Les Français et les politiques énergétiques : sondage Opinionway-Climateweek-Terra Nova

Flambée des prix du carburant, diversification des énergies, sortie du nucléaire... Le débat sur la politique énergétique et climatique française est jugé prioritaire par 61 % des Français, selon un sondage OpinionWay pour Terra Nova publié dans le cadre de la Climateweek ce mercredi par le journal 20 minutes. Pourtant, pour 66 % des personnes interrogées, ces enjeux sont insuffisamment abordés par les candidats dans les débats de la présidentielle. Le sondage révèle également l'importance d'une diversification des énergies produites en France, à défaut d'une sortie du nucléaire, et le souhait d'une procédure participative délibérative pour décider de ces questions. Pour les Français, enfin, les pouvoirs publics ont un rôle décisif à jouer dans la mise en œuvre d'une politique énergétique plus juste.

La politique énergétique française : un sujet important aux yeux des Français mais qui n’émerge pas suffisamment dans la campagne selon eux

 

66% des Français estiment que l’on ne parle pas suffisamment de politique énergétique dans les débats de la présidentielle. Cheval de bataille des CSP+ (72%), ils sont également plus nombreux dans les rangs de la gauche (76% et même 83% parmi les sympathisants d’Europe Ecologie-Les Verts) et du MoDem (71%) à trouver que ce sujet est délaissé par les candidats à la présidentielle.

 

De fait, le débat sur la politique énergétique et climatique française est jugé prioritaire par 61% des Français. Marqué par un fort clivage partisan, car davantage porté par les sympathisants d’EE-LV (78%) que par ceux du Front National par exemple (39%), le thème des politiques énergétiques séduit également plus les hommes que les femmes (71% vs. 53%).

 

 

L’avenir des politiques énergétiques : préférer la diversification à défaut d’une sortie du nucléaire

 

Impliqués, les Français ont un avis tranché sur les thématiques énergétiques et notamment sur leur avenir. La volonté d’une France indépendante en matière de production d’énergie est partagée par la quasi-totalité des répondants (91%). Approuvant peu l’idée d’une concentration sur une seule source d’énergie produite en France (18%), 90% des Français trouvent qu’il est important de diversifier le plus possible les énergies produites en France.

 

Dans cette optique, 83% des Français souhaitent même que, d’ici vingt ou trente ans, on diminue de manière significative la part des énergies nucléaires et fossiles au profit d’autres sources d’énergies telles que l’éolien, le solaire etc.

 

Pour autant, les énergies renouvelables semblent avoir encore du chemin à faire pour convaincre totalement. Ils sont tout juste plus d’un Français sur deux (54%) à penser qu’il serait possible en France de produire toute l’électricité nécessaire au pays à l’aide d’énergies renouvelables (75% chez les sympathisants d’EE-LV vs. 40% à droite).

 

Car malgré leur volonté massive de diminuer la part du nucléaire, tous les Français n’expriment pas le souhait d’en sortir brutalement. 58% des Français espèrent un arrêt progressif (44% d’ici 2033) ou rapide (14% d’ici 2022) du programme nucléaire, mais ils restent tout de même 36% (56% à droite) à vouloir que la France le poursuive et renouvelle ses centrales actuelles. Un avis que partagent 4% des Français qui vont même jusqu’à souhaiter que la France amplifie son programme et augmente ses capacités de production d’énergie nucléaire.

 

Pouvoir décider avec les pouvoirs publics de l’avenir des politiques énergétiques

 

Et lorsqu’il s’agit de déterminer qui serait le mieux à même de décider de l’avenir de la politique énergétique française, les Français penchent majoritairement (76%) pour des solutions requérant l’avis des citoyens. De fait, 44% se disent en faveur d’une procédure participative délibérative où des débats contradictoires permettraient aux citoyens de s’informer et d’élaborer une proposition éclairée, à soumettre au vote citoyen. Donnant aussi la parole au peuple, le référendum simple est plébiscité par 32% des Français. Seul un Français sur cinq (22%) préfère que ce soit le Parlement (36% chez les sympathisants de la droite).

 

De manière plus concrète, les Français jugent malgré tout que les pouvoirs publics ont un rôle décisif à jouer dans la mise en œuvre d’une politique énergétique plus juste. 

 

- 87% considèrent que les pouvoirs publics doivent favoriser des infrastructures de transport sobres en carbone et en énergie.

 

- 81% pensent qu’ils doivent instaurer un tarif progressif des énergies pour garantir un prix stable et juste pour une consommation énergétique de base et autant de Français (79%) estiment qu’ils doivent les inciter à réduire leur consommation d’électricité par le biais de déductions fiscales.

 

- 66% attendent des pouvoirs publics qu’ils instaurent une obligation de rénovation thermique des bâtiments existants.

 

- 53% sont d’avis que les pouvoirs publics doivent instaurer une contribution "Climat énergie" taxant la consommation d’énergie non renouvelable et les émissions de gaz à effet de serre et 52% sont favorables à l’instauration d’un droit d’accès opposable à l’énergie.

 

Seule la mise en place par les pouvoirs publics d’une « Contribution au service public de l'énergie » qui consisterait à augmenter progressivement les prix de l’électricité pour permettre des investissements dans les énergies renouvelables et les systèmes d’économies d’énergie semble moins importante aux yeux des Français (35%).

Consulter l'intégralité du sondage

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