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Toujours tenter, derrière les symptômes, d'identifier la maladie ; derrière les faux-semblants, la réalité (Louis Pasteur).

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Billet de blog 30 septembre 2014

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. (De notre envoyé spécial J.Casanova à Aurigny, bailliage de Guernesey - Îles Anglo-Normandes - 30 Septembre 2014)

                 Cri d'alarme des associations humanitaires et caritatives internationales Heaven Taxes for Happy Few (HTHF), Sauvons les Riches et  I don't want to Pay Any More Taxes (IWPAMT)!

Alors que l'attention médiatique est focalisée sur la Méditerranée et les abords de Lampedusa avec le naufrage de migrants clandestins en provenance du Sahel et de l'Afrique Noire, migrants que rien n'obligeait pourtant à ce dangereux voyage, si ce n'est fuir la guerre ou la misère, d'autres drames se jouent, tout aussi consternants et à proximité de nos côtes, atlantiques celle-là, mais dans l'indifférence la plus totale.

          Sur des embarcations de fortune, quel autre qualificatif pour mieux désigner ces coques de noix, des dizaines d'exilés fiscaux et leur famille, tentent toutes les nuits et ceci depuis plus de deux ans, au départ de petits ports normands, Granville, Portbail ou Diélette, de gagner Jersey ou Guernesey, pour y déposer en lieu sûr les pactoles, dividendes, stock-options, golden hellos ou golden parachutes, retraites-chapeau, en bref tout le produit d'une vie de rapaces et de loups-cerviers, que leur dépôt dans les banques françaises ne pouvait plus garantir contre la folie prédatrice de l'Etat Fiscal. Ceci depuis que l'homme élu à la tête de l'État avait déclaré la finance comme son ennemie.

          Dans cet étroit chenal de la Manche, encombré d'îlets et de récifs, aux courants violents, surtout en période de forte marée, c'est, de l´avis de tous les marins expérimentés, courir les plus grands dangers que de vouloir prendre la mer nuitemment. Surtout quand, à la violence météorologique, se surajoute l'agressivité criminelle des gardes-côtes de la Douane et de la Marine Nationale n'hésitant jamais à ouvrir le feu sans sommations. C'est, du moins ce qu´ont prétendu les commandants interrogés par moi-même, l'instruction formelle qu'ils avaient reçue du Ministère de l'Économie.

Seuls témoins du désastre aujourd'hui, au petit matin, les corps sans vie rejetés par la mer sur les petites criques de Jersey et Guernesey. Qui étaient-elles ces jeunes femmes, ces douairières vieillissantes encore en robe du soir, qui étaient-ils ces vieux messieurs, étui de cigares en or dans les poches intérieures de leur frac ou de  leur smoking, tous indices d'une fuite précipitée et souvent mal préparée? Quelle inconscience, ces  frêles esquifs imprudemment surchargés de lingots, à la ligne de flottaison la plus périlleuse et embarquant à la moindre houle de dangereux paquets de mer, et retrouvés fracassés sur les étocs et les récifs granitiques.

Ô flots, que vous savez de lugubres histoires! Chers lecteurs, permettez-moi en épilogue de poursuivre avec les premiers mots d'Oceano Nox (Victor Hugo): 

         "Oh! Combien de marins, combien de capitaines (jusque-là fortunés et aimés des dieux)

         qui sont partis joyeux pour des courses lointaines, (secrètement et sans avoir dit adieu)

         dans ce morne horizon se sont évanouis!

         Combien ont disparu, dure et triste fortune!

        Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,

        Sous l'aveugle océan à jamais enfouis!

        Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues!

        Vous roulez à travers les sombres étendues,

        Heurtant de vos fronts mort des écueils inconnus..."

          Vous me connaissez, chers lecteurs, maniant souvent la parabole! Revenons à la Méditerranée. Ces pauvres têtes perdues heurtant de leur front mort des écueils inconnus ne sont pas celles des enfants de Neuilly, Auteuil où Passy, ce sont celles des enfants morts aux portes de l'Europe, morts par noyade, de faim ou de froid, cherchant à fuir la guerre ou la misère en Afrique ou au Moyen-Orient. Guerre que l'Europe y a souvent déclenchée, misère qu'elle a souvent entretenue ou ignorée. Depuis Janvier 2014, plus de 3000 ont péri selon le rapport d'Amnesty International! La Méditerranée transformée en cimetière pour migrants, c'est aussi le résultat de certaines politiques.

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