Insectes : ceux qu'on rate et ceux qu'on sniffe

Curious: Flylab © THIRTEEN
Curious: Flylab © THIRTEEN

Alors que nous, pauvres cigales estivales sommes, en ces jours de rentrée, contraintes de redevenir des industrieuses petites fourmis jusqu'aux prochains beaux jours, je vous propose aujourd'hui une petite compilation de deux nouvelles venues de chez les insectes.

La presse anglosaxonne a a-do-ré la première histoire : le Guardian en a parlé, mais aussi le Times, mais aussi The Independent, et le L.A. Times: n'en jetez plus ! La nouvelle est donc d'importance...vie sur Mars ?...machine à remonter le temps ? ...non, bien plus fort...roulement de tambours... un mystère millénaire est enfin percé...à savoir...

Pourquoi ces fichues mouches nous échappent tout le temps ?

Eh bien, Alleluia, ou Eureka plutôt ! Ca y est, la science a résolu l'éngime. Vous pourrez dire à vos petits enfants que vous, vous l'avez vécu en live, cette annonce. C'est l'équipe du Pr Dickinson qui a publié dans Current Biology les résultats d'une enquête chevronnée et qui détaille les raisons de ce talent pour la fuite...

C'est un peu compliqué, mais cela peut se résumer de la sorte. Plusieurs éléments rentrent en jeu.

-D'abord, la capacité de la mouche a détecter, grâce à une vision panoramique, la direction de provenance de la menaçante tapette ( ou autre...). Ce faisant, l'équipe de l'Institut Caltech a montré qu'en un temps record (de l'ordre du dixième de seconde ) la mouche est capable de choisir comment positionner ses trois paires de pattes pour décoller dans la bonne direction. Ces positionnements ne sont pas les mêmes si la menace vient de derrière, de devant ou de côté.

-De plus et quasi simultanément, l'espèce a développé une capacité à repositionner dare-dare son centre de gravité de manière adaptée, de sorte que la bougresse, quoi qu'elle soit en train de faire, qu'elle soit penchée d'un côté ou non, est capable de mettre à la fois ses pattes en action, et son corps en position, pour que le décollage soit optimal, et la menace évitée...

Un autre point assez épatant c'est que ceci n'est pas un simple réflexe. C'est intégré par le cerveau de la mouche de manière complexe, et on peut le prouver en montrant par exemple que certaines « menaces », si elle sont expérimentalement arrêtées à temps (imaginez le degré de précision), vont provoquer la mise en place de la mouche, mais pas son décollement. La mouche peut donc s'arrêter « à temps » et s'éviter un effort inutile. Genre Usain Bolt au 100m de Pékin, si vous voyez l'allusion... Tout ceci a pu être observé grâce à du matériel de précision notamment des caméras permettant des ralentis impressionnants que vous pouvez voir dans la vidéo que le labo a mise en ligne et qui rend leurs résultats plus parlants ! Reuters nous informe par ailleurs que ce labo semble être « ze » place-to-be pour les experts en locomotion mouchesque, si je peux me permettre, puisque Michael Dickinson y a mis au point un micro robot-mouche Robofly et un simulateur de vol en 3D Fly-O-Vision. Quand on aime, hein...

Pas chien, Dickinson propose même un début de méthode pour réussir à les attraper : « Il vaut mieux ne pas viser la position de départ, mais anticiper un peu en avant de la direction qu'elle va prendre quand elle va voir d'où provient votre tapette ». Oui heu bon il est gentil mais s'il faut se mettre à la balistique appliquée ... (The Independent vous résume même la méthode en image !)...

 

Bon, je vous avait promis une deuxième histoire, la voilà, et elle concerne les bourdons cette fois-ci.

On on a vu ici quelles solutions désarmantes sont à l'étude pour sauver les abeilles de la disparition, mais ils semblent que les bourdons, qui sont une autre espèce, ne soient pas plus à la fête...Un article de la BBC, nous apprend que sur les 25 espèces de bourdons en Grande Bretagne, 3 ont disparu et plusieurs sont en danger. Comme les abeilles, ces insectes sont des pollinisateurs très importants et donc leur disparition serait une pérturabtion écosytémique de premier ordre...Le problème c'est que pour comprendre ce qui leur arrive, il faut les trouver, et que les nids de bourdons, c'est petits, et pas facile à détecter. La bonne (?) idée du jour c'est ... le chien renifleur. L'épagneul Toby, qui a été, excusez du peu, formé à « l'école militaire d'entrainement canin de Melton Mowbray » dans le Leicestershire, vient d'être recruté par le Professeur Dave Goulson de l'Université de Stirling, pour ses capacités à détecter les nids de bourdons, ce qui semble être sa spécialité, et il est le seul au monde. Le Times nous apprend qu'il peut en détecter jusqu'à neuf par heure, qu'il est tout fou quand il en trouve un, et, si vous voulez vous y mettre, le Professeur Goulson vous dévoile même l'odeur d'un nid : un mélange de miel, de cire et de déjection d'abeille (sans blague !). J'en vois qui ricanent, mais le projet a quand même récupéré un financement de plus de 100 000 livres sterling. Toby ne va pas manquer de croquettes. La science avance...

source vidéo : Flylab

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.