François Hollande reprend une proposition de Respect Mag et Terra Nova sur les emplois francs

François Hollande a repris aujourd'hui à Strasbourg une proposition de Terra Nova et Respect Mag en faveur de la création d'"emplois francs". Cette mesure, proposée par Yacine Djaziri dans l'Appel aux candidats publié par Respect Mag et Terra Nova le 24 janvier dernier, consiste à faire bénéficier aux entreprises, quelle que soit leur implantation territoriale, d'avantages pour l'embauche d’un salarié résidant dans une ZUS. Un tel dispositif permettrait d’entraîner un formidable élan économique et social au coeur des quartiers les plus défavorisés.

Créer des emplois francs pour réduire le chômage dans les zones urbaines sensibles

La discrimination par l’adresse est très forte en France. Une étude réalisée en 2005 montre qu’un CV issu d’un quartier populaire a sept fois moins de chances d’obtenir un entretien d’embauche qu’un CV identique avec une adresse en centre-ville.

Le dispositif des zones franches urbaines (ZFU), créé en 1996, repose sur des avantages fiscaux et sociaux octroyés aux entreprises qui s’y installent. Avec une logique de rééquilibrage territorial, il renforce le tissu économique dans des quartiers conçus comme des cités-dortoirs.

Nous proposons de compléter ce dispositif par une autre approche, centrée sur les hommes, sur leurs parcours net non plus sur les territoires : les entreprises, quelle que soit leur implantation territoriale, bénéficieraient d’avantages pour l’embauche d’un salarié résidant dans une ZUS. Cette mesure contribuerait à extraire de ces territoires de futurs employés trop souvent « assignés à résidence territoriale ». La loi inciterait fiscalement et temporairement (trois ans avec effet dégressif) les TPE et PME sur l’ensemble du territoire national à embaucher des personnes résidant en ZUS. L’avantage fiscal accordé aux employeurs les exonérerait de cotisations patronales et salariales pour les salaires équivalents à un smic mensuel, temps plein. Pour les salaires supérieurs au smic, l’exonération serait dégressive.

Le dispositif serait limité aux résidents des ZUS depuis au moins un an, afin d’éviter tout détournement.

Sur la base de 150 000 embauches spécifiques, le coût brut de cette réactivation de la machine républicaine s’évalue autour de 2,5 milliards d’euros (nettement moins que le coût annuel de la baisse de la TVA dans la restauration).

Le budget net (hors coûts d’indemnisation et de gestion des demandeurs d’emploi) ne devrait pas dépasser un milliard d’euros. Un dispositif susceptible d’entraîner un formidable élan économique et social au coeur des quartiers
les plus défavorisés.

Proposition de Yacine Djaziri, entrepreneur, président de la Nouvelle PME

publiée dans Respect Mag : "France métissée - 2012 : l'appel aux candidats", en partenariat avec Terra Nova, le 24 janvier 2012.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.