LA GUERRE DU MOYEN ORIENT EST UNE GUERRE CONTRE LE TERRORISME MASQUANT UNE GUERRE DE RELIGION CACHANT UNE GUERRE ECONOMIQUE

Mène-t-elle progressivement vers une 3e guerre mondiale ?
 
Sommaire
-         La 3e guerre mondiale débute-elle au Moyen-Orient ?
-         Quelles sont les causes de la guerre du Moyen-Orient et du terrorisme qui s’y rattachent ?
-         Les lobbys religieux luttent entre eux au service des intérêts capitalistes nationaux.
-         L’islamophobie nourrit l’extrême droite et finalement l’antisémitisme (Todd).
-         L’idéologie religieuse traditionnelle vient généralement renforcer l’idéologie politique dominante
-      Le terrorisme contribue à créer des Etat d’exceptions de nature liberticide.
-         Le chaos sert plutôt les puissants pour asseoir leur domination sur les masses.


Introduction
Comment expliquer les attentats du 7 janvier 2015 contre Charlie Hebdo ? Quelles sont les liens avec la guerre actuelle au Moyen Orient ? Le 26 avril 2015, l’ancien ministre Christian Estrosi a déclaré que « la civilisation judéo-chrétienne dont nous sommes les héritiers aujourd'hui est menacée (…). Oui, les catholiques sont menacés (...) en France, les catholiques sont une cible (…). C'est une troisième guerre mondiale qui nous est déclarée» et il «faut en être conscient » (Figaro, 26 /4 /2015).
Nous ne partageons pas l’idée que les catholiques sont menacés ou du moins en danger en France. Par contre, sans que nous en ayons conscience, en 2015, nous entrons sans doute progressivement dans une 3e guerre mondiale, dont le centre principal des combats se déroule au Moyen-Orient. En France et dans le monde, on assiste actuellement à une montée du religieux et surtout à une nouvelle guerre de religion entre au moins une partie des chrétiens, des musulmans et des juifs. Cette guerre de religion vient cacher une guerre entre capitalistes, pour les ressources du Moyen-Orient notamment.
Le pouvoir de l’idéologie religieuse traditionnelle vient généralement renforcer l’idéologie politique dominante, car le pouvoir religieux est traditionaliste et renforce généralement les classes dominantes au pouvoir. De plus, les lobbys religieux luttent entre eux au service des intérêts capitalistes nationaux et certains usent du terrorisme, en particulier le djihadisme salafiste.
Or, le terrorisme contribue à créer des États d’exceptions de nature liberticide et les politiques et les guerres capitalistes entre nations pour l’accès aux ressources au nom de la démocratie et de la liberté. Par ailleurs, il existe de nombreuses méthodes antidémocratiques et parfois illégales utilisées par les États dits démocratiques d’Occident, pour service l’intérêt national de leurs entreprises, tel le soutien militaire et financier aux dictatures. Ainsi au niveau mondial, on assiste à une guerre de religion (en particulier au Moyen-Orient), qui s’avère instrumentalisée et masquée par une guerre impérialiste pour les ressources. Les conflits se déroulent principalement au Moyen-Orient, mais les tensions, les violences communautaires et les attentats eux touchent le monde entier préfigurant une possible guerre mondiale.
 

La 3e guerre mondiale débute-t-elle au Moyen-Orient ? Nous pouvons faire débuter la guerre du Moyen-Orient avec la 1re guerre du Golfe en 1990-1991, avec 27 pays en lice contre l’irakien. Dans ce pays la guerre continue encore en 2015. La guerre du Moyen-Orient s’est déroulée dans les 6 pays suivants (et continue encore pour certains) : la guerre d’Afghanistan (2001 à 2015 avec  48 pays impliqués directement ou indirectement dans les combats)[1], la guerre d’Irak (2003-2015 avec 18 nations)[2], la guerre du Yémen (2001-2015 avec au moins 15 nations)[3], tandis qu’en 2015, le Comité révolutionnaire Houthis du Yémen est soutenu par l'Iran contre la coalition. Il y a aussi la guerre contre la Lybie de 2011 à 2015 (avec 21 États impliqués contre l’État Libyen)[4] et enfin la guerre en Syrie  de 2011 à 2015 (avec 15 nations, plus la Syrie)[5]. Ainsi, la guerre du Moyen-Orient dure depuis 25 ans, elle a impliqué plus 50 nations, dont la majorité des grandes puissances du G8, qui sont engagées (ou l’ont été) militairement dans des combats se déroulant dans 7 pays (Koweït, Irak, Afghanistan, Libye, Yémen. Si nous ajoutons le conflit israélo palestinien débuté en 1946, car ce fut une des causes de cette guerre, du Moyen-Orient, alors cela fait 9 pays impliqués.
Or, on ne parle jamais d’une 3e guerre mondiale. Alors, que durant la 2e guerre mondiale « seulement » 34 pays étaient engagés, tandis que durant la 1re guerre mondiale plus de 65 pays étaient impliqués. Durant la 1re et la 2e guerre mondiale, les États-Unis étaient eux-mêmes impliqués dans une guerre mondiale, sans qu’ils soient impactés directement sur leur territoire. Seul l’attentat de Pearl Harbor fait exception à ce constat à cela. En Amérique du Nord et en Europe, la situation est comparable actuellement, aussi nous sommes donc peut-être au début d’une 3e troisième guerre mondiale, dont le cœur de l’action se déroule au Moyen-Orient et en particulier en Syrie et en Irak. Cependant, la divergence majeure entre la guerre au Moyen-Orient et les deux guerres mondiales consistent dans le nombre des pays dans lesquels se sont déroulés les combats. Ils sont beaucoup plus limités que ceux de chacune des deux guerres mondiales. Par contre, si on inclut les pays dans lesquelles, il y a des attentats liés à cette guerre, dans ce cas le nombre et l’étendue des dépassent largement les 34 pays de la 2e guerre mondiale[6]. Cependant, nous ne pouvons véritablement pas comparer un attentat qui engendre des dizaines de morts, avec une bataille militaire, qui génère généralement des centaines, voire des centaines de décès. Cette guerre du Moyen-Orient implique des combattants se revendiquant de l’islam, contre les soldats occidentaux majoritairement chrétiens. Mais une autre ligne de fracture sépare les combattants au sein de cette guerre, les musulmans chiites contre les musulmans sunnites et en particulier les djhiadistes salafistes.

Quelles sont les causes de la guerre du Moyen-Orient et du terrorisme qui s’y rattachent ? Suite aux attentats du 11 janvier en France, chacun tente à juste titre de trouver des explications au fait que des Français musulmans commettent des attentats contre des Français dans leur propre pays. Généralement, les analyses sont trop centrées sur une ou deux causes, alors que l’explication est multifactorielle. Néanmoins, il existe une hiérarchie de raisons. Selon notre point de vue, nous classerons ici ces causes par ordre d’importance décroissante. En ce qui concerne ce qui mobilise les « terroristes » de France, l’explication détaillée est complexe parce qu’elle mêle :

- Les causes psychologiques (le besoin de pouvoir lié à la peur d’être faible notamment), qui engendrent la perpétuation d’un système socio-économique fondé sur la domination et l’exploitation, qui nourrit lui-même les travers psychologiques ensuite.

- Des causes sociales (pauvreté, chômage, exclusion...), engendrant la frustration d’être exclus ou trop pauvre, donc le vol et la violence.

- La xénophobie, puis le racisme engendré par le chômage et la pauvreté.

- Le capitalisme (consistant à exploiter et piller les plus pauvres au Nord, surtout au Sud),

- Les actions militaires impérialistes, c'est-à-dire le capitalisme nationaliste (guerre préventive et humanitaire, en réalité des guerres aux services des intérêts capitalistes occidentaux, notamment en Palestine, mais aussi en Irak, Afghanistan, Mali...),

- Les conflits idéologiques (capitalisme, communisme, socialisme, idéologie chrétienne, musulmane, juive, animiste...) car les religions sont bien des idéologies et elles permettent de fédérer des humains derrière la passion politique ou religieuse pour des valeurs: l’égalité, la liberté, la propriété, l’amour, le sacré, dieu...

- Les conflits de civilisation c’est à dire de culture (Occidentale contre le reste du monde)

- Les conflits de coalitions nationales (pays développés les plus riches contre les autres (Chine, Russie, Afrique, Amérique du Sud, Moyen-Orient)).

- L’illégalité des pratiques des transnationales, des élites économiques et politiques du local à l’internationale.


Pour expliquer qu’il s’engage dans une guerre, chaque individu en fonction de son histoire, de son pays, de sa situation économique, de son niveau d’endoctrinement va mettre en avant des priorités différentes. Parfois à juste titre, lorsque sa situation s’avère objectivement analysée et parfois moins lorsqu’il subit un fort endoctrinement, comme tout citoyen dans chaque culture cependant, même si c’est à des degrés divers. La hiérarchie des mobiles qui anime, les jeunes djhiadistes d’un pays riche ou pauvre se révèlent donc différents, mais se rejoint néanmoins pour l’essentiel.
Comme dans la plupart, des guerres, celle du Moyen Orient relève donc d’une double désinformation concernant les mobiles réels motivants l’action des belligérants. La version officielle des Occidentaux consiste à affirmer qu’il s’agit d’une guerre contre le terrorisme sévissant en Occident et que les bombardements sur les djhiadistes, les dictateurs et donc sur les civiles qui les entourent, visent à restaurer la démocratie. Il s’agit donc de bombarder des citoyens pour les libérer. Or, en dehors des situations ou le territoire national est attaqué par une armée, les Occidentaux ne sont quasiment jamais partis en guerre pour défendre à l’étranger, la liberté, la démocratie. Ils ne décident de guerres humanitaires pour sauver des opprimés d’un dictateur que si ce dernier ne sert pas leurs intérêts. Ils ne mènent pas de guerre pour la démocratie, lorsque les dictateurs sont alliés avec eux et ouvrent à leurs transnationales, un accès privilégié aux ressources du pays. Les alliances françafricaines entre les dictateurs d’Afrique et la France, durant plusieurs décennies en sont un parfait exemple, de même que mes alliances entre les dictatures sud-américaines et les États-Unis à la fin du XXe siècle[7].

Le discours du camp opposé, celui des sunnites salafistes djhiadistes (Al-Qaida, État islamique (Daesh), les frères Musulmans, Boko Haram…) consiste à affirmer qu’ils mènent une guerre sainte, une guerre pour restaurer la pureté de la foi et de la religion musulmane, contre les mécréants. La voie véritable consiste selon eux, à suivre la voie du salafisme djhiadistes, plutôt que celui du salafisme quiétiste (non politique), ou des autres voies plus modérées du sunnisme, du chiisme, ou encore du soufisme. Ainsi, le djihad consiste aussi à mener une guerre sainte entre musulmans, comme les chrétiens l’ont mené entre eux pendant des siècles. Cependant, l’ennemi principal reste bien sur les mécréants d’occidents, les chrétiens et les capitalistes, avec leur civilisation dégénérée fondée sur la consommation, le lucre, l’alcool, le sexe, la souillure des femmes montrent leur corps…

Il y a de multiples mobiles secondaires et néanmoins objectifs, qui expliquent la montée de la pauvreté, du chômage, des discriminations, du racisme, du choc des civilisations, des idéologies, des religions…), qui viennent attiser les motivations des belligérants de la guerre du Moyen-Orient, tels les jeunes Français qui s’y engagent.

Cependant, la raison principale relève d’une lutte entre capitalistes pour les ressources. En effet, si nous analysons les motivations des élites du Moyen-Orient, qui s’impliquent dans le salafisme djhiadiste et/ou financent le terrorisme (la rébellion), leur motivation prioritaire et profonde relève principalement de la volonté de défendre leur autonomie économique et finalement de faire respecter leur identité de capitaliste musulman. Bien sur, ils ne le déclarent pas toujours officiellement et dans ce cas ils prétextent généralement qu’ils entendent défendre la liberté nationale, vis-à-vis de l’occident et protéger la pureté de la religion musulmane. Les élites du Moyen-Orient entendent en réalité restaurer leur dignité et leur autonomie face à des élites occidentales, qui dominent leur pays économiquement (avec leurs transnationales), militairement et politiquement (à travers les organisations internationales, tels le FMI et la Banque Mondiale avec la dette). L’argument religieux consistant à proférer que les Occidentaux sont des mécréants est secondaire. C’est une instrumentalisation du peuple et des djhiadistes les moins instruits. Mais c’est bien l’autonomie politique et économique et la lutte contre la domination occidentale qui animent les élites du Moyen-Orient et sans doute aussi la majorité des djhiadistes situés à la base.

Les élites qui financent les djhiadistes considèrent qu’ils aident des rebelles, tandis que les Occidentaux estiment qu’il s’agit de terroristes. En fonction du point de vue de celui qui s’exprime, un groupe sera dénommé rebelle ou résistant par les uns, tandis que le camp opposé les nommera les terroristes (généralement le pouvoir dominant). Le choix des mots change complètement la perception et donc le sens de l’attaque réalisée par les terroristes ou les résistants-rebelles…Durant, la 2e guerre mondiale les résistants étaient dénommés terroristes par Vichy et les nazis.

En réalité, le mobile principal de la guerre du Moyen-Orient relève donc d’une guerre économique entre capitalistes d’Occident, contre les capitalistes du Moyen-Orient, qui défendent leurs ressources contre la prédation des transnationales occidentales, appuyées par leur pouvoir militaire, politique, idéologique… Finalement, on assiste actuellement à une guerre mondiale entre le pouvoir (économique, politique[8] et militaire) capitaliste occidental (majoritairement chrétienne), contre le pouvoir capitaliste non chrétienne du Moyen-Orient islamique et des BRICS, (Brésil, Russie, Inde, Chine, Sud-Africain). Chez ces derniers, l’idéologie religieuse est majoritairement composée des religions suivantes: bouddhiste chinois, hindouisme d’Inde, christianisme orthodoxe russe et christianisme chrétien sud-américain). Les BRICS sont de fait plus ou moins directement contraint de s’allier avec les capitalistes du Moyen-Orient, car ils ne sont pas les alliés prioritaires des États-Unis dans les organisations internationales (ONU, FMI, BM, OMC, OTAN…). Les alliés prioritaires des USA sont les Occidentaux (les européens et Israël).

La grande majorité des guerres militaires ont en réalité des objectifs de domination économique et politique cachés derrières de nobles discours visant à défendre les hautes valeurs de la liberté, la démocratie, l’autonomie, les victimes, l’humanitaire, la pureté de la foi, une noble civilisation... Par exemple, l’Allemagne nazie entendait édifier un grand Reich millénaire s’étendant sur le monde, afin de retrouver la pureté des valeurs de la race blanche aryenne.  Alors qu’il s’agissait surtout d’assouvir le besoin de pouvoir psychologique des élites politiques et économiques et leur pouvoir économique en s’assurant un plus grand accès aux ressources des colonies européennes dans le monde. La dénonciation des juifs servit de bouc émissaire pour fédérer les nationalistes allemands et les fascistes dans le monde, afin de détourner l’attention des mobiles véritables. Nous pouvons ainsi, remonter au moins jusqu’aux guerres saintes des croisades chrétiennes poursuivies jusqu’à Jérusalem. Elles  visaient officiellement à défendre la religion chrétienne, mais relevaient principalement des mêmes enjeux en réalité.

Au plan mondial, il y a donc plusieurs niveaux de désinformation de cette guerre du Moyen-Orient. Elle consiste à faire croire qu’il s’agit :
- d’une guerre pour défendre la démocratie contre les dictatures religieuses.
- d’une guerre entre des idéologies religieuses (les musulmans contre les mécréants : les juifs et les chrétiens).
-  d’une guerre entre l’idéologie capitaliste (les mécréants) et l’idéologie religieuse islamiste.

Alors qu’il s’agit d’une guerre pour le pouvoir impérialiste (économique, politique et militaire) entre le bloc capitaliste occidental, contre le bloc capitaliste non occidental et non une guerre idéologique. C’est une guerre pour servir des intérêts économiques nationaux, ceux de la France, des USA, du Qatar, d’Arabie Saoudite, de l’Iran, etc., et quasiment pas une guerre nationaliste pour des défendre une culture nationale (la culture républicaine, française, musulmane…). Or, officiellement, les néoconservateurs américains, tel Huntington[9] (et à leur suite les gouvernements occidentaux comme la France) mènent au Moyen-Orient une politique de lutte anti-terroriste et lancent des guerres pour la démocratie, afin de créer et instrumentaliser un choc des civilisations, c'est-à-dire une guerre entre idéologies religieuses. A l’inverse, durant la guerre froide, la guerre était  prioritairement idéologique pour défendre un modèle idéologique : le capitalisme contre le communisme et dans une moindre mesure une guerre économique, politique et militaire. La guerre froide consistait de manière secondaire cette fois, à s’assurer des alliances où la main mise sur les pays en développement disposant de ressources minérales notamment. Alors que c’est l’objectif prioritaire de la guerre du Moyen-Orient.
 
L’islamophobie nourrit l’extrême droite et finalement l’antisémitisme. L’idéologie religieuse chrétienne et occidentale reste majoritairement dominante au plan français et même mondial. Or, l’islamophobie actuelle en France, laisse penser que les Français de souche ne seraient plus maîtres chez eux, que leur culture chrétienne, ou du moins la culture et les valeurs occidentales seraient en danger face à celle de l’islam en expansion. C’est ce type de crainte contribuant à la montée de l’extrême droite que vient nourrir le livre « Soumission » (2015) du romancier Houellebecq. Il y fantasme une croissance dangereuse de l’islam conduisant un jour un gouvernement musulman au gouvernement en France. Dans ce pays, les statistiques nous montrent que le danger n’existe pourtant pas au plan numérique, car 6 % de musulmans, ne sont pas susceptibles de mettre en danger le modèle culturel de 94% de non-musulmans. De plus, il est déjà rare qu’une personne modifie son système de valeur et ses opinions politiques au point de changer tendance politique (de passer de la droite vers la gauche, ou l’inverse), mais il s’avère encore plus exceptionnel et difficile de changer de religion, tant cette dernière repose sur des valeurs culturelles profondément enracinées. Par conséquent, il est quasiment inenvisageable qu’une majorité de Français d’origine chrétienne, en viennent à élire un candidat d’un parti musulman.
 
Les différences d'appartenances religieuses des français.
Dans son dernier livre, “ Qui est Charlie ? Sociologie d'une crise religieuse ” Emmanuel Todd montre que dans le manifestation de l’après 11 janvier, les participants étaient majoritairement des membres de la classe moyenne et des cadres, avec une majorité d’entre eux appartenant aux milieux catholiques traditionalistes, ceux-là mêmes, qui se sont montré les plus antisémites dans les années trente. Les classes populaires, dont les ouvriers étaient donc très minoritaires[10].
« Les forces qui se réclament aujourd’hui de la République ne sont pas d’essence républicaine. Cartographie à l’appui, le démographe veut démontrer qu’une « subculture catholique périphérique », qui perdure malgré le déclin de l’Église, détermine à leur insu les individus (…). Emmanuel Todd estime que les manifestants du 11 janvier qui scandaient « nous sommes Charlie » ont en toute conscience, défilé pour la tolérance. Mais ce n’est pas la réalité des « valeurs latentes » c'est-à-dire subconscientes, qui les agissaient. Ce jour-là, écrit-il, « il s’agissait avant tout d’affirmer un pouvoir social, une domination ». Celle de la « France blanche » des catégories supérieures qui s’est précipitée dans les rues pour critiquer « la religion des faibles », celle des musulmans en France. Car les Français de souche sont majoritairement de culture judéo-chrétienne. En résumé, il y a un décalage complet entre les paroles et les actes de ces dominants qui composèrent l’essentiel des manifestants[11].
Aussi, Emmanuel Todd estime que la majorité des participants qui participaient à cette manifestation ne protestait pas seulement contre le terrorisme et pour la liberté d’expression, mais surtout contre le terrorisme islamique et finalement contre l’islam. Or, il considère que l’islamophobie des chrétiens favorise l’antisémitisme actuel des musulmans de France et l’antisémitisme futur des chrétiens traditionalistes.
Cependant, si les sondages ne se trompent pas et que les milieux chrétiens de la classe moyenne et des cadres étaient effectivement surreprésentés dans cette manifestation, par rapport à leur poids dans la population française, il est néanmoins difficile de conclure que la majorité des participants partageaient une attitude islamophobie.
Cependant, pour notre part, nous partageons l’idée qu’en France notamment, les attaques idéologiques contre l’islam émises par une part de l’opinion publique et certains médias relèvent aussi, d’une attaque contre une population de religion musulmane appartenant majoritairement aux classes dominées et exploitées, par les classes dominantes cadres et majoritaire (moyenne et chrétienne). Par ailleurs, il existe bel et bien une lutte mondiale entre religions pour la conquête de l’hégémonie l’idéologique, mais actuellement, l’occident chrétien est loin d’être dépassée et reste majoritaire tant numériquement, qu’en puissance d’influence.

L’idéologie religieuse traditionnelle vient généralement renforcer l’idéologie politique dominante. Le Pape de l’Église catholique romaine représente le dignitaire, le plus puissant des trois principales églises chrétiennes : catholique, protestante et orthodoxe… Son pouvoir s’appuie sur une organisation fortement structurée et hiérarchisée, rassemblant de très nombreux croyants majoritaires, par rapport aux autres églises. En 2010, « le nombre de chrétiens dans le monde croit de manière constante. Sur les 6,9 milliards (Mds) d’habitants, il y a 2,2 Mds de chrétiens (dont 50% de catholiques, 37% de protestants et 12% d’orthodoxes ».), 1,6 Mds de musulmans (23 %), 1 Mds d’hindous (15 %), près de 500 millions de bouddhistes (7 %) et 14 millions de juifs (0,2 %)[12]. Le pouvoir des dirigeants de l’église chrétienne et du pape catholique en particulier, est donc le plus important, avec 32% de la population mondiale dont 11% sont catholiques.

Le pape à lui seul est le chef spirituel d’environ 1,1 milliard de catholiques. Il n’y aucun chef d’État occidental, qui à sous sa direction autant d’individus dans le monde ! De plus, le pape exerce une influence indirecte, sur les dirigeants et les croyants, des autres églises chrétiennes en particulier protestantes et orthodoxes, puisqu’elles sont moins puissantes et organisées. Ainsi, son influence s’exerce sur près de 2,2 Mds d’êtres humains, plus que le président de la Chine, qui compte le plus grand nombre d’habitants. Ce pouvoir s’exerce grâce à un nombre de croyants plus important que les autres religions, mais surtout grâce à ses alliances avec les élites économiques et des pouvoirs publics des États dominants.

D'un côté, la classe des élites religieuses use de la religion comme opium du peuple, pour reprendre les mots de Marx. C’est le cas lorsqu’elles omettent de dénoncer les problèmes fondamentaux de la société, ou qu’elles mettent en avant seulement les solutions individuelles au détriment des solutions collectives. Même si la religion est très différente de la spiritualité, qui relève d’un vécu individuel et intérieur.Le discours consistant à se changer soit même pour changer le monde est opérant, mais lorsqu’il vient faire oublier l’approche complémentaire, consistant à changer le monde pour changer les individus, il devient « un opium du peuple ».

S’allier le pouvoir des communautés religieuses, via leurs dirigeants s’avère donc indispensable pour la classe des élites des pouvoirs publics, afin d’asseoir leur pouvoir. Cependant, au plan international les classes des élites économiques et politiques n’ont pas tous les mêmes intérêts entre les néocolonialistes et les autres, entre les dirigeants du G8 et ceux, qui en sont exclus. Aussi les différences religieuses sont souvent instrumentalisées pour renforcer le pouvoir des dominants. Les luttes interreligieuses résultent aussi de ces luttes économiques et politiques. Les guerres de religion, se transforment plus ou moins en lutte pour l’hégémonie idéologique, entre les classes des élites catholiques, protestantes, islamistes, juives, hindouistes, bouddhistes… Plus un dignitaire religieux agrandit le nombre de ces fidèles, plus il accroît son pouvoir d’influence et plus il devient un allié utile aux élites économiques et aux pouvoirs publics.

Ces derniers sont influencés aussi par les lobbys religieux et leurs idées politiques, de même que l’est l’opinion publique. Les communautés religieuses ont aussi des intérêts propres en fonction des pays et des localités et exercent un pouvoir sur les politiques.

Les lobbys religieux luttent entre eux au service des intérêts capitalistes nationaux. Aujourd’hui les luttes pour obtenir le pouvoir religieux se perpétue chez les dirigeants religieux d’envergure mondiale, nationale ou locale, mais aussi dans une moindre mesure chez les adeptes à la base. Les membres d’une communauté religieuse, lorsqu’ils défendent de « nobles vérités », des visions du monde utiles à l’émancipation des humains, défendent aussi de manière subconsciente, leur identité et leur sécurité personnelle fondée notamment sur la cohérence, la solidité et la stabilité de leur communauté. La cohésion et la promotion d’idées potentiellement émancipatrices, deviennent alors rapidement la défense de chapelles.

Tandis que les lobbys catholiques et protestants soutiennent les pouvoirs capitalistes en place, les autres religions ne sont pas en reste. Les luttes entre capitalistes occidentaux et le capitalisme arabe sont soutenues par les différentes religions locales. Les lobbys islamistes viennent défendre des intérêts généralement opposés aux lobbys sionistes et aux lobbys catholiques ou protestants, lorsqu’ils sont au service du capitalisme et de l’occident. Ainsi, dans les pays arabes, ils s’opposent à la domination impérialiste des transnationales Occidentales dans leurs régions. Ce faisant, ils viennent épauler les classes des élites économiques et politiques (élus et monarques) arabes au pouvoir. Cependant, le rôle des groupes islamiques djhiadistes, telle Al-Qaida se révèle plus ambigu, lorsqu’ils affirment commettre des actes de terrorisme contre l’impérialisme occidental. En effet, depuis l’attentat du 11 septembre 2001 contre les tours jumelles et les autres vagues d’attentats dans les différents pays du monde, le pouvoir répressif militaire et policier des membres du G8 n’a fait que s’accroître. Les États-Unis, l’OTAN et leurs alliés, notamment français, ont pu pénétrer militairement et impunément en Afghanistan, en Irak, dans tout le Moyen-Orient et asseoir leur main mise sur le monde et finalement implanté leurs transnationales prédatrices.

Quand aux lobbys juifs, ils viennent appuyer en Occident et particulièrement aux États-Unis, les intérêts sionistes d’Israël contre ceux des palestiniens et du Moyen-Orient. Aux États-Unis, ce lobbying envers le gouvernement et son armée passe principalement par le courant des néo-conservateurs, dont l’idéologue principal est Léo Strauss. De ce point de vue, l’accord entre les colonisateurs britanniques et les sionistes après la seconde Guerre mondiale a permis d’installer un représentant du pouvoir blanc occidental et impérialiste au cœur du Moyen-Orient. C’est donc une tête de pont pour le contrôle de cette région, via l’armée d’Israël et des États-Unis. La guerre de religion que cela génère, engendre le chaos, dans le Moyen-Orient et dans l’ensemble du monde. Le désordre et les conflits peuvent servir les intérêts des États les puissants. Cela leur offre un prétexte pour pénétrer dans ces États au motif de restaurer l’ordre, dans le cadre des guerres préventives ou humanitaires et de la lutte contre le terrorisme religieux ou politique.

Ainsi, au Moyen Orient, la guerre économique des capitalistes occidentaux pour les ressources se transforme en guerre de religion entre les musulmans contre l’occident chrétien et les juifs d’Israël et dans le monde. En Europe, elle se s’accélère depuis le 11 janvier 2015 sous la forme de tensions et de violence entre communautés religieuses. Mais le chaos militaire au Moyen Orient s’accroît encore, car s’y ajoute une nouvelle guerre entre musulmans Chiites et Sunnites. Ces derniers « sont ultra-majoritaires dans le monde musulman, ils représentent 85 % des musulmans. Les Chiites sont toutefois majoritaires en Iran, en Irak et au Liban. Les Alaouites (dont se réclame Hafez el Assad, le dictateur syrien) constituent une branche du Chiisme et sont majoritaires en Syrie. Les rivalités régionales au Proche et au Moyen-Orient ont renforcé les divisions entre Sunnites et Chiites et conduisent au durcissement de la crise actuelle »[13].


Le terrorisme contribue à créer des États d’exceptions de nature liberticide. En France, la loi sur le renseignement pour lutter contre le terrorisme, voté en première instance par les députés le 5 mai 2015, met potentiellement en péril la démocratie citoyenne, puisque toutes les personnes mettant en péril « les intérêts essentiels de la politique étrangère » et « les intérêts économiques et scientifiques essentiels de la France » sont susceptibles d’être surveillés par l’Etat. En un mot tous les militants qui condamnent la politique impérialiste de la France peuvent donc être surveillés officiellement. Suite aux attentats commis en France, dans les années 80, le gouvernement s’est doté d’une Loi sur les « associations de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » le 9 septembre 1986. Concernant, la loi dite « Perben II » votée en 2004, le conseil constitutionnel, affirme lui-même que «plusieurs des règles procédurales applicables au terrorisme et à la répression du trafic des stupéfiants, ont vu leur champ d’application étendu aux infractions liées à la criminalité organisée par la loi du 9 mars 2004. De ce point de vue, on peut dire que les dispositions applicables en matière de terrorisme ont servi de matrice à un régime élargi au champ de la criminalité organisée » de nature dérogatoire[14].

Grâce à l’existence du terrorisme réel ou fictif, les Etats peuvent ainsi créer des « lois d’exception », profondément liberticide, même en régime dit démocratique. De même, un mois après le 11 septembre 2001, le congrès des États-Unis, a voté « l’USA Patriot Act », qui permettent de détenir sans procès et sans limite une personne soupçonnée de Terrorisme, jusqu’à ce que la Haute Cour déclare ces mesures illégales.” Des dizaines de prisonniers de Guantanamo, sont restés plus de dix ans dans cette situation, qui est légale, mais profondément contraire aux droits de l’homme.

Le chaos sert plutôt les puissants pour asseoir leur domination sur les masses. Il existe donc des nombreuses méthodes anti-démocratiques ou illégales et immorales utilisées par les Etats dit démocratiques pour service l’intérêt national de leurs entreprises. Au-delà de ces stratégies machiavéliques, le néolibéralisme libéral conduit finalement au même but. Il appauvrit les populations dont les souffrances s’accroissent. Le chômage et la pauvreté engendrent des frustrations et des rejets, puis des violences, le racisme envers l’étranger et enfin contre son voisin de quartier. La pensée devient manichéenne et binaire, la réflexion se limite à l’amalgame et à la contagion. Chacune des communautés ethniques, religieuses et politiques se resserre sur elles-mêmes, agresse les autres et même souvent en vient à agresser ses propres membres. Le chaos s’accroît, les guerres se multiplient généralement depuis les pays en développement, puis gagnent les pays industrialisés. Cependant, les élites disposent des moyens pour se protéger des guerres civiles et inter-étatiques (garde du corps, éloignement des lieux sensibles…), tandis que le peuple en subit plus directement les conséquences dans sa chair et sa vie quotidienne. Ce sont les enfants des plus pauvres qui composent la majorité des soldats de terrain, tandis que les enfants des élites qui font la guerre sont généralement des officiers qui restent loin du champ de bataille. Les industriels s’enrichissent de ces guerres par la vente d’armes ou par la reconstruction des infrastructures détruites. Les tensions engendrent les chaos qui permettent aux gouvernements d’accroître la police, les armées et les contrôles de l’État policier néolibéral. Finalement, les micro-conflits civils et les petites guerres entre nations permettent même aux États les plus puissants (ceux du G8) de renforcer leur pouvoir en développant l’ingérence préventive ou les guerres humanitaires ou la lutte internationale contre le terrorisme. En un mot le capitaliste instrumentalise les États pour jouer aux pompiers pyromanes.

 

Conclusion
Depuis, 1991, puis à nouveau depuis 2001 à partir des attentats du 11 septembre, les Occidentaux prétextent qu’ils bombardent le Moyen Orient pour défendre la liberté et la démocratie contre les dictatures, tandis que les djhiadistes affirment qu’ils mènent une guerre  entre religions (musulmanes contre chrétiens et juifs). Parfois, ils affirment qu’il s’agit aussi d’une guerre entre l’idéologie religieuse et l’idéologie capitaliste. En réalité il s’agit d’une guerre mondiale entre capitalistes pour le pouvoir économique, politique et militaire. Les élites des pays du Moyen-Orient de ce point de vue étant un peu plus légitime, puisqu’ils défendent leurs ressources et leurs territoires. Cependant, ces élites politiques et économiques ne visent qu’à développer un capitalisme musulman plus ou moins démocratique ou non, au détriment des classes les pauvres de leur pays et du monde.

Le principal foyer des batailles militaires de cette guerre mondiale se déroule dans 6 pays du Moyen-Orient (8 si on inclut, Israël et la Palestine). Cette guerre du Moyen Orient implique plus de 50 nations, elle a débuté en 1991 avec la guerre du Golfe, depuis près de 25 ans. Si le nombre de pays dans lesquels se déroulent les combats augmentait, il s’agirait véritablement d’une 3e guerre mondiale. Si on inclut les pays touchés par les attentats terroristes liés à cette guerre, alors nous pouvons considérer que nous y sommes déjà, depuis près de 25 ans.


[1] De 2001 à 2015, la guerre contre l’Afghanistan a impliqué plus de 48 pays dont la Grande Bretagne, l’Espagne, la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Italie…

[2] La 2e guerre du Golfe ou guerre d’Irak se déroule depuis 2003 jusqu’en 2015. Elle a impliqué au moins 18 nations en guerre[2] contre l’Etat irakien dirigé par Saddam Hussein, puis contre les forces rebelles. La coalition étaient la suivante : États-Unis (2003-2011 et 2014-en cours); Royaume-Uni (2003-2011 et 2014-en cours); Australie (2003-2009 et 2014-en cours); Canada (2014-en cours); Espagne (2003-2004); France (2014-en cours); Pologne (2003-2008); Pays-Bas (2003-2005 et 2014-en cours); Italie (2003-2006); Géorgie (2003-2008); Ukraine (2003-2008); Corée du Sud (2003-2008) et 6 autres nations étaient présentes.

[3] Depuis, 2001 et jusqu’en 2015, la guerre du Yémen a impliquée au moins 15 nations. En 2015, le Comité révolutionnaire Houthis du Yemen est soutenu par l'Iran contre la coalition. La coalition étaient la suivante : États Arabie saoudite; Bahreïn; Jordanie; Qatar; Maroc; Égypte; Koweït; Soudan; États-Unis; Turquie; Sénégal; Mauritanie; Somalie; Djibouti; Yémen (gouvernement de Hadi).

[4] En 2011, durant la guerre contre la Lybie il y avait 21 Etats impliqués contre l’Etat Libyen, dont la Belgique, Canada, Danemark,  Espagne, Émirats arabes unis, Etats-Unis, France, Grèce, Italie, Jordanie, Norvège, Pays-Bas, Qatar, Roumanie, Royaume-Uni, Suède, Turquie, Bulgarie.

[5] De 2011 à 2015 se déroule la guerre en Syrie. En 2015, contre l’État islamique (Daesh) l’alliance regroupait 15 nations, plus la Syrie. Les principales grandes puissances occidentales : Etats-Unis, Arabie saoudite, France, Émirats arabes unis, Australie, Royaume-Uni, Canada, Pays-Bas, Danemark, Belgique, Italie et certains pays arabes : Maroc, Jordanie, Bahreïn, Qatar.

[6] Liste chronologique des attentats meurtriers dans le Monde : http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27attentats_meurtriers

[7] La guerre d’Irak, qui est une des phases de la guerre du Moyen Orient a même été initiée par un mensonge d’Etat, commis par les Etats-Unis au Conseil de sécurité de l’ONU, sur la base de fausses photos d’installations nucléaires irakienne. Ce mensonge d’Etat au plus haut niveau des instances internationales publiques, n’a engendré aucune sanction, ni critique régulière dans les médias occidentaux, puisque ce délit fut commis par les dominants.

 

[8] Nous définirons le pouvoir politique (international), comme le pouvoir exercé sur les organisations hégémoniques (internationales : FMI, BM, OMC, G8, Conseil de sécurité de l’ONU), dont la fonction relève de la décision (internationale) de la direction politique économique, militaire, idéologique…

[9] HUNTINGTON, Samuel, Le Choc des civilisations, Paris, Éditions Odile Jacob, 2000, 545 p.

[10] TODD Emmanuel, Qui est Charlie ? Sociologie d'une crise religieuse, Seuil, 2015.

[11] TRUONG Nicolas, Emmanuel Todd contre les illusions de la France du 11 janvier, Le Monde, 7 mai 2015.

[12] PEW RESEARCH CENTER, The Global Religious Landscape, A Report on the Size and Distribution of the World’s Major Religious Groups as of 2010, 2010.

[13] BOUTON Jean Philippe, Quelle est la différence entre Chiites et Sunnites ? 16 Juin 2014, http://www.editions-des-chavonnes.com/2014/06/quelle-est-la-difference-entre-les-chiites-et-les-sunnites.html

[14] CONSEIL CONSTITUTIONNEL, Visite à la cour suprême du Canada, La lutte contre le terrorisme dans la jurisprudence du Conseil constitutionnel, 24 au 26 avril 2006, http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/root/bank_mm/pdf/Conseil/20060426.pdf.


Par Thierry Brugvin
Sociologue
Auteur du Pouvoir Illégal des élites (Max Milo, 2014)

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