Dans l’atelier de ferrage © Thomas Haley Dans l’atelier de ferrage © Thomas Haley
Vendredi, 18 janvier, j’entre dans l’usine PSA d'Aulnay, « libérée », du moins pour la presse. Depuis mercredi, 16 janvier, quelques centaines d’ouvriers sont en greve et l’usine est occupée. Ils protestent contre le plan de restructuration de PSA Peugeot-Citroën qui prévoit la suppression de 8 000 empois, dont la fermeture du site d’Aulnay en 2014 avec ses 3 000 postes.

J'y suis venu prendre des photos. Yvon me montre l’énorme usine, silencieuse, pratiquement vide. Il n'y a qu'une ligne de montage, à l'arrêt. 

Ligne de montage à l’arrêt. © Thomas Haley Ligne de montage à l’arrêt. © Thomas Haley

« C’est une vraie casse industrielle… j’ai honte, j’ai honte pour mon pays, parce que je suis français, breton d’origine, quand je vois la casse et comment elle est faite, c’est un scandale, un vrai scandale. »

Un café avant l’AG des grévistes © Thomas Haley Un café avant l’AG des grévistes © Thomas Haley
07h00 : Une vingtaine d’ouvriers se retrouvent autour de la machine à café, ils commencent leur troisième jour de grève et l’occupation de l’usine. La fraternité entre grévistes et leur détermination face à la direction est manifeste. Jean-Pierre Mercier, délégué CGT, les informe des dernières nouvelles. Nous partons à travers les ateliers, de gigantesques espaces, obscurs, silencieux, sans activité, pour rejoindre les autres ouvriers pour l’AG du matin.

Les grévistes traversent les ateliers à l'arrêt pour rejoindre l’AG du matin © Thomas Haley Les grévistes traversent les ateliers à l'arrêt pour rejoindre l’AG du matin © Thomas Haley

Lors de l’AG où ils sont une centaine, Philippe Julien, délégué CGT, les informe des négociations en cours, il leur parlent de la lutte qu’ils entament, les quelques gains qu’ils ont obtenus depuis qu’ils ont redémarré la grève et les raisons qui poussent à continuer. Les discours de syndicalistes et ouvriers se succèdent ; ceux qui ne font pas la grève sont vivement encouragés à s’y joindre. Ils votent pour reconduire la grève jusqu’à lundi matin, où ils se retrouveront.

Philippe Julien, délégué CGT, fait le point sur les négociations © Thomas Haley Philippe Julien, délégué CGT, fait le point sur les négociations © Thomas Haley
Les grévistes écoutent leurs délégués © Thomas Haley Les grévistes écoutent leurs délégués © Thomas Haley
Les grévistes écoutent leurs délégués © Thomas Haley Les grévistes écoutent leurs délégués © Thomas Haley
Jean-Pierre Mercier, délégué CGT, parle de la nécessité d'un nouveau Mai 68 © Thomas Haley Jean-Pierre Mercier, délégué CGT, parle de la nécessité d'un nouveau Mai 68 © Thomas Haley
Jean-Pierre Mercier (main sur la tête) et Philippe Julien, délégués CGT © Thomas Haley Jean-Pierre Mercier (main sur la tête) et Philippe Julien, délégués CGT © Thomas Haley
Jean-Pierre Mercier parle aux ouvriers © Thomas Haley Jean-Pierre Mercier parle aux ouvriers © Thomas Haley
Le lundi 21 janvier, en arrivant à l’usine, les ouvriers ont trouvé portes closes. Pour Jean-Pierre Mercier, ce « lock out » visait à  empêcher l’organisation d'une grève. Ce que dément une porte-parole du groupe PSA Peugeot-Citroën.

Voitures en finition © Thomas Haley Voitures en finition © Thomas Haley

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