suite 3 - inflation et deflation

Où l'on voit que le processus de création-destruction monétaire par les banques engendre des effets sur le niveau général des prix et des salaires et des profits

Voilà un processus dont je n'ai pas trouvé la réponse dans les livres que j'ai consultés ("la monnaie un enjeu politique" des economistes atterrés et "l'economie postkeynesienne" de marc Lavoie). En effet, plus je réfléchis plus je tend à penser que les variations de la masse monétaire engendré par le systême du crédit/création monétaire engendre de la déflation et de l'inflation.

voici mon modèle, simpliste mais qui permet de décrire le processus :

On se place dans une économie simpliste avec une unique banque B capitaliste, une unique entreprise capitaliste E , des salariés, un banquier propriétaire de la banque B et un capitaliste propriétaire de l’entreprise E. on considère que l’entièreté de la monnaie est créée par la banque capitaliste B

MODELE 1 –processus de déflation

PERIODE 1 :

B prête 100 en monnaie à E et demandera 104. création monétaire de 100 en monnaie.

1ere période :

E produit. E paye ses salariés et son capitaliste.

Salaire de 90 et profit de 10.

Les salariés dépensent tout --- 90 pour E

Le capitaliste dépense tout ---10 pour E

Le banquier ne dépense rien puisqu’il n’a pas de monnaie.

E se retrouve avec 100.

INTERPERIODE

E doit rembourser une part du prêt --- E donne donc 52 à B.

Donc E se retrouve avec 48. B reverse 4 en dividende au banquier. 48 (52-4) en monnaie sont détruites par la banque B.

PERIODE 2

E produit.

E paye ses salariés et son capitaliste

Or elle n’a plus que 48 en monnaie

Donc salaire de 40 et profit de 8 ----DEFLATION

Les salariés dépensent tout --+40 pour E

Le capitaliste dépense tout --+8 pour E

Le banquier dépense tout --+4 pour E

Donc E se retrouve avec 40+8+4 donc 52

E donne 52 à B. B détruit ces 52 restants. Il n’y a plus de monnaie dans l’économie ni dette.

Note : évidemment on peut montrer que ce processus de déflation a des effets réels sur l’économie sous certaines hypothèses (les salariés vont-ils accepter de travailler autant alors que leur salaire nominal a été fortement réduit ?)

MODELE avec INFLATION ou processus à la steve keen :

La 1ere période est identique.

INTERPERIODE :

E ne rembourse QUE les intérêts auprès de B donc 4.

B verse 4 en dividende au banquier.

E, forte de sa réussite économique, souscrit un nouveau prêt auprès de B de 100 (mais B demandera 104). création monétaire de 100.

E se retrouve donc avec 100-4+100 donc 196 en monnaie.

PERIODE 2

E produit.

E paye ses salariés pour 180, son capitaliste pour 16 ----INFLATION

Les salariés dépensent tout --- +180 pour E

Le capitaliste dépense tout --+16 pour E

Le banquier dépense tout -- +4 pour E

180+16+4 donc 200 de monnaie pour E

E doit donc 204. Elle dispose de 200. Voir modele 1 avec déflation pour la remise à zéro en terme de quantité de monnaie.

Note : le modele est fruste et n’a pas pour l’instant d’incidence réel.Par ailleurs, il s'avère qu'il est LOGIQUEMENT impossible de supprimer les dettes en une seule période puisque la création monétaire est de 100, mais que la quantité demandée par la banque est de 104. On ne peut résoudre ce paradoxe qu'en supposant que le remboursement du prêt est étalé sur plusieurs périodes et que les dividendes sont versés au banquier, sinon il me semble que le systême ne "boucle" pas.

Merci de m’avoir lu.Qu’en pensez vous ?

PS : nous avons tout à gagner à montrer théoriquement que les dettes(notamment public) ne peuvent pas être payées à moins d’entrer dans un processus de déflation.

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