Le pouvoir de l'extrême droite territoriale en Italie

Les dernières élections législatives italiennes ont vu pointer deux changements radicaux dans le paysage politique de la péninsule. Le premier, la fin prématurée de la gauche radicale au parlement et le deuxième, la montée en puissance de la droite territoriale.

Les dernières élections législatives italiennes ont vu pointer deux changements radicaux dans le paysage politique de la péninsule. Le premier, la fin prématurée de la gauche radicale au parlement et le deuxième, la montée en puissance de la droite territoriale. Dans un système désormais teinté de bipartisme, le rôle des autonomistes du nord devient prépondérant dans la gouvernance Berlusconi. 147 ans après l’unification d’Italie, les indépendantistes traditionalistes à la pensée façonnée par des histoires celtes et des mythes villageois prennent à nouveau place autour de la table.

 

Le leader de la Ligue du Nord, Umberto Bossi, a obtenu 60 sièges sur 340 au sénat et 25 sièges sur 322 à la Chambre des Députés, ce qui n’est pas des moindres. La Ligue du Nord est de ce fait devenue le troisième parti majoritaire au parlement après la Peuple de la Liberté de Berlusconi et le Parti Démocrate de Veltroni. Mais si on résonne en termes de coalitions, le parti de Bossi, partie dorénavant essentielle de la majorité parlementaire de centre droit, fait référence à la première puissance parlementaire. La force des ligueurs est donc de contrôler directement la majorité. Sans le soutien des chemises vertes, Silvio Berlusconi serait réduit à une simple force d’opposition comme c'est le cas du Parti Démocrate aujourd’hui. Zio Silvio se laissera-t-il mener à la baguette par ses co-listiers lombards ?

 

Ce n’est pourtant pas dans le tempérament de « Berluskaiser » - nominatif prêté à Berlusconi par Bossi il fut un temps – qui veut rester le seul grand entrepreneur d’Italie, le seul maître à bord, le seul sans rival. Les ligueurs ont pourtant entamé leur croisade régionaliste en demandant au Cavaliere de proposer 4 ministres péchés directement dans les files des chemises vertes. Parce qu’il s’agit bien de proposer et non de nommer comme l’indique la loi. Il revient au Président de la République, Giorgio Napolitano, de nommer les ministres du néo-gouvernement Berlusconi.

 

C’est au tour des sécessionnistes de « scendere in campo » selon la formule utilisée par Berlusconi pour se définir lui-même comme un homme de terrain qui prend ses responsabilités et qui obtient des résultats. Umberto Bossi exige un lancement rapide des réformes, en particulier en ce qui concerne le fédéralisme fiscal et la sécurité. Deux thèmes qui lui sont chers. Il pense notamment à tous les ouvriers du nord qui ont voté pour lui et à qui il voudrait augmenter les salaires. Et ceux du sud ? Ils attendront. Son compatriote lombard, Maroni, s’est fait entendre lui aussi en défendant ouvertement l’aéroport de Malpensa et ses employés, histoire de se mettre à dos les « romains » de Fiumicino. Des litiges empreints de localisme et qui n’ont rien de très prometteurs quant à la stabilité du gouvernement. Chacun tire la couverture à soi.

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