Julien Borowczyk, député et médecin qui ne sais pas que le burn-out est une maladie

Lors des débats de la niche parlementaire du groupe la FI, Julien Borowczyk, député LREM de la 6è circonscription de la Loire et médecin de profession a opposé au nom de son groupe le déni d'une maladie professionnelle mortelle et des propos orduriers à l'encontre de l'opposition et singulièrement de Jean-Luc Mélenchon. Ce papier est la copie du courrier que je lui ai adressé ainsi qu'au Progrès.



Monsieur le député,

Je vous écris à titre personnel, mais j'associe à mon message Édouard, un de mes collègues cheminot qui ne pourra pas vous écrire pour la bonne raison que cet homme de 42 ans, travailleur handicapé et délégué syndical SUD-Rail s'est jeté sous un train dans la nuit du 10 au 11 mars 2017 après avoir subi des mois, des années de harcèlement de la part de sa hiérarchie. Cet homme est mort d'un mal que vous, un médecin, n'êtes pas capable d'identifier, une maladie professionnelle qui n'existe pas et que l'on appelle un burn out. Ce mal que l'homme que vous avez publiquement insulté à la tribune de l'assemblée, Jean-Luc Mélenchon a traduit en disant « cramé par le travail ». Une notion qui vous est de toute évidence étrangère.

J'espère que votre groupe vous est reconnaissant pour votre intervention pitoyable à l'assemblée nationale hier, parce que les travailleurs qui souffrent au quotidien eux n'ont rien à attendre de vous et de vos semblables.

La France Insoumise a déposé une proposition de loi pour la reconnaissance du burn out en tant que maladie professionnelle. En tant que citoyens que vous êtes supposé représenter (j'espère que vous avez compris que c'était le sens de votre candidature), nous ne vous demandons pas d'accepter que l'opposition, sur des sujets d'intérêt général, puisse avoir raison. Nous vous demandions simplement de respecter la charge que fait peser votre écharpe sur vos épaules, à savoir être représentant du peuple et à ce titre, en toute indépendance, construire le droit de ce pays. Et cela passe par le débat, pas par votre explication de vote lamentable et injurieuse.

Le motion de rejet que vous vous êtes chargé de défendre avec zèle en tant que fossoyeur de l'indépendance du pouvoir législatif, ne venait ni s'opposer à un texte anticonstitutionnel, ni s'opposer à un texte sans objet, sauf à prétendre comme vous le fîtes que le burn out n'est pas une maladie, juste un syndrome.

Le motif de cette motion n'avait aucun rapport avec le sujet. Elle venait seulement affirmer, comme votre groupe est chargé de le faire depuis 7 mois, que l'opposition dans ce pays n'a même plus le droit de s'exprimer et n'a plus le droit de prendre part à la construction des lois. Cette affirmation de la puissance écrasante de votre groupe - non pas au service des français mais au service de la présidence - n'avait pas besoin de s'adjoindre l'injure et la volonté d'humilier.

Mais quand il s'agit d'écraser, il n'est pas question de respecter les hommes et les titres, fussent-ils vos collègues. Pas question à travers euxde respecter les français.

Vous vous croyez important sans doute, ce qu'en une autre époque on aurait qualifié de notable. Vous n'êtes que le petit serviteur d'un modèle de République qui sera je l'espère pour le bien être de notre pays et celui des français, jeté dans les poubelles de l'Histoire.
Quand je vous ai vu hier fanfaronner depuis le pupitre où des gens illustres se sont exprimés avec vos arguments minables et vos piques ridicules contre Jean-Luc Mélenchon, c'est à mes collègues prématurément décédé que je pensais, c'est à Édouard qui est mort de rien à vous entendre.

En montant à la tribune, vous n'aviez sans doute en tête que votre instant de gloire ridicule qui a sans doute flatté votre vanité devant des bancs disparates de nos représentants. En redescendant de cette tribune, il ne restait qu'un député qui restera dans l'anonymat des besogneux et qui se sera montré indigne de son titre de représentant du peuple pour pavaner devant les vôtres.

On peut très bien survivre à la perte de sa dignité, on ne se relève pas d'un suicide au travail.

Je vous prie, monsieur le député, d'agréer l'expression de ma froide colère face à ce que vous et vos semblables font de notre démocratie.

Thierry Decocq

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