Menaces sur la biodiversité

Arguant que la baleine bleue n'était pas menacée d'extinction et que sa consommation alimentaire faisait partie depuis des siècles de la culture nipponne…

                               

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        Arguant que la baleine bleue n'était pas menacée d'extinction et que sa consommation alimentaire faisait partie depuis des siècles de la culture nipponne, l'État japonais annonce aujourd'hui son retrait de la Commission baleinière internationale et son intention de reprendre la pêche au légendaire cétacé.

   En Europe, et en France tout particulièrement, autre alerte pour la biodiversité et la préservation des espèces, la décision de l'ONFE (Office National de la Faune Élyséenne) de rajouter à la liste des espèces classées nuisibles, le Ragondin, et tout particulièrement sa variété française, le Macrondin.

 

           Que nos lecteurs les plus récents nous le pardonnent, nous avions salué, fin Décembre 2017, à l'occasion de la présentation de nos vœux pour l'année 2018, salué alors 2018 comme – à l'instar de la Chine et de son année du Chien – 2018, en France, comme l'année du Ragondin.

   Plusieurs associations, comme l'ARF (Association des Riverains de France) avait cependant à cette époque lancée un véritable cri d'alarme quant à la prolifération dans nos campagnes, non pas de féroces soldats mugissant venant égorger dans nos bras nos fils et nos compagnes, mais de ce dangereux et sournois myocastoridé, le Macrondin, dont on commençait à découvrir les méfaits, à savoir la mise à mal systématique des écosystèmes aquatiques et sociaux.

                           

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   Le Macrondin, espèce apparentée au Ragondin, au nom scientifique de Myocastor Rotschildus, encore vulgairement appelé castor des marais ou loutre d'Amérique, connaissait effectivement à cette époque une prolifération exponentielle sur l'ensemble du territoire depuis le Printemps 2017. Creusant des terriers le long des berges, droites ou gauches, de nos cours d'eau et de nos institutions de protection sociale, sa prolifération était rendue responsable de la déstabilisation de ces berges, de leur fragilité grandissante et de leurs menaces conséquentes d'effondrement. Par la quantité de terre rejetée dans le cours des rivières à chaque terrier creusé, Myocastor Rotschildus provoquait l'accélération du comblement des canaux, supprimant par là la notion de rive Droite et de rive Gauche, ces dernières tendant à se confondre. Ceci, au plus grand désarroi du corps électoral et pour le plus grand bonheur des joueurs de bonneteau politico-social.

   Autres effets néfastes de Myocastor Rotschldus, et ceux-ci bien plus graves, effets néfastes toujours dénoncés par l'ARF, la fragilisation des fondations d'ouvrages hydrauliques et sociaux, telles l'Assurance-maladie, la Retraite par répartition et l'indemnisation du chômage, mais encore, reconnaissons le bénin de la chose, la destruction des nids d'oiseaux aquatiques, tels ceux du Héron Solférinien. Grave encore, l'aggravation d'une affection pourtant longtemps vue comme non contagieuse, la milliardiose et sa propagation aujourd'hui à grande vitesse chez l'espèce protégée des Oligarques.

                          

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   Enfin, insistait l'ARF, nous craignons que le Macrondin, à l'aide de ses grandes incisives caractéristiques, puisse se livrer, dès l'arrivée des premiers froids, au grignotage-désindexage du salaire minimum et à l'écorçage des arbres de la Fonction Publique.

   À l'issue de ce réquisitoire implacable et sans recours, l'ARF demandait instamment l'inscription officielle du Macrondin sur la liste des animaux classés nuisibles et l'établissement de plans de lutte collectifs par piégeage, déterrage, voire pose d'appâts empoisonnés, pratiques largement encouragées par les autorités depuis quelques années pour le Rat sarké (Ratus lybio-maggyarus) et la Pie filasse (Pica Marina Blondassa).

 

           L'ONFE (Office National de la Faune Élyséenne) saisi de toutes ces requêtes, auxquelles se joignent aujourd'hui celles particulièrement insistantes d'un collectif nommé Gilets Jaunes, vient de rendre son verdict.

   En application de l'article L 427-8 du Code de la Préservation de l'environnement et de la quiétude publique, le Macrondin est classé espèce nuisible.

                            

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   Les juristes spécialisés en droit animalier ont bien voulu nous indiquer les problématiques découlant de cette décision. Dans l'intérêt de la santé et de la sécurité publique, du pouvoir d'achat et de la justice fiscale, ainsi que de la prévention des dégâts causés aux systèmes de protection sociale, le Macrondin est désormais considéré comme espèce chassable – de ses attributions, ont-ils précisé – chassable et piègeable tout au long de l'année électorale.

                  

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  Charge aux maires dans les différents territoires et les campagnes rurales, mais aussi électorales, de mettre en œuvre des battues administratives sous la direction des lieutenants de louvèterie, officiers institués spécialement pour ce service. Autres modes de destruction autorisés, le déterrage, nom officiel de la destruction des terriers élyséens, s’il le faut à l'aide de furets, ainsi que le piégeage et l'utilisation de répulsifs.

 

          Le drastique de telles mesures a soulevé l'émotion de nombre d'associations attachées à la biodiversité et à la protection animalière, craignant, de même que la disparition de la Baleine bleue dans l'Océan Pacifique, celle du Macrondin du territoire français.

   Une campagne est aujourd'hui lancée pour, sinon dénoncer ce classement nuisible dont le bien-fondé est maintenant devenu grande cause nationale, mais au moins préserver l'espèce dans des sites protégés. Est ainsi à l'étude le projet de cantonnement de Myocastor Rotschildus, le Macrondin, dans la réserve de faune sauvage du domaine de Chambord, aux alentours du château du même nom. Dédié depuis plusieurs siècles à la grandeur royale, le domaine pourrait ainsi connaître une nouvelle destinée, l'accueil et l'acclimatation du Macrondin. À côté du cerf et du sanglier, espèces emblématiques de la forêt de Chambord, le cantonnement de ce nuisible dans ce site privilégié et apte à la reproduction des espèces menacées, tels le rossignol financier et la fauvette bancaire, ce cantonnement permettrait d'éviter les conséquences de sa prolifération sur l'ensemble du territoire.

 

          Personnellement, nous considérons que ce compromis constituerait une issue raisonnable. Le Macrondin toujours vivant, mais mis hors d'état de nuire. Si une campagne de pétitions vous invitait à soutenir cette sage proposition, n'hésitez pas à vous y joindre.

                   

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