Berezinsky, une réserve biélorusse.

Petr et Sophia Y., village de Sloboda, réserve de Berezinsky, 27 mai 2014. © Thierry Girard Petr et Sophia Y., village de Sloboda, réserve de Berezinsky, 27 mai 2014. © Thierry Girard



"L’homme doit avoir 85 ans et sa femme 75. Il se présente comme ancien forestier, mais aussi vétérinaire, du moins c’est ainsi qu’Anastasia me traduit. En fait, je comprends surtout qu’il aime les chevaux et qu’il savait les soigner. Il avait appris ça de son père et au moment de la guerre et les Allemands ont vite remarqué ce jeune garçon, alors âgé de 12 ans, qui aimait s’occuper des chevaux. Les soldats allemands lui avaient promis de l’envoyer plus tard en Allemagne faire des études… Il n’ira qu’en Autriche, après la guerre, enrôlé dans l’armée d’occupation soviétique ! Je lui demande comment c’était : « La discipline, me dit-il, trop de discipline ! Mais j’ai pu faire du ski ! ». L’homme est bavard, mais je sens que ses propos gênent ma traductrice qui ne me rapporte pas tout. Je comprends cependant que son père était en fait germanophile et vraisemblablement germanophone puisqu’il avait épousé en premières noces une allemande rencontrée dans un camp de prisonniers pendant la guerre de 14. Cette première femme était décédée peu après, mais le père devait avoir gardé quelque penchant pour les Germains. Sa femme, un peu taiseuse, abonde régulièrement dans son sens. Lorsque je demande s’il y avait beaucoup de Partisans ici, dans la forêt autour du village, elle répond sèchement, avec un visage fermé : « Oui, il y avait des Partisans ! ». Point barre."

La suite est à lire sur le lien suivant : https://wordspics.wordpress.com/2015/05/27/berezinsky-une-reserve-bielorusse/

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.