Collectiviser la Finance

Si on part de l'idée que le rôle d'une banque c'est exclusivement de délivrer des crédits pour permettre la circulation de l'agent et la dynamique économique, on comprend mal qu'on laisse la banque centrale prêter à taux 0 son fric à des banques privées qui s'empressent de spéculer plutôt que de faire crédit, d'autant plus qu'elles ont la garantie de l'état de les couvrir si elles se plantent (aléa moral). Quand vous constatez que depuis 1945 toutes les crises ont été du fait de la finance privée et toutes soldées par l'argent public, on peut en arriver à se demander à quoi sert la Finance privée, à part nous parasiter et s'engraisser sur notre dos. Donc au vu de notre constitution et de la notion du service public que représente la Finance, plus le fait qu'elle est trop importante pour que l'état s'en désintéresse en cas de problèmes,  je milite pour une collectivisation de toute la Finance, ou pour le moins la création d'un pole public dynamique et fort.

Pourquoi ? Parce qu'une banque privée analyse le crédit en terme de risques et gains pour elle quand une banque publique ne devrait être juge que de l'intérêt du projet pour la collectivité, parce qu'une entreprise qui réussit, crée des emplois, crée des richesses et paie des impôts. Dans ce sens je rends à mon vieux copain Olivier  Lietard qui m'en a convaincu les idées qui étaient les siennes sur le sujet, il y a déjà 5 ou  6 ans. Une banque publique pourrait soutenir beaucoup plus facilement l'investissement, sans même appliquer de frais financiers, simplement parce que l'entreprise qui réussit, va compenser par ses gains et son action, les dossiers qui auront été en échec. On revient à la macro économie et au coefficient multiplicateur de la dépense publique. Donc on pourrait très bien concevoir une banque publique d'investissement qui perde même du fric parce que nombre de ses dossiers ne se réalisent pas et équilibrée sur le budget de l'état qui, lui, retire les gains de l'action économique et des emplois créés par les entreprises qui ont réussi. Cela ne veut pas dire faire n'importe quoi et jeter l'argent par les fenêtres, mais aborder le crédit sous l'angle de l'intérêt collectif. Bien entendu qu'il faut un contrôle très serré pour éviter les dérives, abus et copinages, mais ce n'est pas impossible à mettre en place, si on veut bien concevoir le rôle du parlement dans une démocratie participative à autre chose qu'une simple chambre d’enregistrement.

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