Pourquoi le pourrissement ?

                                           

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          Un éditorialiste l'énonce avec lucidité : « Pouvoir filmer la police est un garde-fou démocratique. Celui de la possibilité de documenter l'exercice de la violence par l'exécutif, tout légitime qu'il soit dans un État de droit. L'interdire – mesure caractéristiques d'un régime illibéral ou autoritaire – est d'autant plus inadmissible que cette preuve est souvent essentielle à la démonstration de la vérité ».

  Nous nous posons donc la question. En s'entêtant à ne rien lâcher, de manœuvres dilatoires en manœuvres dilatoires comme confier à un ancien ministre de l’Intérieur le soin de la rédaction d’un article écrit par l’actuel ministre, le sommet du pouvoir fait donc sienne la stratégie du pourrissement. Pourquoi ? Et ceci, à une échéance de près de 18 mois capitale pour lui, celle du retour devant les urnes et de la question ou non de son maintien aux affaires. Le pourrissement sera-t-il payant ?

  Un calcul politique hasardeux, mais qui a sa cohérence. Réfléchissons-y et hasardons une hypothèse. Tentons un parallèle canin.

                                 

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         Lorsque trois clébards en maraude se flairent mutuellement le cul, plus que pour manifester leur connivence, c'est souvent, au moins pour l'un d'entre eux, se demander comment s'approprier la pitance dévolue aux deux autres.

                                 

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  Alors que démonstration est faite par le décompte à l'Assemblée nationale des voix d'approbation à l'article 24, démonstration que la pitance est appréciée de nos trois canidés – consultez bien le tableau ci-dessus – la pâtée serait pourtant plus alléchante pour un partage à deux.

  Par pâtée, nous voulons parler du potentiel électoral soutenant ces thèmes majeurs que sont l'autoritarisme et la répression.

                             

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          À 18 mois de Mai 2022, la Droite républicaine traditionnelle, aujourd'hui encore représenté sous l'étiquette LR, se voit confrontée à son destin inéluctable : la fragmentation entre deux pôles aimants, RN et LRM.

  Jouer aujourd'hui le pourrissement, c'est travailler sur la durée à la poursuite de cette fragmentation, dont l'issue ne pourra être que le renforcement, qui en tirera le mieux profit, des deux têtes d'affiche annoncées au soir du premier tour, RN et LRM. Donnons-leur un nom, Macron et Le Pen.

 

          Nous conclurons, souhaitant éviter le reproche du sentencieux. La dictature se caractérise, plus que par la visibilité de sa violence, au contraire par le fait qu'on ne voit celle-ci nulle part.

  La force de la Loi, lorsqu'elle est démocratique, ne craint le regard de personne. Ni celui des citoyens, ni celui de la presse. Craindre ce regard, c'est avouer qu'elle et ceux qui l'énoncent sont illégitimes.

                                

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