L'Italie fiche ses SDF

La polémique sur le fichage des Roms n’est pas encore éteinte que déjà c’est au tour des SDF de faire les frais de la politique discriminatoire du gouvernement italien.

La polémique sur le fichage des Roms n’est pas encore éteinte que déjà c’est au tour des SDF de faire les frais de la politique discriminatoire du gouvernement italien. Cette nouvelle mesure est née d’un amendement de la Ligue du Nord au projet de loi sur la sécurité adopté hier par la chambre des députés. Le texte est sans équivoque : « Le ministère de l’intérieur devra établir un registre des personnes qui n’ont pas de domicile fixe. »

 

La Fiopsd – Fédération italienne des organismes pour les personnes sans domicile – n’exclut pas de faire un recours auprès de la Cour Constitutionnelle. Le directeur de la fédération, Paolo Pezzana, interviewé par l’agence « Dire » ironise : « Ne voulant pas penser que le gouvernement agit pour des raisons contraires aux droits et au bien-être des citoyens, on peut en déduire que ce registre permettra de concéder une demeure à tous ceux qui en sont privés, une prestigieuse résidence au 1, Place du Viminale, où un jour peut-être les clochards du pays pourront être domicilié voire même logé en cas de besoin. »

 

Le « paquet sécurité » prévoyait également une peine de six mois à quatre ans d’emprisonnement pour les personnes entrant illégalement en Italie. La « punition » a été revue à la baisse grâce aux pressions de l’Union Européenne et de l’Eglise catholique. Le délit « d’entrée et de séjour illégal » est passible désormais d’une amende de 5 à 10 mille euros.

 

Mais contre les immigrés, il y a autre chose : le permis de séjour à points. Le mécanisme est simple : les personnes qui s’intègrent dans la société italienne gagneront des points et celles qui violent la loi ou ne sont pas en règle en perdront jusqu’à épuisement total. Dans un tel cas c’est l’avis d’expulsion qui prend le relais. Le fameux permis a également un prix fixé à 200 euros et son propriétaire est obligé de souscrire un « accord d’intégration » lors de son obtention.

 

Le parti xénophobe du Nord a aussi légalisé les « ronde padane », sorte d’associations de citoyens dévoués pour ne pas dire miliciens. Les autorités locales pourront donc bénéficier de la coopération de ces citoyens afin de maintenir la sécurité sur le territoire. A quand la Franc-Garde…

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