les ressorts de cette invalidante pathologie. Et surtout de tenter d'y faire face : l'augmentation du volume sonore.