Une réforme déformante

On peut dire qu'elle était attendue, celle-là ! Depuis la reforme du collège de Najat, toutes les spéculations allaient bon train. A quoi ressemblerait le nouveau lycée ? On est pas déçu !

On peut dire qu'elle était attendue, celle-là ! Depuis la reforme du collège de Najat, toutes les spéculations allaient bon train. A quoi ressemblerait le nouveau lycée ? On est pas déçu !

C'est curieux. Depuis que je suis en âge de comprendre la politique, les changements ne vont jamais dans le bon sens.

Plutôt que de donner un énième avis sur cette réforme. Je voulais partager quelques interrogations.

Pour commencer, étant donné que les programmes de terminale et que les épreuves de l'an prochain ne sont pas parues à quoi préparons-nous nos élèves ?

Si les spécialités sont évaluées en avril, les élèves vont-ils continuer à travailler jusqu'en juin ? Et dans l'hypothèse où ils le ferait, vont-ils également continuer à s'investir dans une spécialité qu'ils abandonneront de toute façon en terminale ?

Si les notes du tronc commun ne comptent que pour 30%, les élèves vont-ils s'investir réellement ? Surtout l'année de terminale ?

En classe de terminale, si les notes du tronc commun ne comptent que jusqu'au mois de janvier, que fait-on des élèves après ?

Si l'enseignement de spécialité s'arrête en avril, est-on obligé de finir le programme ?

Sachant que l'enseignement du tronc commun ne prend que 16 heures hebdomadaire et qu'il n'y a que là, que les élèves sont en classe entière, que le ministère interdit de faire des regroupements par spécialité, comment organiser les conseils de classe ?

Si le grand oral ne porte que sur les deux spécialités, comment le prépare-t-on ? Sur les heures de spécialités après les épreuves d'avril ? Sur des heures d'AP non dotées ? Et dans ce cas est-on toujours obligé de finir le programme ?

Normalement, quand je prépare une séquence pour mes élèves (c'est un cours : pour les non-initiés), au-delà de deux questions, je mets tout à la poubelle et je recommence. Idem pour mes élèves, quand je dépasse deux, voire trois questions sur un exercice, c'est qu'il n'est pas bon.

On peut donc légitimement penser que cette réforme sent l’impréparation et l'incompétence à plein nez. L'année prochaine, nous allons bosser comme des dingues et au printemps, comme les oiseaux migrateurs, les inspecteurs vont sortir pour aller à la pèche au travaux et les proposer sur les sites académiques.

Préparez les anti-dépresseurs et les arrêts maladies !

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