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Billet de blog 5 févr. 2014

Ces personnalités qui plument la France

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Il y a quelquefois des classements qui laissent une sensation de malaise, voir de nausée. Celui-ci en est un !

C’est le classement des 400 personnalités qui plombent la France.

Les solutions pour sortir notre pays de l’impasse sont connues, le problème étant de vaincre l’opposition systématique de ceux qui profitent du système.

De politiques inconséquents en planqués du système en passant par les élus locaux aux dépenses outrancières, les opposants systématiques aux réformes sont légions. Petit tour d’horizon de quelques inconséquents.

Du côté des politiques, on a, en vrac :

-          Marylise LEBRANCHU : les fonctionnaires la vénèrent, elle a supprimé début janvier le jour de carence en cas d’arrêt maladie mis en place en 2012. Résultat : non seulement l’absentéisme des agents qui avait commencé à baisser remonte, mais en prime cette décision nous coûte, selon les experts, plus de 400 millions par an.

-          Christian ECKERT : il a déposé un avis défavorable à l’amendement déposé par Charles-Amédée De Courson qui voulait imposer la part des frais parlementaires non utilisés à des fins professionnelles. Cette indemnité et très souvent utilisée par nos édiles à des fins personnelles, et cela sans passer par la case fisc.

-          Christian JACOB : il a réussi à bloquer la disposition visant à mettre en place une sanction pénale à l’encontre des élus trichant sciemment sur leur patrimoine. Que le commun des mortels mente sur sa déclaration de patrimoine au titre de l’ISF, et il encourt des sanctions, mais les élus, nada !

-          Marisol TOURAINE : elle a préservé les liens opaques entre les médecins et les labos. Le décret « Sunshine Act » qu’elle a fait adopter en 2013 était censé mettre en lumière les avantages en nature accordés par les labos. Le LEEM, principale fédération du secteur pharmaceutique, a fait un tel lobbying au ministère que le résultat est un véritable jackpot pour les blouses blanches qui empochent des milliers d’euros pour une simple intervention ou un contrat de recherche et pour qui ces contrats restent soumis à confidentialité. Tant que les médecins resteront ainsi liés aux labos, la consommation de médicaments dans notre pays n’est pas prête de diminuer.

-          Marie Luce PENCHARD : elle a enterré en 2011 la réforme visant à réviser les congés bonifiés et les indemnités spécifiques de retraite concédés aux fonctionnaires des DOM-TOM. Ces privilèges coûtent chaque année 33 milliards d’euros à la collectivité. Il faut bien dire qu’avec des salaires majorés de 40% aux Antilles et en Guyane, et de 103% en Polynésie, des congés supplémentaires et des retraites bonifiées, il fait plutôt bon vivre sous les cocotiers.

Pour ce qui est des planqués, quelques noms vont parler à tous :

-          Claudine LEDOUX : proche de Laurent FABIUS, elle s’est fait parachuter « ambassadrice déléguée à la coopération pour l’océan indien » en septembre dernier. Nom obscur pour une mission qui l’est toute autant : représenter la France dans des cérémonies protocolaires. Bref, on lui paie des billets d’avion et des hôtels de luxe pour aller grignoter des petits fours à l’autre bout du monde. Il parait qu’elle a au Quai d’Orsay 25 petits copains comme elle rémunérés à hauteur de 15000 euros mensuels. Je veux bien me farcir les petits fours sous les tropiques moi, mais il semblerait que je n’ai pas la faveur du prince…

-          Arno KLARSFELD : comme 67 de ses potes, recasés de la République avec des pseudos missions de service public nommés « au tour extérieur », soit par accès direct sans concours, il perçoit environ 6000 euros mensuels au titre du Conseil d’état et peut faire valoir ses droits à la retraite  (4000 euros mensuels environ) sans avoir exercé de réelles fonctions.

Parmi les petits camarades de Monsieur Arno, qui, entre nous, ne met jamais les pieds au conseil d’état, on trouve, en vrac, Ségolène Royal, nommée à la cour des comptes en septembre dernier, Isabelle DELEU, infirmière militante et conseillère de C. LAGARDE qui a échouée comme « contrôleur général économique et financier de 1ère classe » (8000 euros par mois), et pléthore d’autres, obscurs ou moins obscurs, qui profitent du système. Henri GUAINO, en cas d’échec aux prochaines législatives, retrouvera son siège de la Cour des Comptes à 11000 euros par mois. Qu’il ne s’inquiète pas, son avenir a été assuré grâce à sa nomination au tour extérieur en 2008 !

-          les 233 conseillers du Conseil économique, social et environnemental, dont 40 sont des « personnalités qualifiées » nommées en conseil des ministres. En vrac, on peut y trouver la navigatrice Maud Fontenoy, l’escrimeuse Laura Flessel, le maire de Calvi Ange Santini, tous payés à hauteur de 3800 euros par mois. Ce conseil pourrait d’ailleurs être supprimé sans dommage pour la République, les quelques rapports, rares, de ses membres s’entassant dans les placards et ses avis n’étant ni requis ni écoutés. Alors entendus ! Mais forcément, où recaser les petits copains ?

Nous avons ensuite des élus locaux dont les dépenses abyssales font frémir dans les chaumières :

-          Patrick BALKANY : avec son épouse, ils gèrent Levallois-Perret, et détiennent la palme de l’endettement, 11447 euros par habitant. Complètements mégalos, ils ont doté leur commune d’équipements dignes d’une capital, mais ont aussi procédé à l’acquisition de terrains  en bord de Seine aux fins de construction de 2 tours de164 mètres de haut. Cet achat représente 50% de la dette. Le seul bémol est que le prince saoudien, promoteur du projet, s’est rétracté, et sue, depuis, les terrains sont en friche.

-          Bertrand DELANOE : le gouvernement Sarkozy menaçait la suprématie du maire de Paris en voulant faire gouverner Paris par un maire et 25 élus comme cela se fait à Londres. Pour éviter cela, le maire et son adjointe, par ailleurs candidate à la succession, viennent de créer la Métropole du Grand Paris qui regroupe 124 communes et 5 départements, institution qui viendra s’empiler sur les 4 niveaux déjà existants. Mais que DELANOE et HIDALGO se rassurent, ils ont été soutenus dans leur démarche, et activement, par des milliers d’élus franciliens soucieux de préserver leurs sièges dans cette nébuleuse.

-          Jean Pierre MASSERET : président de la région Lorraine, il a dépensé plus de 90 millions d’euros pour installer la société Sky Aircraft près de Metz, espérant en faire un Airbus en herbe. Raté ! La société a mis la clé sous le paillasson sans avoir construit l’embryon d’un seul aéronef.

-          Ségolène ROYAL : encore elle, décidément ! De la même manière que son camarade MASSERET, elle a dépensé en pure perte plus de 5 millions d’euros pour installer dans son fief de Poitou-Charentes une société de construction de véhicules électriques, Mia Electric, laquelle n’a réussi à produire que 270 véhicules au lieu des 12000 prévus, ces derniers ayant en prime été achetés par la région. Oups ! il doit y avoir erreur !

Mais il y a aussi, dans ce palmarès, des patrons incompétents :

-          Jean Claude MAS : fondateur de PIP, sa tricherie devrait coûter environ 60 millions d’euros à la sécurité sociale, en raison de la nécessité de retrait des prothèses mammaires défectueuses commercialisées par sa société. Cela sans compter, bien entendu, les traumatismes psychologiques qu’une telle affaire a suscités et le coût que cela engendrera dans les années à venir.

-          Louis PETIET : en 2009 il s’est présenté comme repreneur de la société HEULIEZ, entreprise de carrosserie, et a alors perçu les 7,8 millions d’euros de subventions et d’apports du conseil général de Poitou-Charentes présidé par Ségolène ROYAL (encore elle !) qui était alors entré au capital. Non seulement PETIET n’a jamais fait l’apport des 6 millions d’euros de recapitalisation prévus et promis, mais il a finalement déposé le bilan de la société en octobre 2013.

-          Claude SADOUN : je crois que c’est mon préféré ! 28 milliards d’euros, c’est la garantie qu’a du donner l’état fin 2013 pour sauver le Crédit Immobilier de France.  L’addition est plutôt salée.

-          Pierre RICHARD : retiré des affaires, l’ancien patron de la banque DEXIA a laissé l’Etat combler un trou de 6,6 milliards d’euros dus à sa gestion calamiteuse. Il est bien de noter que son ex DG, Bruno DELETRE a été promu à la tête du Crédit Foncier en juillet 2011 ; Certainement en remerciement de ses bons et loyaux services dans le dossier de rachat des obligations américaines pourries. Qui a dit que le crime ne payait pas ?

-          Anne LAUVERGEON : 2 sinistres avec un coût global de 6 milliards d’euros ont fragilisé le géant du nucléaire. L’acquisition d’URAMIN, un pseudo portefeuille minier mais une belle escroquerie, et la facture explosée du 1er EPR finlandais.

Et d’ardents défenseurs des monopoles comme :

-          Cyril SCHIEVER : patron de Schering-Plough (Merck) en France, il est un lobbyiste très actif du monde des labos et contribue à faire que la part des médicaments génériques soit, en France, largement inférieure à celle de nos voisins européens (13% en France et 24% en GB, 20% en Allemagne). Lui et ses collègues de l’industrie pharmaceutique sont quelquefois condamnés à des amendes (15 millions d’euros pour Schiever dans le cas du générique du Subutex)par l’Autorité de la concurrence, mais il faut croire que les profits sont considérables puisqu’ils préfèrent payer l’amende plutôt que de renoncer. Nos sanctions sont-elles adaptées ? A méditer…

-          Patrick BLAIN : président du Comité des constructeurs automobiles, il protège bec et ongles le monopole historique des pièces de carrosserie. Ce monopole coûte près de 200 millions d’euros aux consommateurs. Mais il brandit l’arme suprême de la destruction massive d’emplois et de la conformité des pièces. Imparable !

-          Bernard PELLETIER : président de la fédération nationale des ambulanciers privés, il coûte chaque année environ 500 millions d’euros chaque année à la sécu. C’est la somme que cette dernière pourrait gagner en rationalisant ses transports sanitaires qui se montent à 3,5 milliards d’euros annuels. Il suffirait que les agences régionales passent des appels d’offres. Panique à la Fédé où on agite le spectre de la suppression d’emplois. En prime il a eu le soutien des syndicats de taxis pour lesquelles la part de ces transports peut représenter jusqu’à 80% du CA.

-          Dominique CERUTTI : aussi un de mes favoris, fervent opposant à la taxe dite TOBIN, autrement dit la taxe sur les transactions financières. Il est le patron d’Euronext et, soutenu par les principaux banquiers français comme PEBEREAU, PROT et BONNAFE (BNP), OUDEA (SG), CHIFFLET et MUSCA (CA), il a privé Bercy d’une recette de 600 millions d’euros annuels en faisant retirer l’amendement du député Christian ECKERT qui prévoyait l’élargissement de l’assiette de la taxe sur les transactions financières définie à minima en 2012. Issus des mêmes cercles que les ministres et leurs conseillers, ils n’ont eu aucun mal à convaincre Bercy de retoquer la mesure.

Nous avons aussi les fraudeurs du fisc. Certes c’est un sport national français, mais tout de même. Parmi eux on trouve :

-          Jérôme CAHUZAC : il est le 1er de ma liste parce que le plus célèbre actuellement. Il n’est pas le seul politicien français a avoir ouvert un compte chez nos voisins helvètes, mais lui était en charge de la lutte contre la fraude fiscale. C’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité ! En prime, il y a des soupçons de blanchiment. Ca fait beaucoup pour un seul homme.

-          Guy WILDENSTEIN : marchand d’art il est suspecté avoir dissimulé une part de sa fortune dans des paradis fiscaux dans le but d’échapper aux droits de succession après le décès de son père en 2008. Bilan, un redressement de 250 millions d’euros lui est notifié par le fisc.

-          Ernest-Antoine SELLIERE : Bercy réclame à l’ex président du MEDEF et patron du groupe WENDEL une somme de 40 millions d’euros et lui reproche d’avoir élaboré un montage sophistiqué lui permettant de bénéficier, avec des cadres de son groupe, d’un intéressement et de plus values à hauteur de 340 millions, tout ça sans payer d’impôt.

-          Jean-Bernard LAFONTA : ex-président du groupe WENDEL, il pourrait être redressé de plus de 100 millions d’euros au titre de la même affaire.

-          Bernard TAPIE : notre ami Nanar est la cible d’une information judiciaire pour fraude fiscale suite aux plaintes de Bercy qui lui réclame 15,7 millions d’euros dans le cadre du dossier Adidas, tristement célèbre.

-          Johnny HALLIDAY : le fisc lui réclame environ 10 millions d’euros pour des revenus perçus en France et non déclarés. A ajouter à cela les explications qui lui sont réclamées par la Suisse et par la France, de manière conjointe, sur sa résidence réelle, sa domiciliation en Suisse ayant été remise en cause suite à un reportage télévisé de nos amis helvètes.

-          Patrick et Isabelle BALKANY : tiens, encore eux ! des élus sont maintenant soupçonnés de confondre argent de poche et deniers publics et ils en font partie. Leur train de vie somptuaire a fini par les rattraper et ils font désormais l’objet d’une plainte pour blanchiment de fraude fiscale.

La liste pourrait être très longue, mais il se fait tard… Et en faisant l’addition de toutes ces sommes inutilement dépensées ou non recouvrées pour quelque raison que ce soit, j’ai le moral en berne !

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