Dystocie et souffrance fœtale

Opposée à l'eutocie, la dystocie...

(Maternité de la Polyclinique de l’Élysée – 55, Avenue du faubourg Saint-Honoré – Paris 7°)

                        

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          Opposée à l’eutocie, la dystocie (du grec, dys, difficile, et tokos, accouchement) désigne la difficulté, souvent d’origine mécanique, au bon déroulement de l’accouchement.

   Toujours source d’impatience et d’angoisse pour l’entourage, trivialement exprimée par la peu amène formule « Tu accouches, oui ou merde ! », la dystocie, même quand parvient enfin la délivrance pour la malheureuse parturiente, peut avoir comme conséquence la souffrance fœtale et la venue au monde d’un enfant malformé.

   C’est précisément le cas aujourd’hui.

                            

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          Socrate, dont la mère, Phénarète, était sage- femme, désignait par le mot de maïeutique « l’art de faire accoucher les esprits ». Le terme est resté pour parler de l’art de l’accouchement en général et de la profession de maïeuticien et maïeuticienne, terme savant du métier de sage-femme.

  Les maïeuticiens nous expliquent que la dystocie peut être liée au fœtus lui-même, ou à la parturiente, la maman. Fœtus trop volumineux ou, dont la présentation à l’entrée du bassin maternel, se fait de manière non adaptée, transverse, par les épaules ou par le siège, entravant ainsi sa descente normale et la poursuite de l’accouchement.

   Le plus souvent cependant, et c’est le cas qui nous occupe aujourd’hui, après la naissance du petit malformé lors de la Conférence de Presse de la Maternité de l’Élysée, la dystocie est d’origine maternelle, dystocie dite osseuse, liée à un bassin trop étroit.

                               

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           D’une grossesse mal surveillée, dont la durée de trois mois (durée habituelle d’un Grand Débat) avait laissé penser qu’elle serait menée à terme dans de bonnes conditions, dispensée pour cela d’une pelvimétrie, cet examen radiographique permettant la mensuration du bassin maternel, nous en arrivons aujourd’hui à la naissance d’un petit malformé, conséquence de la souffrance fœtale par manque d’oxygénation, coincé de trop longues journées dans l’étroit cadre osseux maternel. Son prénom avait pourtant déjà été choisi par la jeune maman pleine d’optimisme : ce serait Waouh.

   Les accusations n’ont pas manqué concernant le très imparfait suivi obstétrical de la grossesse, confié de façon imprudente à deux  doulas, du nom de Rothschilda et Médeva dont les assurances quant au « tout se passera bien » sont aujourd’hui cruellement  démenties.

                               

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 (Une doula– du grec ancien doula, qui signifie servante – est une praticienne apportant soutien et accompagnement moral et pratique à une femme enceinte durant la grossesse et l’accouchement.)

   Sans formation médicale et, c’est le cas tout particulièrement  de Rothschilda, aveuglée par des préjugés de classe – évidemment, pas de classe maternelle – les deux doulas se sont retrouvées totalement démunies devant cette dystocie, dont tous les spécialistes disent aujourd’hui que le seul traitement efficace aurait été une césarienne jaune réalisée en temps voulu.

 

           Conséquences dramatiques : un nouveau-né informe ou mal formé – nous hésitons entre ces deux désignations – sans queue ni tête, aux traits du visage lourdement imprécis, aux gestes stéréotypés et contradictoires, balbutiant des propos incohérents, ISF non, CSG oui, je ne sais plus, rouge, jaune, j’ai peur, à propos duquel tous les commentateurs en néonatologie ont interrogé : « Il est où le waouh ? »

 (La langue française étant relativement pauvre pour exprimer simultanément surprise et admiration, les communicants présidentiels, pardon, nous voulions dire maternels, avaient annoncé un « effet waouh», cette joyeuse onomatopée anglo-saxonne qui résume si bien ces deux états d’esprit. On frise le ridiculing.)

  À la doula Rothschilda, peu déconfite et réclamant une autre grossesse, comprenez par là un autre Grand Débat, de nombreux spécialistes obstétriciens ont opposé de façon péremptoire : « Arrêtons là les frais et les dégâts. Il serait temps de songer à une contraception sérieuse. Par exemple, une ligature de tromperie. »

                                  

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