Macron exige des Invisibles sortis de la pénombre qu'ils y retournent manu militari

La réponse du gouvernement au mouvement social le plus important de la Vème république, non seulement en terme de violences policières, mais surtout en terme de mobilisation populaire, est : La répression !

Aujourd'hui, 18 mars 2019, le gouvernement par la voix de son premier ministre a déclaré la guerre sociale au peuple français. En réponse* à l'Acte XVIII des Gilets Jaunes dans toute la France, le gouvernement décide de prendre des mesures sécuritaires sans précédent sous la Vème République.

Des atteintes évidentes au droit de manifester, à la liberté d'expression et de circulation, des messages clairs de discrimination (la stigmatisation des "Gilets Jaunes" ne peut être interprétée que comme une discrimination sociale, idéologique et politique abjecte) ; une absence totale de recherche de l'apaisement et bien sûr aucune écoute et aucune proposition pour répondre aux revendication on ne peut plus légitimes de ce mouvement des Gilets Jaunes.

La répression, rien que la répression.

Ce message du gouvernement est une véritable déclaration de guerre sociale, complètement irresponsable et extrêmement dangereuse. Depuis 4 mois, ce gouvernement, de fausses informations en provocations, de violences en manipulations, n'a cessé de tenter d'étouffer, d'invisibiliser ce mouvement, aujourd'hui, il veut l'écraser, l'anéantir.

Alors que partout en France, et au delà, dans plusieurs pays d'Europe, le mouvement des Gilets Jaunes propose des solutions politiques depuis des mois (retour de l'ISF, suppressions du CICE pour les grandes entreprises, de la Flat Tax et de l'Exit Tax, abandon de la TVA sur les produits de première nécessité, fin de l'évasion fiscale et retour dans le pays de tous les fonds cachés dans les paradis fiscaux, augmentation significative de tous les salaires et des petites retraites, plafonnement des "gros" salaires, abandon des taxes sur les carburants, renationalisation des énergies et des grandes industries d'intérêt public, création de services publics -écoles, hôpitaux, transports etc. - avec les moyens humains et matériels adéquats , abolition des privilèges des politiques (retraites etc.), fin de la privatisation des terres, des forêts et des rivières, fin de l'agriculture industrielle, abandon de la chimie dans l'agriculture, dissolution de la BAC, séparation des pouvoirs et de la justice avec l'Etat...pour les principaux), le gouvernement y reste sourd et ne propose rien d'autre que la violence et le tout sécuritaire.

LA solution est pourtant politique comme le répète sans cesse le mouvement des Gilets qui, contrairement à ce que ses détracteurs (intellectuels, journalistes, politiciens, peoples...) veulent faire croire, s'est construit politiquement, conscientisé et organisé plus rapidement que n'importe quel autre mouvement. En témoignent les centaines d'AG, d'Assemblées Populaires, réunions, débats qui ont lieu depuis le début. Et c'est sans doute ce qui fait le plus peur aux dirigeants et à leurs soutiens de la finance : cette effervescence politique assoiffée de démocratie directe et de réappropriation de l'espace public et de la parole publique.

De la pénombre à la lumière à ...

Le gouvernement veut que les Invisibles qui depuis 4 mois sont sortis de la pénombre, arborant fièrement leur gilet de lumière, les sans voix, les "sans dents", les sans paroles, retournent dans la nuit, redeviennent ombres, retournent au silence.

Le gouvernement ne peut tolérer plus longtemps que son incompétence à gérer les affaires du pays, son incapacité à discuter, proposer, faire de la politique, soit mis dans la lumière par les Gilets Jaunes.

L'opinion publique, seul dernier rempart à cette folie destructrice qui entraîne le pays dans le chaos, doit comprendre qu'elle ne pourra plus aider longtemps le gouvernement dans son action. Elle doit comprendre que demain, ce sera elle, dans son ensemble, qui subira les conséquences de la dérive autoritaire, sécuritaire et ultra libérale de ce système aux abois.

... la lumière

Mais le mouvement ne peut plus s'arrêter. Il a éclairé des millions d'esprits, partout dans le monde. Il a mis en lumière aussi la dérive autoritaire du gouvernement Macron jusque dans les salles de l'ONU et de l'Assemblée de L'union Européenne. Il a allumé de l'espoir dans le coeur et les âmes de millions de personnes, précaires, pauvres, travailleuses, courageuses, abandonnées, salies, humiliées par les dirigeants politiques depuis des décennies. Ce mouvement ne peut que s'amplifier, s'enraciner et brûler de mille feus jusqu'à la victoire.

* L'information sur France Info

 

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