Blues dans un monde de brutes. Un parrain s'en va

Le blues est une musique vocale instrumentale dérivée des chants de travail des esclaves afro-américains…

                                    

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        Le blues est une musique vocale instrumentale dérivée des chants de travail des esclaves afro-américains, où l'interprète exprime sa tristesse, sa mélancolie. De ce terme provient d'expression « avoir le blues », d'où serait dérivée la plus française « avoir des bleus à l'âme », être mélancolique, éprouver une tristesse un peu floue.

 

          Quittons un instant les champs de coton et les routes en construction des esclaves noirs afro-américains, mais restons dans le blues. Celui qui, de Moscou à Manille, de Pyongyang à Riyad et Tel-Aviv, étreint aujourd'hui nombre de dirigeants, à la veille toute prochaine et probable de la perte de, plus que de l'un des leurs, d'un parrain, Donald Trump, donné sur le départ.

                                

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  Quatre ans viennent de s'écouler où les mots de Droits de l'Homme et Démocratie Libérale avaient perdu leur prééminence dans la doxa moralisatrice internationale, cédant le pas en tout à l'égoïsme (« America first »), au rapport de force brutal, au nationalisme dans sa conception la plus vulgaire et la plus étriquée.

  Une philosophie de la jungle où sont bradés tout multilatéralisme, esprit de compromis et conviction que l'on partage tous, sinon la même maison, du moins la même planète, témoin le retrait de l'Accord sur le Climat pourtant laborieusement négocié à l'échelle internationale de longues années durant.

                                           

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          L'Internationale trumpiste et son monde de brutes perd son fondateur. Son esprit perdurera-t-il ?

 S’en remettront-ils ? Xi, Poutine, Erdogan, Bolsonaro et tant d'autres, sans porter le deuil, auront malgré tout un petit serrement au cœur : Donald Trump, celui qui a abaissé la stature moralisatrice à visée hégémonique des États-Unis, Donald Trump s'en va.

  Deux parmi eux, au Moyen-Orient, tenterons de pérenniser la nouvelle donne. Benyamin Nétanyahou, non pas récupérateur, puisqu'il n'a jamais été légalement en sa possession, mais accapareur de la Cisjordanie occupée ; et Mohamed Ben Salman, l'allié saoudien, l'homme fort du wahhabisme, cette idéologie politico-religieuse aux origines de la nébuleuse terroriste, dont la France est aujourd’hui la cible principale.

  In cauda venenum (dans la queue, le venin). L’expression s’utilise en clôture d’un texte débutant de façon anodine, ce qui relâche le lecteur, et finissant soudainement sur un ton tranchant et accusateur.

  Pour ce dernier toutefois, Mohamed Ben Salman, un réconfort. Donald parti, il n'est pas abandonné pour autant.

                                       

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