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Toujours tenter, derrière les symptômes, d'identifier la maladie ; derrière les faux-semblants, la réalité (Louis Pasteur).

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Billet de blog 23 août 2014

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Toujours tenter, derrière les symptômes, d'identifier la maladie ; derrière les faux-semblants, la réalité (Louis Pasteur).

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Nicolas Beytout était invité à la réception du Fouquet's, au soir de l'élection présidentielle de 2007. Est-ce une raison

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  (De notre correspondant J. Casanova. Enquête réalisée au 15, rue des Mathurins - Paris 19°, au siège de l'OJD, Office journalistique de diffusion).

          Eh bien non! Je ne suivrai pas, chers lecteurs, et je pense que vous me donnerez raison, je ne suivrai pas Mediapart qui, dans sa dernière enquête, nous révèle, quasi-réprobateur, que l'Opinion, quotidien libéral de Nicolas Beytout, est aussi celui des grandes fortunes. Nicolas Beytout  avait toujours refusé de publier la liste des actionnaires de son journal. Mediapart nous apprend que les deux principaux financeurs en sont Bernard Arnault et Liliane Bettencourt, associés à quelques autres milliardaires.

Je l'ai dit tout net à Edwy, et droit dans les yeux. Quel mal y a-t-il à cela? Et pourquoi cette inquisition? Ainsi nos 67 milliardaires (12 de plus en France qu'en 2013, à en croire l'enquête consacrée à ce sujet par le magazine Challenges) n'auraient pas le droit d'avoir leur propre journal? Certains d'entre vous vont me rétorquer qu'ils sont déjà propriétaires ou actionnaires majeurs de tout ce qui se fait en matière de médias et reprendre la formule un peu facile: "Presse française = marchands d'avions, marchands de canons, marchands de caleçons (LVMH)". Et quand bien même cela serait-il vérifié (reste à le faire), un de plus, un de moins, où est le problème?

         Non vraiment, je sens là pointer l'ostracisme de mauvais aloi. Ont-ils démérité parce que milliardaires? Ont-ils mal acquis ce que tous les envieux jugent excessif? Se dérobent-ils aux obligations fiscales, par l'astuce du Heaven Tax (paradis fiscal)? Ont-ils un mode de vie ostentatoire propre à offenser leurs concitoyens? Ne participent-t-il pas à notre renom à l'étranger, comme philanthropes, mécènes et ambassadeurs de la french touch?

À toutes ces questions qu'il faut d'abord se poser si l'on veut rester honnête et mesuré dans le jugement, vous ne trouverez aucune réponse infamante.

          Allez vous tomber dans le simplisme qui consisterait à voir dans ces fortunes la confiscation de celle d'autrui, celle du plus grand nombre? J'espère que non. Disons les choses comme elles sont: Enfants de la Providence, Oints du Seigneur, Miraculés de cet océan de douleur qu'est la vie sur terre, ils font de leur mieux, réceptacle de la manne céleste, pour en organiser le déversement autour d'eux. Combien d'emplois de gens de maison, majordomes et autres soubrettes? Avez-vous fait le compte? Combien de mains expertes et rétribuées pour la fabrication, pour l'entretien du parc de Rolls-Royce, de Delahaye, de Bugatti dans la cour de leurs hôtels particuliers? Combien d'autres petites mains pour assembler tous ces effets de grande couture? De bras de pêcheurs d'esturgeons pour fournir Petrossian et son épicerie fine, de vignerons pour abonder les caves Taittinger, de charpentiers de marine pour que vogue cette flotte de plaisance?

          Restons en là et coupons court: liberté, liberté chérie de la presse, voilà notre principe! Et Mediapart, pas de commentaires ironiques sur le tirage de ce journal comme un autre: 30 000, dont 3000 en kiosque. C'est déjà beaucoup, quand on songe que nos milliardaires ne sont même pas une centaine. Et peut-être le signe que beaucoup postulent à cet heureux statut. Nos voeux les accompagnent!

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