Le problème n'est pas que mathématique et financier, il est avant tout politique. L'endettement en lui-même n'est pas un problème si il couvre des investissements et non des dépenses de fonctionnement. En clair, comme en face de la dette, on peut placer une valeur supérieure des actifs de la Nation, on ne peut pas prétendre qu'il s'agit de mauvaise gestion, même si elle n'a pas été optimum. Ce qui pose problème c'est la capacité à rembourser, les intérêts qui s'accumulent au fil des années et surtout la dépendance aux marchés pour faire tourner la dette, qui leur permet par le chantage au taux d'intérêts de peser sur la politique pour qu'elle leur soit favorable.
Le deuxième problème est d'expertiser la dette pour connaître de sa légitimité et s'apercevoir que quelques 65% de notre dette sont constitués d'emprunts consentis auprès des plus riches pour ne pas les imposer. On peut donc penser qu'un gouvernement un peu couillu pourrait faire défaut sur partie de la dette ou concevoir une récupération à posteriori des impôts qui auraient du être perçus à l'époque des emprunts, ou encore une taxe sur le capital comme prôné par Piketty.
Par ailleurs, tous les ans on finance par l'emprunt un déficit de près de 70 milliards pour déjà verser entre 40 et 60 milliards d'intérêts sur la dette passée, plus les quelques 200 milliards par an de cadeaux au CAC 40, plus les cadeaux fiscaux aux mêmes, plus affinités ... peut être bien qu'une autre politique et un autre calcul sont possibles ... Notons donc que pour celui qui voudrait justifier un moratoire sur la dette et l'auditer, c'est à dire se mettre dans l'impossibilité de financer les 70 milliards de déficit de chaque budget auprès des marchés financiers, il économiserait déjà 40 à 60 milliards d'intérêts et que les chiffres que j'ai publiés pour justifier la faisabilité du plein emploi démontrent que 30 milliards de recettes à trouver, ne serait-ce qu'en piochant dans les financements illégitimes du CAC 40 ne sont pas une grande difficulté. Sans compter qu'il lui resterait la faculté d'imposer les plus riches dont chaque année on allège la contribution en toute illégitimité contre le principe de l'égalité de tous devant l'impôt.
Reste le souci qu rien ne peut se faire en France si il n'y a pas concertation et harmonisation des mesures à l'échelle de l'Europe et que pourrait se concevoir comme une alternative démocratique de permettre à la BCE de financer directement les états pour les mettre hors de pression des marchés financiers... qui du coup devraient trouver d'autres clients à financer comme entreprises et ménages par exemple pour le plus grand bien d'une croissance qu'il faudrait quand même sérieusement encadrer pour qu'elle n'appauvrisse pas plus la planète.