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Billet de blog 30 nov. 2018

Vers une interdiction de la fessée

C'est bien connu, « qui aime bien, châtie bien ». Mais il n'empêche.

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           C'est bien connu, « qui aime bien, châtie bien ». Mais il n'empêche. Fessée, claque et autres châtiments corporels, la question se pose, faut-il interdire ?

   La question fait aujourd'hui longuement débat à l'Assemblée Nationale, entre les opposants aux « violences éducatives ordinaires » à l'encontre des enfants – qu'ils soient ou non résidents à la maison – ainsi qu'à l'encontre des présidents, face à ceux qui, au contraire, verraient dans cette interdiction une atteinte à la liberté des parents ou des citoyens, ils sont quelquefois les deux à la fois.

   Les faits sont réels et bien tangibles. Ainsi aujourd'hui, selon la Fondation pour l'Enfance, 84 % des parents français ont recours à ce qu'il convient d'appeler des violences éducatives, disons-le simplement, à la fessée. Toujours au même prétexte, l'éducation, ils sont exactement dans la même proportion, 84 %, ceux qui soutiennent le mouvement des Gilets Jaunes et la fessée qu'il constitue pour notre jeune Président.

           Fessées, claques et autres formes de punition physique, sont-elles néfastes à l'épanouissement physique et psychologique des enfants, et par extension, à l'autorité d'un président ?

   Plutôt qu'examiner les points de vue divers et pas toujours dénués d'arrière-pensées du législateur, fidèle à notre démarche, celle de toujours s'entourer des avis les plus éclairés, nous avons posé la question à la bien connue pédopsychiatre, la regrettée Françoise Volto.

           Bonjour Françoise Volto, la chose est encore en débat aujourd'hui et non définitivement tranchée. Claques, fessées, faut-il désormais les bannir ? Peuvent-elles être nocives au développement de l'enfant ?

   Dans l'idéal, ma réponse ne peut être que oui. Surtout vis-à-vis des enfants. Et même si tout individu est toujours un grand enfant, je ne serais pas aussi tranchée concernant les présidents. Le vrai travail éducatif et citoyen serait plutôt de leur expliquer pourquoi il faut éviter d'en arriver à la nécessité d'une punition. Et pourquoi il convient de ne pas recommencer.

           Plus particulièrement, Françoise Volto, que pensez-vous de la claque, non pas celle de l'applaudissement ou de l'ovation dont certains présidents ont pu aller jusqu'à prendre le goût, non, nous parlons de la claque qui part instantanément, la gifle, celle qui ne présuppose pas le caractère prémédité du déculottage préalable à toute fessée.

 À l'égard de la claque, je serai tout aussi réprobatrice. Portée au visage, la claque est extrêmement violente et traumatisante, même administrée avec un gilet jaune. L'enfant ou le président, c'est selon, ne va pas pour autant s'arrêter de faire des bêtises. Tout au plus, il sera plus craintif, va devenir cachottier et commencer à mentir, par exemple en promettant des aides aux plus démunis, ou parler de mieux respirer à la Saint-Glinglin. Nous serons bien avancés.

           Quittons le registre de la punition physique. Qu'en est-il donc, Françoise Volto, des punitions comme celle qui consiste à mettre l'enfant au coin ou à l'envoyer dans sa chambre ; pour un président encore, le consigner dans son palais, avec interdiction d'en sortir, y compris sur les Champs-Élysées ?

   Il n'y a pas ici de violence, et c'est déjà un progrès. Mais honnêtement, pensez-vous que le petit puni, qu'il s'appelle ou non Emmanuel, va rester le temps imposé dans sa chambre à réfléchir à sa bêtise et à se demander pourquoi il ne faudra plus la refaire. Ceci d'autant plus que, même enfermé, il continuera probablement à recevoir par des moyens détournés des encouragements à ses conduites nuisibles et délictueuses, comme celle d'avoir cassé l'ISF.

          Françoise Volto, dans l'univers freudien, on parle beaucoup de la recherche de la punition chez les petits présidents, même chez ceux à peine âgés de un an et demi. Qu'en est-il exactement  ?

   Non, ne vous méprenez pas. Déjà à cet âge, un an et demi c'est très précoce, l'enfant ou le président cherche, plutôt que la punition, les « limites ». Les limites de sa capacité de nuisance. Il fait des bêtises parce qu'il a besoin d'être encadré, de savoir jusqu'où il peut aller. Ainsi, une grande manifestation, nous parlons de celle du 1er Décembre, pourrait constituer un signal fort quant à ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas.

   Après ce genre d'explication, peut enfin venir l'heure de la punition, comme la privation d'un jouet pour l'enfant, le devoir de réparer ce qu'il a cassé pour un président, par exemple restaurer l’ISF et arrêter de déglinguer la CSG.

   En conclusion, punition oui, mais retenez-le bien, la fessée non. Elle peut-être le premier pas vers la maltraitance. Et il ne faut jamais en arriver là. 

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