Ethique et étiquettes • pour une consommation responsable

Vous pensez que votre avis ou que votre consommation n'ont que peu de poids ? Pourtant, rares sont les entreprises qui pensent pouvoir ignorer les préoccupations éthiques de leurs clients... Notre manière d’acheter peut être un levier majeur pour agir sur le monde, et notre pouvoir en tant que consommateurs est significatif.

Certes, les entreprises créent de nouveaux besoins. Elles tentent de nous faire consommer à dessein, notamment par les leviers insidieux de la publicité. Mais elles s’adaptent aussi à nos besoins. Au final, c’est nous qui décidons.

Consommer moins, mieux, localement, des produits éthiques, équitables, écologiques et/ou économiques, tout cela aura un impact sur notre environnement.

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L’acte d’achat peut donc devenir un acte citoyen. Mais cette responsabilité est souvent délicate voire impossible à exercer : la multiplication des labels, que souvent s’octroient les entreprises, l’absence de lisibilité des produits et de leurs conditions de fabrication créent difficultés et confusions. Dans ces conditions, le consommateur ne peut être qu’en partie incriminé.

Que faire ?

Pourquoi ne pas mettre en place sur tous les produits de consommation courante un étiquetage obligatoire et rigoureux sur leur caractère éthique et écologique ?

Ainsi, un produit labellisé « commerce équitable », sur-emballé et ayant parcouru un long trajet, afficherait une bonne note éthique, mais une mauvaise note quant à l’impact écologique.

En plus d’éclairer les consommateurs, ces étiquetages constitueraient un levier pour orienter les choix des fabricants, des importateurs, et des distributeurs vers des produits bien notés.

Un tel système d’étiquetage ne serait, bien sûr, pas simple à mettre en œuvre. Il aurait un coût et devrait tenir compte de nombreuses variables. Se poserait aussi la question de sa transparence et de son équité.

Mais forts de ces informations, les citoyens pourraient enfin devenir des consom’acteurs avertis.

Cette proposition peut paraître irréaliste ou utopiste. Or, elle faisait partie du projet du Grenelle de l’Environnement en 2007. Par l’action de nombreux et puissants lobbies, elle a été rejetée.

A l’inverse de la publicité, ce système d’étiquetage est éthique et démocratique. Dans un monde en quête de sens, il offre une voie vers des pratiques plus responsables et vertueuses. N’abandonnons donc pas l’idée, au contraire revenons-y : tous consommateurs, nous sommes puissants et pouvons aussi exercer des lobbies en ayant une action concertée auprès de nos gouvernants.

A force de persévérance et d’implication, nous arriverons à gagner notre liberté de choisir en conscience, et d’agir en humanité.

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