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Toujours tenter, derrière les symptômes, d'identifier la maladie ; derrière les faux-semblants, la réalité (Louis Pasteur).

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Billet de blog 25 juillet 2014

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Guerre à la finance (suite).

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   (De notre correspondant J.Casanova à Rouen - Seine-Maritime.)

          Chers lecteurs, une information parue il y a quelques jours dans le magazine Challenges a probablement laissé pantois certains d'entre vous : la France compterait, depuis 2013, 12 milliardaires de plus ! Condamnable dérive de bon nombre de mes confrères, et j'en faisais la remarque à Ghislaine, ma consœur, rédactrice en chef de Challenges, cette propension à tronquer l'information : 12 milliardaires de plus, oui, mais à Paris intra-muros, omettant (est-ce involontaire ?) de préciser que ces 12 surnuméraires à Paris, à Neuilly plus précisément, n'étaient que la poignée de survivants ayant pu gagner la capitale au terme d'un véritable exode comparable, certes dans des proportions à relativiser, à celui de Juin 40, dont nos grands-parents gardent encore le souvenir, la France du Nord et de l'Est fuyant ses campagnes et ses villages, sous le feu roulant des Panzers et des Stukas.

          Mais, me dites-vous, que s'est-il donc passé pour que nos philanthropes aient quitté en si  grande hâte et prenant tous les risques, ballets de Rolls-Royce, de Delahaye, de Bugatti et de Jaguar sur les routes, leurs douillettes villas cabourgeoises  ou deauvillaises, leurs coquettes chaumières champenoises, leurs villégiatures des bords de Seine ? Quelle raison à cette fuite, non pas en Égypte, mais à Paris ?

Juin 2014, réplique de Juin 1940 ? 

          Bien sûr, sans mon alerte, petits salariés, cossus pharmaciens ou  dentistes, commerçants aisés, retraités de l'Education Nationale, vous n'en auriez rien su ! 

La guerre à la finance vient de commencer, véritable blitzkrieg. Dans le bruit assourdissant et glaçant des sirènes des StuValls (bombardiers en piqué) pilonnant sans relâche les positions ennemies : réforme fiscale avec tranche à 90 %, loi bancaire de scission des activités de crédit et spéculatives, 5000 fonctionnaires supplémentaires au Trésor Public pour la chasse à l'évasion fiscale, révision des barèmes et des taux de l'ISF... La liste des positions attaquées est impressionnante.

Bref, par tout  une série de manœuvres frontales et d'enveloppement, par la voie des airs et des terribles StuValls et la voie terrestre des Hollandzers, la déroute des maigres troupes de la Finance, mal armées et à l'ardeur vite défaillante, ne tardait pas à survenir.

Terrible spectacle de désolation que celui de ces Rolls-Royce et de ces Bugatti calcinées au bord des routes et dans les fossés, des corps affreusement mutilés de leurs occupants, qui plus est, le plus souvent, simples, consciencieuses et Innocentes gens de maison. A cette vue, le mot d'ordre du généralissime Valls prenait tout son sens : « Pas de quartier ! ».

          Mais, dans le plus extrême des malheurs, éclôt souvent un soupir d'humanité ! Je veux parler ici de l'accueil, à Neuilly, rue Delabordére,  de ces pauvres 12  âmes  ensanglantées et au bord  du désespoir. Non, la solidarité de classe n'est pas un vain mot ! Car l'accueil, le réconfort, non seulement les bonnes paroles, mais aussi le gîte et le couvert qu'elles auraient refusé à quelques guenilleux SDF, nos maîtresses de maison, riveraines de la rue précitée, le prodiguaient de la façon la plus touchante à leurs congénères dans la détresse, réfléchissant déjà, grâce à l'immense réseau de leur classe sociale, la grande bourgeoisie, à la manière, dés demain, de repartir du bon pied.

Tout n'était pas perdu ! Le rayon d'action des StuValls, problème technique ou volonté politique, il est trop tôt pour le dire, ne leur permettaient pas d'atteindre les Îles Anglo-Normandes, paradis du heaven tax et des  hedge-funds. C'était la base de repli qu'avait déjà gagné Pierre Gattaz, dont une radio libre, Radio-Paribas, Radio-Paris Ecoutez la tout-bas, retransmettait, le soir, l'héroïque déclaration : « La Finance a perdu une bataille. Elle n'a pas perdu la guerre. »

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