Italie: polémique autour de la "saloperie"

Umberto Bossi et Silvio Berlusconi « Si nécessaire, pour arrêter les Romains qui ont imprimé ces bulletins électoraux qui sont une vraie saloperie et qui ne permettent pas

berlusconi-bossi.jpg

Umberto Bossi et Silvio Berlusconi

 

« Si nécessaire, pour arrêter les Romains qui ont imprimé ces bulletins électoraux qui sont une vraie saloperie et qui ne permettent pas de voter avec simplicité ni clarté, nous pourrions prendre les armes ». Cette déclaration sous forme de métaphore guerrière est celle d’Umberto Bossi, le leader de la Ligue du Nord, lors d’un meeting à Verbania le 6 avril 2008.

 

L’allié de Silvio Berlusconi pour les législatives des 13 et 14 avril 2008 ne mâche donc pas ses mots. Mais les intimidations et la controverse laissent perplexe quand on sait que le ligueur Roberto Calderoli est le père fondateur de la loi électorale qui a introduit l’alignement horizontal des symboles politiques (Corriere della Sera) sur les bulletins de votes et qui était contesté hier par son ami Umberto Bossi. Ce dernier pense que les bulletins pourraient engendrer une certaine confusion chez l’électeur et conduire à des erreurs dans l’isoloir.

 

Aujourd’hui encore, la loi électorale « Porcellum » qui avait été approuvée en 2005 par Silvio Berlusconi et qui avait défini le mode de scrutin des élections en 2006 et de celles à venir est au cœur d’une polémique. Depuis qu’elle existe, elle a toujours fait débat, que ce soit dans les rangs de la gauche ou de la droite.

 

Roberto Calderoli l’avait même qualifiée de « saloperie » en 2006. Umberto Bossi devait se sentir largement soutenu avant de dénigrer ouvertement l’œuvre de son propre parti. Il a d’ailleurs utilisé le même vocabulaire peu châtié pour désigner les bulletins électoraux.

 

Le chef du Parti Démocrate, Walter Veltroni, après avoir entendu la déclaration de Bossi a répondu : « je me demande où nous vivons ? Avec ces mots, nous n’allons pas de l’avant et ce n’est pas dans l’intérêt du pays ». De son côté, Silvio Berlusconi a joué le rôle d’arbitre. Il a cherché à adoucir les mœurs en quelque sorte : « nous connaissons Bossi depuis longtemps, il utilise quelquefois un langage paradoxal. Mais les mots sur les armes sont seulement une métaphore pour dire que la Ligue est très déterminée et que comme nous elle pense qu’il est indispensable d’imprimer de nouveaux bulletins de votes pour éviter les erreurs ».

 

La controverse, en réalité, est seulement une question de voix en plus ou en moins pour le parti de Silvio Berlusconi. On parle de 32 millions de bulletins à réimprimer et qui concerneraient les 12 circonscriptions dans lesquelles Giuseppe Pizza, le leader de la Dc (Démocratie chrétienne), a demandé fin mars 2008 d’entrer en lice. Le 3 avril 2008 Giuseppe Pizza a annoncé qu’il soutiendrait Silvio Berlusconi dans 12 régions.

 

On comprend mieux la réaction du Cavaliere. La décision sur la possible réinsertion du symbole de la Dc sur les bulletins électoraux devrait être rendue demain par la Cours de cassation. Le coût de l’opération de réimpression serait d’un million d’euros.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.