Les outre-mers méprisés

Les manifestations et violences à La Réunion qui ont débuté cette semaine face à la hausse des prix des carburants et la vie chère révèlent une nouvelle fois, après la crise sociale de 2009, l'échec de la politique du gouvernement à l'égard des outre-mers. Derrière le discours sur le "développement endogène", c'est le désengagement de l'État et le mépris pour des territoires considérés comme purement assistés qui ont prévalu. Dans le cadre de la publication du dépôt de bilan du chef de l’Etat, Terra Nova vous propose de retrouver sur Debats2012.fr son bilan complet sur les outre-mers.

Synthèse

 

Plus de deux millions et demi de Français habitent outre-mer aujourd’hui, aux Antilles, en Guyane, dans les Océans atlantique, indien et pacifique. L’élection présidentielle est pour eux un rendez-vous majeur qui manifeste pleinement leur place dans la République et qui leur donne l’occasion de se prononcer sur les politiques publiques conduites par la majorité. En 2012, le bilan de Nicolas Sarkozy, qui ne connaît pas les outre-mers et leurs habitants, est franchement mauvais : le chômage, notamment des jeunes, a explosé ; le coût de la vie a continué à augmenter et les monopoles n’ont pas été réduits. La crise sociale qui a bloqué la Guadeloupe pendant plusieurs dizaines de jours en 2009 a marqué les esprits. Pourtant, rien n’a changé.

 

Pire, si le « développement endogène » a été conçu comme un moyen séduisant d’encourager la croissance, le discours et les actes ont surtout révélé un désengagement de l’Etat, avec une réduction des moyens budgétaires et un ministère de l’outre-mer sinistré. Depuis 5 ans, la majorité parlementaire et l’exécutif ont multiplié les marques de mépris vis-à-vis des outres-mers et renoué avec une vision cartiériste en rupture avec les valeurs de la République : les outre-mers sont ainsi assimilés à une charge qui, grâce au développement endogène, devrait se réduire.

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