La 3e circo du Gard, épisode 9 : socialistes partout, PS nulle part

Ils sont finalement treize sur la ligne de départ des élections législatives sur cette troisième circonscription.

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Treize, et pas de candidat(e) PS : Catherine Eysseric, investie en décembre dernier par le Parti socialiste, a finalement choisi mardi soir de jeter l’éponge, moins d’une semaine après le lancement de sa campagne. 

Un espace politique réduit à peau de chagrin 

Mettant en avant son sens des responsabilités, la possibilité de voir la circonscription basculer du côté du FN et la candidature dissidente de l’ex-socialiste et vice-président du Département Alexandre Pissas, l’adjointe Bagnolaise et conseillère régionale s’est donc retirée. Un retrait rendu inévitable tant l’espace politique pour une candidature PS sur la circonscription s’est réduit à peau de chagrin. 

Coincée entre la candidature de la République en Marche, issue elle aussi du conseil municipal Bagnolais en la personne d’Anthony Cellier, et le dissident Pissas, solidement implanté autour de son fief tresquois, la sociale-démocrate Catherine Eysseric n’avait plus de place. Plus de place et un risque : pas celui de faire gagner le FN, il s’agit ici d’évoquer uniquement le premier tour, mais celui de faire un score famélique. En off, le PS Bagnolais ne voyait pas sa candidate dépasser la barre fatidique des 5 %, en dessous de laquelle les frais de campagne ne sont pas remboursés. Entre la perspective d’être coincé au milieu de micropartis, avec la possible humiliation de se faire doubler par le PCF, et le retrait pur et simple, le PS gardois a donc choisi.  

Sur cette troisième circonscription peut-être plus qu’ailleurs, le fossé entre 2017 et 2012 est vertigineux pour le Parti socialiste, dont est issu le député sortant Patrice Prat, parvenu il y a cinq ans à déloger le maire de Villeneuve (alors UMP, devenu LR) Jean-Marc Roubaud de l’Assemblée nationale. Un PS qui n’a pas donné de consigne de vote à ses militants, laissés face à un choix qui reste malgré tout pléthorique à gauche (et au centre-gauche), de la candidature communiste à celle de la République en Marche, en passant par les Insoumis ou encore le dissident Pissas, qui s’est adjoint les services de la conseillère régionale villeneuvoise Monique Novaretti, issue du PRG. 

Ne pas insulter l’avenir

On a ainsi pu croiser l’ancien secrétaire de la section PS de Villeneuve Joseph Ferré samedi matin à Bagnols à la présentation de candidature des communistes, la vice-présidente du Département élue à Roquemaure Nathalie Nury était présente au lancement de campagne d’Alexandre Pissas à Bagnols mercredi au milieu d’une nuée de socialistes, dont le président du Conseil départemental Denis Bouad ; le candidat de la République En Marche Anthony Cellier — bien que jamais encarté — est entouré de socialistes, comme son directeur de campagne Philippe Pecout ou l’animateur de sa campagne sur Villeneuve Florent Lemont. Quant aux Insoumis, ils sont représentés sur la circonscription par la candidate Geneviève Sabathé, membre du PS pendant plusieurs années, parti qu’elle n’a quitté qu’il y a deux ans. On aura rarement vu autant de socialistes, ou ex-socialistes, ou apparentés (rayer la mention inutile) en tant que candidats ou dans leur premier cercle pour une élection. Aux militants et sympathisants socialistes de s’y retrouver…

Ce retrait socialiste ne change rien sur le fond : la gauche reste plus divisée que jamais. Le PS choisit d’arrêter les frais pour sauver ce qu’il reste à sauver en vue des prochaines échéances électorales. Y aller cette fois-ci avec la certitude de prendre une veste mémorable sur une circonscription où le contexte est encore plus défavorable qu’ailleurs (si tant est que cela soit possible) serait insulter l’avenir. Car ici aussi, le PS a encore beaucoup à perdre.

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