[Européennes 2019] Lettre ouverte à la jeune gauche

Alors que les élections européennes approchent à grands pas, les partis de gauche semblent incapables de se dépasser pour s’unir. Au risque d’avoir cinq listes de gauche en dessous des 10%. Regards publie cette tribune des "Jeunes génération.s" : « pour une victoire européenne de la gauche et des écologistes ».

Cher.es camarades communistes, écologistes, insoumis.e.s et socialistes sincères,

Dans quelques semaines, les citoyen.nes européen.nes se rendront dans les urnes pour constituer un nouveau parlement européen. Alors que 77% des sympathisant.es de gauche se déclarent favorables à la votation citoyenne proposée par Benoît Hamon, la gauche et les écologistes abordent la campagne électorale de façon désordonnée. Derrière cet éclatement se profile une lourde défaite pour le camp de celles et ceux qui aspirent à une autre Europe.

Parue le 22 février 2019 dans Regards.fr

Finir le 26 mai prochain le plus riche du cimetière ne servira personne.

Urgence écologique, déclassement social, déliquescence de la démocratie, montée de l’extrême droite… Tant de raisons qui laissent la jeunesse européenne en proie au doute quant à la possibilité d’un avenir meilleur. La sociale-démocratie n’a pas tenu la promesse d’une société plus juste, ni en France, ni en Europe. Bien au contraire, elle a laissé le néo-libéralisme dérouler paisiblement son agenda politique austéritaire et remporter la bataille des idées.

Face à ces périls, la sortie des réflexes d’appareils pour unir la grande famille de la gauche et des écologistes est un devoir. Nous ne sommes pas de ceux qui pensent qu’il existerait des gauches irréconciliables. Pourvu qu’elles s’accordent à refuser l’ordre établi et à faire de la question sociale et écologique une priorité, les composantes de la gauche font partie d’une grande et unique famille. Un cycle de reconquête politique et intellectuelle doit s’ouvrir, dans lequel un dialogue et un travail commun seront essentiels.

Les points de convergences sont nombreux. Nous critiquons toutes et tous avec vigueur l’orientation néolibérale de l’Union Européenne et l’objectif de démantèlement des solidarités qui l’anime. Toutes nos organisations réclament le rétablissement de l’ISF en France et le combat pour le porter à l’échelon européen.

De même nous avons pris la mesure de l’urgence climatique et sommes persuadé.e.s de l’existence d’un lien inaltérable entre la question écologiste et la question sociale. C’est la raison pour laquelle nous avons pris part aux mobilisations de la jeunesse européenne pour le climat qui doivent aboutir à une révolution fiscale européenne, mettant à contribution les multinationales plutôt que de faire reposer la transition énergétique sur celles et ceux qui ont le moins.

Enfin, nous partageons des combats communs pour lutter contre les tentatives des libéraux, partout en Europe, de réserver le bien commun de l’enseignement supérieur aux seules élites.

C’est maintenant à la jeune garde, impertinente et subversive, de pousser nos aîné.e.s et nos mouvements respectifs à prendre leurs responsabilités. Sortons des réflexes boutiquiers. Unissons-nous autour de nos ressemblances et n’ayons pas peur de laisser le peuple de gauche trancher nos différences. Faisons en sorte qu’au soir du 26 mai, une Europe citoyenne, sociale et écologiste redonne espoir à la jeunesse européenne.

Thibaud Eychenne, Coordinateur national des Jeunes Génération.s

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