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« S'ils en cherchaient, du boulot, ils en trouveraient… ». À cette affirmation vitupérée ou désabusée, vous reconnaitrez tout de suite être à proximité d'un comptoir et de ses quelques piliers. Détrompez-vous, il s'agissait de propos en aparté de notre Premier Ministre Gabriel Attal. Et rajoutant, « Le travail doit toujours mieux payer que l'inactivité ».
De qui avons-nous le droit, et même plus, l'obligation, de surveiller les faits et gestes, allées et venues et occupations ? Surveillance destinée à prévenir leurs mauvais penchants et éviter les récidives des crimes et délits envers la Société dont ils se sont rendus coupables ? Nous avons le droit et l'obligation, et le bracelet électronique comme moyen, de surveiller cette coupable population dont la Justice a tranché que leur liberté serait dorénavant limitée par la Prison, ou sinon surveillée par le Bracelet. Déclaration ferme et martiale, toute attendue, et qui jusque-là ne peut qu'avoir votre assentiment.
Mais là, attention ! « Au fait avéré et identifié par nos enquêteurs (ceux de Pôle-Emploi), à savoir que 20 % des 3 500 000 demandeurs d'emploi, en réalité n'en cherchent pas, près de 700 000 gredins au bas mot. Il nous faut trouver la parade. Demandeurs certes, quoi de plus facile mais également chercheurs, voilà la nécessité, elle n’est pas mince et elle n'est pas remplie. Le bracelet nous y aidera. »
Voilà le discours carré que viennent de tenir nos deux Ministres du Travail et de l'Economie, sous l'injonction de leur chef de file, aux 95 Directeurs Départementaux de Pôle-Emploi, convoqués en séance plénière, la semaine dernière au Ministère du Travail. Et des déclarations, aux actes !
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Sera mise en œuvre, une fois les conditions techniques réunies (approvisionnement en bracelets, installation de postes de télésurveillance dans les agences, embauche et formation des personnels préposés), dans plusieurs sites pilotes, sera mise en œuvre la procédure suivante : après loyale information, installation à la cheville de chaque demandeur par un maréchal-ferrant assermenté d'un bracelet de télésurveillance.
Bracelet de télésurveillance enregistrant par géolocalisation tout déplacement du porteur et en authentifiant la destination : bureaux de Ressources Humaines d'entreprise, foires à l'Emploi, agences d'intérim, etc.
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Appareillage d’une demandeuse. Elégance et discrétion
Pour les démarches de demandeuses dans les salons de coiffure, il sera vérifié qu'elles n'ont pas été l'occasion d'une rapide permanente ou d'un brushing clandestin. Pour celles de demandeurs dans un garage ou une station-service, qu'il ne s'agissait pas d'une vidange ou d'un changement de vis platinées.
A ce jour, chers lecteurs, et moins d'une semaine après le démarrage du dispositif, l'agence Pôle-Emploi de Dijon a tenu en toute transparence à nous faire connaître les résultats de cette pêche au gros, avec déjà deux énormes poissons :
* un ancien technicien de Hoover, âgé de 57 ans, chômeur de longue durée, allocation mensuelle de 400 € en cours de dégressivité, repéré quotidiennement et exclusivement au Resto-Bar-Tabac du 112, avenue de la République, resto-bar n'ayant pas formulé d'offres d'emploi depuis Octobre 2023. L'enquête révélait que l’intéressé s'y rendait, pratiquement de façon addictive depuis au moins six mois, pour y gratter son millionnaire quotidien.
* autre gibier dans nos filets, il fallait s'y attendre dans cette Bourgogne de la gastronomie et des bons vins, un ancien cadre supérieur de 45 ans, au sixième mois d'une rupture conventionnelle, laquelle lui ouvrait droit à la coquette indemnité de 300 000 € et au bénéfice mensuel d'une allocation chômage de 6000 €. Repéré lui, non dans un resto-bar-tabac, mais au Golf Hôtel 5* du Château Chailly, où les jeunes caddies interrogés attestaient de son quasi princier train de vie, ne reculant jamais devant vins fins et fastueux pourboires.
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Le Golf Hôtel de Château-Chailly en Bourgogne
Insouciant et optimiste qu'il était, à la veille de prendre la tête de l'externalisation offshore, en Inde, du secteur informatique de son ancienne entreprise spécialisée en éclairage médical. De là, chers lecteurs, à inférer le caractère frauduleux de cette rupture conventionnelle, il n'y a qu'un pas. Ne le franchissez pas trop vite !
Il nous étonnerait fort que de tels exemples alimentent dans le sens voulu les présupposés de la saine démarche du Ministre : des emplois il y en a ; à vous de les saisir, bande d'assistés. Beaucoup de cafouillages sont à craindre et des révélations plus gênantes que convaincantes. Jusqu'à l'idée « tout ça pour ça » et que, en matière d'emploi, la seule conséquence heureuse ait été la cinquantaine d'embauches de télésurveillants.
Sans parler de la perception par la partie la plus sensée de la population, la plupart d'entre vous en font malgré tout partie, que 20 % qui ne cherchent pas et ne trouvent pas, cela veut dire que 80 % cherchent sans en trouver.
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