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Billet de blog 20 mai 2022

Analyse d'un passage à l'acte : l’extrême droite, son idéologie et ses terroristes

Bis repetita, un nouveau bain de sang pour sauver la race blanche. Payton Gendron, 18 ans, états-unien, néo-nazi, antisémite, raciste, angoissé du « remplacement » de la population blanche par les « non-blancs », qu’il juge comme un péril mortel pour l’Occident. Tentons, modestement, de comprendre la généalogie de leurs pensées.

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King Con Theorie

Les faits sont déjà connus de tous, un jeune homme d’extrême droite tue dix personnes, il publie un manifeste en amont de l’acte, détaillant ses motivations, l’idéologie qui le pousse à agir – la riposte contre le « remplacement racial et culturel de l’Europe » et l’avènement de « l’écofascisme » – mais aussi la planification méthodique de la tuerie future, la fusillade fut diffusée en direct sur Twitch, le mot « nègre » et le chiffre « 14 » étaient présents sur son arme,  en référence à une maxime néonazie, connue des cercles suprématistes blancs.

Ledit manifeste est facilement trouvable pour qui sait bien chercher, indigeste au possible, dans le fond et sur la forme ; on y trouve 107 occurrences de « Jew(s) », 97 pour « Black(s), vous comprenez qu'il ne fait pas leur éloge ». Il y raconte comment il est arrivé sur 4chan, /pol/ en particulier, réputé être une déchetterie à ciel ouvert, sans modération, dans tous les sens du terme, ou les pires choses se disent et se

« Three Prize Pigs » (Trois cochons de compétition) © John Vine

partagent, Payton est un héros là-bas, tout comme Anders Breivik et Brenton Tarrant, le premier tua 77 personnes en Norvège, 69 d’entre eux étaient membres du parti travailliste norvégien, équivalent du PS français ; le second massacra 51 musulmans dans une mosquée néo-zélandaise, en direct sur Facebook; les trois ont un point commun puisqu’ils souhaitent, par leur acte, alerter sur le danger du « grand remplacement ». 

Le grand remplacement se rapporte donc au processus de disparition d’un peuple A au profit d’un peuple B, ou B (avec une aide extérieure connue ou non de B) remplace A, cela nécessite donc de réunir plusieurs conditions : 

  • Les deux peuples doivent disposer d’une certaine hétérogénéité vis-à-vis de l’autre, une structure hiérarchique.
  • Le peuple qui remplace doit s’organiser de manière consciente pour réaliser la manœuvre, ou bien il doit être aidé.
  • Les chiffres doivent le refléter : le solde migratoire est trop marginal pour être considéré ; la part de la population immigrée (un immigré est une personne née étrangère à l’étranger et résidant en France) dans la population totale a augmenté de 4.6 points entre 1926 et 2021, selon l’INSEE, pour ce qui est de la population étrangère (personne qui réside en France et ne possède pas la nationalité française) elle a augmenté de 1.7 point entre 1926 et 2021, les deux populations représentent 8 millions de personnes en France, en 2021 ; si on devait étendre les projections en se calquant sur cette évolution, il faudrait 2000 ans pour remplacer en totalité la population dite « de souche ».

En définitive, ceux qui croient en cette « théorie » vivent dans un triple déni, ils se pensent radicalement différents et supérieurs de ceux qu’ils ne jugent pas comme appartenant à la communauté nationale, ils croient en une conscience collective du groupe ennemi – ou bien ils accusent une élite qui aiderait au remplacement – vers le remplacement et souhaitent que les chiffres leur donnent raison (ce qu’ils ne font pas) afin de flatter leur grande intelligence et leur grande lucidité (sentiment de supériorité, ils comprennent ce que la masse ne peut même pas percevoir), tout en n’y comprenant rien et peut être même en n’ayant aucune conscience de l’action des structures sur les individus, à long terme, sur plusieurs générations, celles-ci sont, au sens propre du terme, surpuissantes.   

Le wokisme est un humanisme 

On arrive finalement à un postulat clair, l’extrême droite tue, les auteurs justifient ces actes par les idées véhiculées dans ce champ politique, y’a-t-il une once de tentative de réforme idéologique ? Absolument pas, ils continuent à vilipender la culture « woke », l’islamisation,

Manifestation du collectif féministe Nous Toutes le 20 novembre 2021 à Paris © Alain Jocard/ AFP

l’islamogauchisme, le marxisme culturel outre-Atlantique, pour mettre sous le tapis – de prière – les atrocités commises par l’inertie des idées qu’ils véhiculent.   Pourquoi les wokes ne tuent-ils pas – comprendre commettre un attentat destiné à tuer – ? On peut dresser une simple esquisse des phénomènes de violence et d'absence de violence dans le champ politique :

  • Le wokisme, par sa généalogie, n'entend pas une révolution armée ou violente, mais une réforme des institutions et des structures, contrairement à d’autres courants à gauche qui le précède 
  • Il n'y a pas de culte de la force au sein du wokisme, ou alors dans des segments marginaux, c'est plutôt même le contraire, la critique de la force et du pouvoir y est cardinale. 
  • Une aversion pour les armes à feu, est, je crois, assez répandue, il faudrait analyser clivage par clivage, mais je crois que le rapport à l'État est déterminant dans ce comportement, ceux qui ont confiance dans l'État ne jugent pas utile de porter une arme pour se défendre de ce dernier, les autres, le craignant, en portent une, c'est évidemment surtout vrai aux États-Unis ; l'arme à feu à une connotation tout à fait singulière en France, elle représente le survivaliste dans la torpeur de l'effondrement, la petite bourgeoisie rurale qui chasse à tout va, l'ancien militaire. 
  • N’importe qui peut devenir woke, c’est une identité en construction, contrairement aux catégories raciales que l’extrême droite utilise, un noir ne sera jamais blanc, ils ne peuvent pas le changer. Ceux qui ont compris cette impasse rhétorique parlent donc plutôt de culture, dans laquelle ils mettent tout et n’importe quoi pour sortir de la hiérarchisation raciale et partir dans la hiérarchisation culturelle (eux qui s’abreuvent de culture nord-américaine et asiatique soit dit en passant) c’est pour ça qu’on peut continuer à les définir comme racistes, ou xénophobes. 
  • Le wokiste français est un patriote, un plus grand patriote que les nationalistes eux-mêmes, il continue à faire vivre le mouvement qui, est désormais fréquemment associé aux nord-américains, mais dont l’origine est premièrement française, par le post-structuralisme, ou post-modernisme, et les pensées de Foucault, Deleuze, Guattari, Baudrillard et bien d’autres, le patriotisme c’est aussi s’émerveiller de la puissance intellectuelle française. 

La folie meurtrière ne se retrouve donc qu’à l’extrême droite ; l’argument des « déséquilibrés » ne tient pas, la racine des actes est l’idéologie propagée – si le grand remplacement n’était pas utilisé pour angoisser les petits blancs, rien de tout ça n’aurait eu lieu –, une idéologie xénophobe et antiprogressiste (acquisition de nouveaux droits) pour faire court et ratisser très large. Aucun terroriste woke, que des terroristes d’extrême droite, si on devait admettre que ces personnes sont des déséquilibrés, on devrait trouver des terroristes dans les deux camps, statistiquement, mais il n’en est rien, la nature des idées, par leur constitution protofasciste, mène ultimement à la violence, puisqu’il s’agit de sauver sa chair (la race blanche), si celle-ci n’est pas sauvée par le vote, ils voudront la sauver par les armes.

Si on devait venir m’objecter que le terrorisme islamiste existe, je dirais qu’il est le fait de fondamentalistes, ces gens qui pensent que les Écritures doivent être appliquées et respectées à la lettre, un mouvement dialectique peut cependant exister à l’intérieur d’une religion, certains veulent se concentrer sur la foi, la praxis, le mysticisme, cela amène à créer de nouvelles écoles dogmatiques, d’autres apportent des lectures plus libérales des Écritures, le Coran disposant de versets abrogés et abrogeant, qui furent écrits dans des séquences historiques précises, donc dans un contexte particulier. Le terrorisme engendré par "l'islam politique" est rendu possible par une lecture fondamentaliste du Coran, qui est donc une des interprétations possibles du livre ; son succès est le résultat de l’ingérence occidentale – et son financement direct par l’Occident – dans les affaires arabes au Moyen-Orient, la colonisation en est un autre facteur, il n’y a pas d’évidence ou de naturalité du terrorisme musulman ou arabe, celui-ci est le résultat d’une conjoncture politique – tout comme le terrorisme d’extrême droite occidental – que des dirigeants politiques instrumentalisent pour obtenir ou conserver le pouvoir politique. 

L’extrême droite ressent un maladif sentiment d’infériorité intellectuel, par cela je veux dire : qui peut mobiliser de la sociologie d’extrême droite ? Qui peut mobiliser de la philosophie d’extrême droite ? Qui peut mobiliser de l’économie politique d’extrême droite ? Rien ni personne puisque l’extrême droite n’existe pas académiquement, mort clinique stricte et radicale, si avancée d’ailleurs, que Zemmour est considéré comme un « intellectuel », Zemmour intellectuel, imaginez., Maurras et Barrès à la rigueur d’accord, mais Zemmour, franchement… C’est pertinemment pour cela qu’ils s’obstinent à nier la réalité, par cette négation, ils forgent une réalité alternative qu’ils souhaitent substituer à la réalité tangible, leurs théories ne tenant que dans ces cadres. La gauche quant à elle, par sa critique de la société et des structures qui la sous-tend, entend transformer ces dernières dans un objectif de justice sociale, elle est contre le statuquo ; la droite classique s’oppose à la gauche par sa réfutation de la critique du statuquo, elle ne veut pas remettre en cause les structures en place.  

Nietzsche nous offre quelques éléments de réponse aux paniques morales qui pullulent dans les milieux conservateurs, lui se posait spécifiquement en un critique radical de la morale chrétienne, qu’il jugeait être la pire des décadences que l’humanité ait supportées, la morale des conservateurs et réactionnaires d’aujourd’hui, est, si vous avez quelques notions d’histoire, une continuité de cette morale chrétienne, transformée depuis, évidemment, mais elle en garde des caractéristiques manifestes, la pire étant l’essentialisme. Le ressentiment est une valeur centrale chez eux, ils sont dans le non systématique, tel groupe ne peut pas réclamer une existence politique parce que nous le jugeons illégitime : le féminisme connait cela, les mouvements antiracistes connaissent cela, les mouvements LGBT connaissent cela – je cite les moins marginaux et donc les plus connus de tous –  je ne parlais que d’existence politique, mais on pourrait juste dire existence au sens premier du terme, un conservateur souhaite-t-il que les féministes existent ? Non, un conservateur souhaite-t-il que les antiracistes et les LGBT existent ? Non, et pourquoi précisément ? Précisément parce que ceux-ci expriment une volonté de puissance, que les réactionnaires vomissent, ils vomissent l’affirmation et l’expression de la puissance des autres ; le réactionnaire est dans la réaction à la constitution d’une volonté de puissance chez un individu ou un groupe, dont la cause première est les valeurs auxquelles il croit, ainsi qu’à leur hiérarchie. 

Pour en revenir sur la notion de force en politique, – plus globalement dans le champ social – usée et abusée par les spécimens dont il est question, celle-ci est dérivée du retour aux valeurs traditionnelles, notamment la masculinité, qui constituerait un ordre social naturel ou la femme occupe un rôle subalterne à l'intérieur de la cité (en aparté, voici un extrait d’un article de Médiapart sur Eric Zemmour (l’intellectuel), qui démontre ce que la masculinité fait de plus dégueulasse (la misogynie) : « Dans Le Suicide français (Albin Michel, 2014), il estime que « le besoin des hommes » est « de dominer pour se rassurer sexuellement » et celui des femmes est « d’admirer pour se donner sans honte », de « réclamer la protection de son mari ». Ou que les « pères » « contenaient les pulsions consommatrices » des femmes avant que « la propagande consumériste [ne] mine la culture traditionnelle du patriarcat »), je reviendrai plus tard sur ce point, aujourd'hui, cet ordre n'existe plus que dans quelques esprits, dont je me persuade que l'état physique avancé mènera bientôt à la ruine. La question de la masculinité est d'une centralité extraordinaire, l'action politique et sociale féministe a créé une "crise" de la masculinité – dans le sens d'une rupture avec son acception antérieure –, c'est indéniable, les hommes ont perdu l'hégémonie dans le champ politique, les femmes ont gagné des droits émancipateurs : le droit à l'avortement, le divorce, la libération sexuelle, avec tout ça, elles gagnent l'indépendance sociale et politique, c'est la tabula rasa dans toute la société, les femmes s'offrent un destin décorrélé d'un pacte forcé avec le patriarcat, elles réforment dans des dimensions cataclysmiques la masculinité, d'autant qu'elles commencent à vouloir la posséder, – les structures étant conservées de manière presque intactes, il faut s'en saisir pour pouvoir oser acquérir le pouvoir politique –  la masculinité, n'étant plus chasse gardée des hommes, fait donc aussi l'objet d'une réforme intermasculine ; la métrosexualité étant l'un des exemples les plus probants de réforme puissante de la masculinité, on y voit là la première étape d'une fluidification des normes genrées, étape timide, entendez-moi bien, mais étape quand même, et celle-ci est un pas bien clair vers une fusion de la masculinité et de la féminité. Cette phrase de Despentes dans King Kong Théorie résume assez bien l'attitude du patriarcat vis-à-vis de la dépossession de sa virilité : « Plus un type manque de qualités viriles, plus il est vigilant sur ce que font les femmes. Et, à l'inverse, plus un bonhomme a d'assurance, mieux il supporte la diversité d'attitudes chez les filles, et leur masculinité. »   

Confessions d’une angoisse 

« The Anguished Man » © Auteur inconnu

Soyons plus incisifs, leur idéologie, c’est avant tout l’intolérance et c’est précisément pour cela qu’ils sont l’adversaire premier, le confus et le libéral viennent après, eux nous sabotent d’une manière détournée, différente l’un de l’autre, le combat est d’arrière-garde. 

Le parangon de l’extrême droite en dernière instance, c’est la négation du réel comme dit plus haut, ils sont d’authentiques faussaires de la réalité, ils la refusent, la trafiquent, la rêvent : « les femmes musulmanes sont absolument opprimées par leur mari, j’en suis persuadé quand bien même je ne base mon postulat que sur des faits divers ou des aprioris (islamophobes évidemment : la femme musulmane est forcément soumise et l’homme musulman est forcément un tyran, c'est inscrit dans leur nature) qui confortent ma vision préétablie du sujet », autre exemple, « pas de femmes voilées dans les rues, parce que nous souhaitons libérer les femmes qui sont obligées de le porter », les voyez-vous ces braves chevaliers, ils vont libérer les musulmanes de l’oppression de leur mari ! Est-ce que c’est vrai déjà ? Ça, ils ne veulent pas entendre parler, ou bien ils vous lancent des appels à l'évidence avec des chiffres sans source, ou avec des sources pouilleuses.

Même configuration pour les transgenres, ils désirent leur inexistence, parce qu’ils ne les considèrent pas comme étant des êtres naturels, comprendre ordre naturel des choses, ou essentialisme sur lequel je reviendrai plus tard ; je tombe d’accord avec eux sur ce point-là, oui une personne transgenre qui a eu recours à des opérations qu’ils qualifient, eux, « d’irréversibles » –  celles qui concernent les parties génitales notamment et qui sont fortement marginales en termes de chiffres, 8.5% en moyenne aux États-Unis – n’est pas naturelle, sémantiquement, c’est-à-dire que cette nouvelle constitution tranche avec la constitution primordiale de l’individu considéré ; ici je viens y objecter qu’une enfant née avec un seul rein et qui se voit généreusement en gagner un second, n’est pas plus naturelle que la personne transgenre, le destin naturel de la personne transgenre était d’avoir son sexe de naissance (se situer du point de vue moral d’un conservateur), le destin naturel de la petite fille était d’avoir un seul rein ; les deux, dans une considération naturaliste, sont nées dans cet état et doivent le perdurer jusqu’à leur mort.

Pourquoi un tel exposé ? Précisément pour démontrer que l’objet de la défiance n’est pas tant la modification d’un corps – autre exemple plus pertinent que la petite fille, la ligature des trompes suivie d'une stérilisation, opération irréversible, qui pour eux, peut-être, transforme les femmes qui y recourent en monstre ? Que faut-il penser des femmes qui se font refaire les seins ? Les gens qui se font refaire le nez ? Sortent-ils de l'humanité ? –, mais plutôt leur boussole morale, brisée ; qui sont-ils pour décider de la légitimité de quelqu'un d'être ? Des milliers de débats sur le sujet peuvent être invoqués, mais, je crois, pour tenter de forger des arguments, de nature à frapper mortellement des pensées moribondes, il faut en passer par la distinction sexe/genre :     

  • Le sexe est une donnée biologique, qui est observée et qualifiée par l'homme via des outils d'analyse scientifiques, il n'a donc qu'une utilité reproductive et une utilité médicale, le signifiant "sexe" est vide d'un point de vue social. 
  • Le genre est une donnée sociologique, il advient par la répétition de "normes genrées", dont nous avons tous inconsciemment conscience, les femmes portent des jupes et les hommes non parce que les femmes portent des jupes et les hommes non, la généalogie de la norme ne nous est jamais connue, la répétition nous faisant oublier son origine, ces normes ne sont pas naturelles, c'est-à-dire qu'elles existent dans un certain cadre culturel, elles diffèrent d'une société à une autre. Le transgenre entre donc dans un processus qui vise à se conformer à son genre d'arrivée, processus qu'il entreprend pour une raison spécifique qui peut ne pas être la même d'une personne à une autre, il deviendra une femme ou un homme, trans, puisqu'elle/il n'est pas né(e) dans le genre d'arrivée ; on ne peut donc pas venir argumenter sur la réalité chromosomique puisque ce n'est pas le but de la manœuvre, ni même le sujet, vous a-t-on déjà demandé quel était votre chromosome sexuel ? Moi jamais.

On tombe encore une fois dans le déni de réalité, la transition aide les transgenres à ne pas se suicider, le suicide post transition est causé, justement par la transphobie dont les conservateurs ne se sentent pas coupables, ils sont donc moralement idiots – on leur pardonnera – et criminels d’un point de vue utilitariste, humain tout simplement ; à moins qu’on doive se sentir triste de constater la baisse du taux de suicide chez une population donnée, on voit bien là une belle cruauté, tentative de négation du processus d’existence d’individus quand bien même ce dernier les aide à ne pas se tuer, et, pour avoir la conscience tranquille, il faut se convaincre que c’est le processus qui est responsable des suicides éventuels, non pas la violence de la société qui s’exprime à travers eux. 

Les mêmes se posaient des questions sur les raisons du viol, quand ces interrogations étaient encore cautionnées socialement : « n’avait-elle pas envie au fond d’elle ? » « un peu trop aguicheuse », ils cherchent une cause forcément endogène : la femme violée est en partie responsable parce que ci et ça (on excuse en partie le violeur puisqu’on lui retire la pleine responsabilité de l’acte, « il n’aurait pas agi si telle ou telle chose n’avait pas été réalisée par la victime ») ; on est dans le même argumentaire avec leur angoisse sur la transidentité, ils justifient leur opposition au sujet, de manière débonnaire, à coup de : « regardez-les les pauvres ils se suicident parce qu’ils regrettent, nous devons empêcher ça », ces « pauvres » gens se passeront de votre risible fausse bonté.

La réalité, c’est que ces suicides sont causés (en immense majorité) par une rupture familiale et/ou des faits de harcèlement ; ceux qui regrettent leur transition détransitionnent, contrairement aux idées véhiculées, la thérapie hormonale est réversible, les opérations radicales sont très peu répandues, cet argument n’a donc aucune valeur – si ce n’est tordre la vérité pour la placer de leur côté – ils se foutent complètement de l’utilité du phénomène qu’ils dénoncent ou même du bien-être de ceux dont il est question, d’autant plus qu’ils n’y connaissent rien, ce sont les plus grands individualistes que vous rencontrerez, seul le leur de bien être les importent, réduire le malheur chez une population marginalisée ? Très peu pour eux, ils ne font pas dans la charité.

Dans les deux cas, les causes sont exogènes à la victime, celles-ci ne sont pas contenues en elle, mais dans son environnement, vous comprenez maintenant que c’est celui qui accuse la victime de se causer son propre mal qui en est à l’origine, ou du moins qui le fait survivre. L’exemple sur la transidentité est parfaitement probant, on voit devant nous une tentative de constitution de respectabilité, les canailles, ne pouvant plus être homophobes – peut-être le sont-ils encore en secret – glissent vers une haine « respectable » ; l’homosexuel n’étant plus ce marginal que tout le monde vomissait au milieu du siècle dernier – celui-ci ayant reçu entre temps une bonne image dans la production culturelle, il a été petit à petit accepté par la société –  on s’attaque au nouveau marginal ; c’est pour cette même raison que la parole de ces « nouveaux marginaux » est si puissante, le mouvement dialectique les insufflent d’une force qui les rend capables de lutter.   

C’est bien l’essentialisme qui les alimentent, la croyance dans une organisation d’origine naturelle du monde social, la croyance dans un ordre naturel sur lequel le destin des hommes se fixe, la croyance dans une essence primordiale des normes qui régissent la société humaine. On retrouve encore une fois, une impétueuse fragilité intellectuelle, que vous commencez à comprendre dans leurs ramifications mêmes, ils croient en la naturalité des structures parce qu’elles existent depuis des temps immémoriaux, nous savons que le patriarcat existe depuis le Néolithique, les anthropologues s’accordent à dire que c’est lorsque l’homme a compris qu’il était la cause de la grossesse des femmes que la domination a débuté, c’est un rapport de force politique ici présent, rien dans la « nature » de l’homme ne le poussait à avoir ce comportement vis-à-vis de son alter ego féminin. Le même postulat peut être dressé pour le capitalisme et la création du racisme dans les siècles derniers ; l’humanité n’a aucun destin, elle n’est infusée d’aucune espèce de naturalité ou quoi qu’est-ce, parce que, en définitive et en dernière analyse, elle n’a pas de but, elle n’a pas de finalité, elle n’est pas là pour faire quelque chose en particulier déjà défini ou écrit à l’avance, elle a cessé de ne pas être et elle cessera un jour d’être, son seul sursit est d’accorder la multitude sur un point : comment repousser l’échéance.

Extrait hors contexte, et fort joli, de Mishima pour clôturer cette longue réflexion : « « Il ne nous reste plus que cinq minutes. » La voix aiguë, empreinte de mélancolie, de Sonoko me vrilla les tympans. Je me tournai vers elle, l’air surpris. Au même instant, au-dedans de moi, une force cruelle me déchira en deux. Tout comme la foudre, en tombant, fend un arbre vivant. J’entendais s’écrouler lamentablement l’édifice que j’avais mis des années à construire pierre à pierre, avec une énergie farouche. J’eus l’impression de capter du regard l’instant où mon être faisait place à une terrifiante « absence ». Je fermai les yeux, et me cramponnai aussitôt à la notion glaçante du devoir. » Confessions d’un masque

Vers une politique de l’amour révolutionnaire

L'Eclaireur © Lynd Ward

La dépossession du pouvoir politique, dans les démocraties occidentales, dont les élites libérales se sont rendues coupables, conduit, c’est manifeste davantage encore désormais, à un renforcement des discours intolérants par un effet bouc émissaire, le plus fonctionnel depuis des siècles, dirigé vers des groupes ou des populations dans un état de domination plus grand que le leur ; le discours de la lutte des races a supplanté la lutte des classes, on expurge l'analyse structurelle pour laisser place à une analyse individuelle, lacunaire, destinée à frapper plus petit que soit. Le vote rural Le Pen, il exprime un mécontentement, nous l'entendons, mais de quelle nature est-il ? Nous avons surtout ceux qui se voilent la face – pas littéralement – : « pas uniquement un vote contre l'immigration » , vu sous cette forme ce n'est pas uniquement un vote contre l'immigration, mais plutôt un vote ou l'immigration prend une belle part du gâteau, je vous amnistie de quelques lieux communs que vous connaissiez déjà. 

Mais ce détournement est le résultat recherché, le discours convainc ceux qui vivent les faits divers (ou ceux qui connaissent des gens les ayant vécus), joyeusement partagés par CNEWS, Valeurs Actuelles et autres officines droitières, ceux qui ont peur de les vivre, mais Bourdieu a déjà tout dit sur ces faits divers : « des faits totaux » « des faits-diversion », des ectoplasmes, dépourvus d’analyses sociologiques et donc facilement utilisables pour s’appuyer sur des préjugés puissants, qui continuent d’alimenter la machine, ils existent et existeront toujours, étant les résultats directs des structures économiques ; ceux qui viennent vous dire : « les immigrés volent plus que les français de souche ! » et qui vous font comprendre qu’il serait préférable qu’ils aillent voir ailleurs, dans leur pays d’origine si possible, réfléchissent-ils aux raisons du délit – soit dit en passant, ils ne s’insurgent d’un fait divers que quand il est commis par l’un de ceux pour qui ils éprouvent de la peur ou de l’aversion – ? Faut-il croire que pour eux, cela est codé dans le génome ? Mais ce ne sont pas des gens racistes, vous comprenez, ils en ont marre, et, par cela, ils excusent leur flétrissement moral et intellectuel, leur bassesse ; pour tenter d’arriver à une société pacifiée il faut remplir plusieurs paramètres : traiter décemment les gens (au point de vue politique et structurel), leur offrir les moyens d’assurer leur reproduction matérielle d’existence, leur offrir un logement, leur offrir ce qui fait une vie digne... Nous, nous croyons que personne n'est diabolique ou monstrueux, ou criminel/délinquant par nature, l’environnement et les conditions matérielles d’existence sont les facteurs critiques dans l'expression du comportement des individus en société ; bref exposé :  Dans la population carcérale française, les ouvriers sont surreprésentés, au contraire, les professions libérales et cadres sont fortement sous-représentés, les études sociologiques montrent depuis des décennies que le niveau d'éducation et de revenus entre en corrélation avec l'inclinaison vers le délit ou le crime, le meilleur moyen de résoudre le problème c’est d’aider les gens à sortir de la pauvreté ou de la précarité. 

Le prolétaire, aujourd'hui, comme je l'ai déjà dit plus haut, s'est vu dénudé de son pouvoir politique, à plusieurs degrés : 

  • La rue a fini de secouer les dépositaires de la souveraineté populaire, qui peut imaginer un coup d'État dans la France du 21e siècle, dirigé par la multitude, qui s'incarne dans la cité, pour aller reprendre les clés qu'on lui a volé depuis une éternité. Seul un corps armé motivé, disposant de quelques leviers humains dans l'administration pourrait venir faire un grand ménage, nous avons vu ce que les militaires d'extrême droite ont fait au Chili en 73, ils tuent un président socialiste aimé du peuple, tuent et torturent les opposants politiques, et, pire encore peut être, libéralise le Chili, à la sauce néolibérale, le Capital se frottait les mains, on peut considérer ça comme un retour d'ascenseur, les États-Unis ayant aidés à installer leur immondice. 
  • La prise en tenaille des grands médias y joue un rôle majeur, les lignes de clivage en termes d'économie politique ont été exterminées, au profit d'un no man's land (néo)libéral capitaliste, des critiques du libéralisme, nous en avons quelques-uns, l'immense majorité sont à gauche, la droite a donc jugé utile de s'y mettre, avec la plus grande des timidités. Le discours fait donc son petit bonhomme de chemin, mais quel espace médiatique pour une critique radicale du capitalisme ? Aucun, dans les grands médias en tout cas, mais peut-on leur en vouloir ? Venir chez quelqu'un et lui suggérer de détruire les murs porteurs de sa maison, c'est pas sexy, ils ne sont pas démocrates, cela nous l'avions compris, de surcroit nous ne l'oublierons pas. 
  • Les responsables politiques ne représentaient plus de réelle vision du monde, c’était le fameux UMPS, peu importe qui dirige, la même politique sera appliquée, et, je crois, nous avons beaucoup jeté la pierre à l’Europe (elle le mérite), mais nous avons surtout sorti la question de classe de l’équation, qui finance les politiques ? Certains sont financés par des milliardaires (ou leurs amis), vous entendez bien qu’ils ne peuvent pas (et ne voudraient de toute façon pas) aller à l’encontre des intérêts de ces donateurs, et c’est pour cette raison qu’il faut comprendre qu’il y a, de fait, une lutte des classes, vos intérêts divergent de ceux du capital, ils veulent vous mettre la tête sous l’eau, mais jamais jusqu’à la noyade. Quand vous soutenez des candidats qui préfèrent parler de lutte des races, de manière plus ou moins dissimulée, vous soutenez ultimement ceux qui font tout pour vous détruire ; il faut devenir manichéen ici, c’est blanc ou noir, vous vous attaquez en première instance à ce qui fait votre impuissance politique : le Capital, ses structures et ceux qui les permettent ou alors vous ne remettez rien en cause, parce que vous êtes déficient, paresseux (et c’est votre droit) ou des traitres, ou bien vous mettez au premier plan une autre obsession, qui fait bien de vous un traitre, puisque vous vous attaquez directement et violemment, de manière systématique à des gens qui appartiennent à votre classe sociale, à ce moment-là, vous oppressez ceux qui sont eux-mêmes oppressés par votre oppresseur, ce dernier vous offre un bâton pour frapper votre camarade et vous vous en saisissez avec plaisir —   sourire carnassier aux lèvres —   parce que l’oppresseur a terminé de vous dépouiller de vous-même, vous rassemblez le peu de force qu’il vous reste pour diriger votre rage vers celui qui est plus faible que vous. Comme dit précédemment, il y a du plaisir là-dedans, c’est indéniable, peut-être est-il de nature viscéral, j’entends par là, qu’il met en mouvement des fondements inconnus jusqu’ici, qu’il mobilise des affects – invincibles – qu’aucune rationalité ne pourrait détruire. La domination, ici, par le vote, procure un érotisme, l’activité, par la violence politique infligée aux uns, est convertie en satisfaction pour les autres, cette satisfaction apaise leur propre douleur, celle que la bourgeoisie et les structures qui la maintient leur administrent. 

Fragments politiques 

Looking into Abyss © Mikhail Savchenk

Fondamentalement, aucun de ceux dont il fut question dans ce texte ne sont, ou bien méchant, ou diabolique, la seule chose qui doit être attaqué vivement, ce sont les valeurs, qui sont autant de moteurs de leurs comportements, que certains d’entre nous ne peuvent pardonner, tant ils sont des blessures dans leur chair et leur identité même, à ceux-là (en connaissant moi-même), je leur dis que d’autres feront le travail du débat à leur place et qu’ils peuvent donc s’y soustraire volontiers. L’impératif premier que nous devons avoir, c’est de ne pas devenir celui dont nous faisons la critique, nous devons nous détourner du ressentiment, de la négation du réel, de l’essentialisme, parce qu’ils sont les fléaux de la pensée et d’autant plus, parce que je sais que nous avons des éléments qui se réfèrent à ces notions bâtardes dans nos rangs, une branche du féminisme, le mouvement TERF— qui sont connues pour entretenir des liens, plus ou moins secrets avec l’extrême droite, celles-ci sont très puissantes au Royaume-Uni, elles seraient apparemment financées par les ultraconservateurs de Heritage Foundation, des anti-IVG féroces états-uniens —  , qui sont une bien pire insulte au féminisme que quelconque réactionnaire, rattacher le féminisme à un destin biologique que, Beauvoir a, par le Deuxième Sexe, entamé la remise en cause radicale, est une injure à elle et son travail, au féminisme et à toutes les femmes en général. On pourrait parler des « universalistes » ou « laicards », cette gauche de droite, incarnée par Marianne, le Printemps Républicain, une partie du PCF, du PS et de EELV et qui doit être dénoncée elle aussi, mais très peu pour moi, parler de ces gens ne me procurerait pas plus de plaisir que de parler des terroristes d’extrême droite, pour une prochaine fois, peut-être. 

Dernière considération – qui sera brève – sur le propos qui n’était là qu’en filigrane jusqu’ici : la question de la discorde se situe ontologiquement sur deux notions rivales, l’une dont j’ai déjà fait la critique – l’essentialisme – et l’autre dont j’ai tu jusqu’à là l’écriture. L’existentialisme constitue le cœur de la philosophie politique à gauche – dans sa forme progressiste ou « woke », la gauche de gauche – en tant qu’elle est utilisée à des fins émancipatrices. J’ai parlé plus tôt de cause endogène et exogène, en les reliant à des rapports de domination ou de violences sociales ou politiques, la dichotomie est transposable à notre sujet, l’exogène, ce qui vient de l’extérieur, se rapporte à l’existentialisme – par le processus de la constitution de l’être – qui entend que l’individu n’est jamais que ce qu’il entend vouloir être, sous couvert de ses déterminismes, celui-ci est libre de se constituer un destin  dans la limite des déterminations auquel il est sujet. Endogène se rapporte à ce qui est par une cause interne à son propre système, l’essentialisme suggère que chaque chose possède une essence – concept platonicien, Platon relate qu’un monde des idées ou les concepts disposent d’une forme pure, d’une « essence », existe, c’est l’arrière monde dont Nietzsche se moque par ailleurs, qu’il voyait comme prélude au paradis chrétien – toute chose est issue de la nature, possède une essence, et que l’état du monde est tel qu’il est par l’action de l’ordre naturel, les valeurs de la société sont donc elles aussi des essences naturelles, qu’il ne convient pas de remettre en cause puisque les choses sont telles qu’elles sont depuis des centaines ou des milliers d’années. Entendez-moi bien, je tire sur la ficelle, quelqu’un qui se dit de droite – à gauche aussi, las – ne pense évidemment pas comme ça d’une manière consciente, il n’a pas conscience d’être dans un essentialisme, il souhaite conserver l’ordre actuel du monde parce que, soit il n’y attache pas une grande réflexion ou soit parce qu’il y est en confort ; je comprends parfaitement qu’un religieux ou même un simple croyant définit une essence de l’homme avant son contact avec le monde social – par la spiritualité et les questions liées au post-mortem – mais comment des athées (et toutes ses déclinaisons, agnostiques, déistes…) peuvent croire en ce postulat, cela m’élude au dernier degré. Les deux concepts entendent donc deux visions du monde, l’un plutôt ouvert et l’autre plutôt fermé, je me passerai de quelconque jugement de valeur, mais le développement des discours politiques – de manière globale – me semble être influencé de manière radicale par eux deux.  Le conatus chez Spinoza expliqué par Lordon, dans Capitalisme, désir et servitude, est entendu dans son acception présente : « Spinoza nomme « conatus » l’effort par lequel « chaque chose, autant qu’il est en elle, s’efforce de persévérer dans son être » […] « Car le conatus est la force d’exister. Il est pour ainsi dire l’énergie fondamentale qui habite les corps et les met en mouvement ». Existentialisme et essentialisme sont des moteurs du conatus, puisqu’ils sont en finalité des objets de désirs – l’extrait aurait été trop long, mais Lordon attache le conatus à une recherche de désirs – nous désirons telle société et eux telle société, les gens au milieu choisissent selon l’inclinaison de leur conatus et ce ne sera que par la convergence des puissances d’agir qu’une société ou l’autre adviendra, et en attendant, seule une réforme de la structure de nos affects, pourra rendre la nôtre plus désirable.

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