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Billet de blog 12 janv. 2014

Les spéculateurs dans les starting blocks !

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Les spéculateurs sont dans les starting-blocks, prêts à faire dérailler le système financier encore une fois, comme si l’histoire n’avait pas servi de leçon.

Un an après le scandale des ‘subprimes’ et la faillite de Lehman Brothers, au cours du sommet du G20 de Pittsburgh, nous avions assisté à ce que l’on pensait être une prise de conscience de l’ensemble des dirigeants des principales économies mondiales, qui nous juraient alors qu’on ne les y reprendraient pas et que le temps de l’inconscience et de l’absence de responsabilités était fini. Jamais, au grand jamais ils n’autoriseraient un retour à ce qu’ils ont alors appelé des ‘pratiques bancaires antérieures’.

Au vu de ce qui se passe aujourd’hui, et des discours de ces mêmes dirigeants, on peut se poser des questions. Les discours paraissent, disons s'être… considérablement modérés !

En clair, le système n’a pas changé et les spéculateurs se sont fait la belle. Les excès de l’industrie financière auraient même eu tendance à s’amplifier et cela a pris un caractère quelque peu inquiétant.

Comment qualifier les marchés financiers ? Je crois que le terme de bombe incontrôlée, et surtout incontrôlable, est encore trop modéré.

Non contrôlé ? C’est peu dire !

Aujourd’hui, le trading à haute fréquence représente la moitié des transactions. Cette technique qui consiste à passer des ordres d’achat ou de vente en quelques microsecondes via des ordinateurs superpuissants était très peu utilisée avant la crise financière de 2007/2008, et provoque aujourd’hui régulièrement des incidents sur les marchés. Le mini krach de mai 2010 aux USA en est un exemple.

Autre sujet d’inquiétude : le marché des produits dérivés dits ‘de gré à gré’ gonfle de manière exponentielle. Ces instruments financiers d’une opacité parfaite représentaient 700 000 milliards de dollars en 2013 contre 600 000 milliards début 2008.

Quand on sait que ces produits, notamment les CDS (crédit default swap), autrement dit les dérivés de crédit, ont joué un rôle majeur dans la crise en étant responsable notamment de sa diffusion, on est en droit de se poser quelques questions.

Alors, armés de bonnes intentions, nos politiques nous ont expliqué qu’ils allaient mettre un terme à ces agissements et légiférer. Donc on attend. Et on attendra encore longtemps, je le crains !

En effet, suite aux pressions du lobby bancaire, la réglementation sur les dérivés qui devait entrer en vigueur en 2014 s’est vue vidée de sa substance. Pouf ! plus rien, que les promesses !

Alors, direz-vous, d’autres dossiers ont avancé comme celui de la recapitalisation des banques et des niveaux de leurs réserves de disponibilités. Un vœu pieux.

Oui, les réserves ont été augmentées, oui il y a eu une recapitalisation, à quel prix d’ailleurs, mais ces contraintes seraient dérisoires en cas de survenue d’un problème comparable à celui de la faillite de Lehman Brothers.

Et que dire de la tentative de réforme visant à une séparation des activités de marchés à haut risque de l’activité de banque de détail. Elle a accouché d’une souris. Et encore, c’est bien payé ! Sauf quelques petites choses anecdotiques comme les opérations sur les dérivés liées aux matières agricoles, les banques pourront poursuivre leurs activités de trading sans rien changer à leur comportement.

Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des banques !

Alors, nos principaux établissements financiers peuvent continuer à conduire comme des dingues, aucun radar n’est prévu pour les arrêter.

Et paradoxalement, c’est sans doute les politiques des différentes banques centrales, et en premier lieu la FED, qui menace le plus la stabilité des marchés.

En langage populaire, on dirait qu’elles sont devenues folles.

Depuis 5 ans, pour soutenir le système et l’empêcher de sombrer, pour subvenir aux demandes de crédits des états, des banques et des entreprises, elles ont injecté des quantités démentielles de liquidités sur les marchés.

Forcément, si vous inondez les rouages d’une machine avec de l’huile, le système se remet à fonctionner.

Mais tout ça a un effet pervers. Avec de telles quantités de cash, la FED a permis aux cours de certains placements de grimper considérablement au risque de créer de nouvelles bulles spéculatives (immobilier, emprunts d’état, dettes des pays émergents, actions et obligations d’entreprises…).

Il suffit de regarder l’évolution des principaux indices boursiers entre décembre 2008, donc juste après la crise financière, et décembre 2013. C’est assez édifiant !

- NYC indice S&P 500                         + 105%

- Sao Paulo indice BOVESPA                + 46%

- Londres indice FTSE 100                    + 62%

- Paris indice CAC40                            + 43%

- Francfort indice DAX                        + 112%

- Tokyo indice Nikkei 225                     + 99%

- Hong Kong indice Hang Seng              + 73%

Et ça a également ce que l’on pourrait appeler le double effet kiss cool : en réduisant un jour ses injections de liquidités la FED risque de déstabiliser les marchés de manière trop brutale, provoquant ainsi une crise sans précédent.

Au secours, faites quelque chose, ils sont devenus fous !

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