Déficit ou pas déficit ?

Le problème du déficit, en dehors du fait qu'il faille en retrancher les investissements, pour en juger est avant tout le refus des politiques de taxer les riches et le grand capital qui les financent. 

Je rappelle qu'en comptabilité nationale le déficit est une comptabilité recettes-dépenses comme celle d'une infirmière et qu'on ne fait pas apparaître les investissements. Donc, quand l'état crée un port de plusieurs milliards qui va servir 30 ou 40 ans au moins et rapporter emplois et impôts, c'est direct le déficit de l'année. Rien à voir avec le déficit d'un ménage. Alors comment en juger et ne pas penser qu'on nous enfume à dessein.

Par ailleurs, on en est à toujours regarder les dépenses sociales, donc aussi les services publics, sans jamais se préoccuper vraiment de la l'impôt qu'on se refuse à percevoir sur les plus riches en infraction avec le principe de l’égalité de tous devant l'impôt, ni des dépenses contestables comme le financement du CAC 40 au prétexte d'une politique de l'emploi qu'il ne mène pas.

On oublie aussi de préciser que le déficit a parfois du bon, parce que c'est la commande publique qui génère plus de la moitié de l'activité d'un pays (coefficient multiplicateur) et que le réduire en période crise est une connerie majeure puisque on accroît les effets délétères de la crise. A preuve toutes les politiques d'austérité, du moins celles que j'ai suivies, ont échoué et aggravé la crise.

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