2010 ? Besoin de romanesque...

– Quid jour après jour –– 52 semaines – déjà-vu – je suis déjà passée là –– questions –– ouvrir la brèche – risquer la chute –– agiter les drapeaux dans le mauvais sens – – rouler sa bosse – mentir sur son âge – trajet biaisé –– questions – – remonter la pente ou... rester en bas de l’échelle –– passer de l’autre côté du miroir –– t’oublier pour te garder... RéponseBesoin de romanesque

Quid jour après jour –

52 semaines – déjà-vu – je suis déjà passée là –

questions –

ouvrir la brèche – risquer la chute –

– agiter les drapeaux dans le mauvais sens –

rouler sa bosse – mentir sur son âge – trajet biaisé –

questions –

remonter la pente ou... rester en bas de l’échelle –

passer de l’autre côté du miroir –

t’oublier pour te garder...

 

Réponse

Besoin de romanesque

 

Repartie d’une répartie couleur mémoire en travers de mon chemin, l’extravagante certitude de se tromper à dessein reparaît à la source de mon ennui, et coule, aquarelle insouciante, comme des larmes affables sur une toile de fond édulcorée. Giboulées sur la vitre, je me demande toujours ce que je fais de ce côté, à l’abri, du côté où il ne se passe rien du tout.

 

Besoin de romanesque

En attendant, je me détournerai de vous.

 

Poète passe-passe reparu sur la place, noyées dans un verre d’eau quelques rimes dont on se lasse et paf ! un nouveau silence me glace – hum, la chair, hum les os, hum le coeur surtout, encore chaud sous ma cuirasse hermétique à l’hypnose des masses – la jouer à pile ou face – question : devenir fou ?

 

Faiblesse

Besoin de romanesque

En attendant, je me détournerai de vous.

 

Possibles synonymes de soi et tristesse insensée, l’aspect le plus banal de l’hiver joue du pipeau, précoce et ostensible. Le héros semble sortir de terre, proximatif, a-proximatif. De long en large, il tremble devant son rôle déjoué par la foule. Mécaniques attentistes, c’est vous, c’est moi qu’il craint, peur qu’on ne l’écrase, fatigués, assouvis d’huile de coude.

 

Besoin de romanesque

En attendant, je me détournerai de vous.

 

Les quotidiens mélancoliques tournent leur paleur vers le ciel ondulé de septembre – 52 semaines en l’air te narguent en art de ne rien dire – une danse obsolète te dessine un autre oubli, celui que tu attendais, celui que tu gardais pour plus tard mais qui s’approche en art de dire qu’il ne viendra pas. Je m’efface à nouveau, disparais dans mes plumes et m’endors sous la bruine. Cette fois je ne suis pas à l’abri, cette fois il se passe quelque chose. A l’abri dans mes pages, pourtant. Malléables. Imperméables.

 

Quotidien anthracite - Besoin de romanesque –

En attendant, je saute des lignes, des pages, en art de dire qu’il ne m’atteindra pas.

En me retournant, j’en suis sûre

En l’attendant, je me détournerai de vous.

 

 

Isabelle Monin

 

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